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Lolonoa : journal d'un - vrai - pirate des Caraïbes

Entretien avec Fanny Lesaint

Propos recueillis par L. Gianati et S. Salin Interview 04/12/2017 à 14:46 1738 visiteurs

Le sous-titre de Lolonoa pourrait induire le lecteur en erreur, lui laisser imaginer que Le Journal d'un Pirate des Caraïbes est un fac-similé plus ou moins réussi des aventures du célèbre Jack Sparrow. Il n'en est pourtant rien. L'histoire du natif des Sables-d'Olonne est racontée de façon authentique et sans aucune concession par Fanny Lesaint qui continue d'explorer, par l'intermédiaire des éditions Beaupré, l'océan et ses récits fantastiques.


Est-ce votre première fois à Quai des Bulles ?

Fanny Lesaint : J'y suis déjà venue l'année dernière pour présenter le cahier graphique de Lolonoa.

Un cahier graphique proposé un an avant la sortie de l'album, ce n'est pas courant...

F.L. : (Sourire) Je pense que c'est surtout l'éditeur qui avait envie de se faire plaisir. J'avais déjà réalisé tous mes travaux de recherches et il a eu envie de présenter ce cahier graphique avant pour faire une sorte de teaser. Une partie était réservée à la presse.

Les couvertures des deux ouvrages sont presque identiques...


F.L. : Oui, j'avais choisi la couverture de l'album dès le début du projet. J'ai choisi la couleur bleue pour l'album, que je trouvais plus douce pour le grand public. On s'est fait plaisir pour le cahier graphique avec le rouge. Même l'intérieur est très flashy et très pop.

Avec le recul, avez-vous retrouvé dans les séances de dédicaces des lecteurs ayant déjà acheté le cahier graphique et qui étaient impatients de découvrir l'album ?

F.L. : Oui, beaucoup étaient impatients de découvrir l'histoire, après avoir parcouru le storyboard et le cahier graphique.

Votre famille proche est plutôt tournée vers l'aviation alors que vous, après Olive adopte un skipper et Lolonoa semblez plus proche de la mer...

F.L. : J'habite près de la mer mais ne suis pas forcément attirée plus que ça par le milieu maritime. Mes albums sont ceux proposés par mon éditeur qui adore tout ce qui a attrait à la mer, aux bateaux...

Les éditions de Beaupré ont leur siège aux Sables-d'Olonne, un album consacré à François l'Olonnais était donc presque une évidence...

F.L. : Oui, effectivement. Même si le projet m'a été proposé par l'éditeur, je me suis imprégné de ce personnage, j'ai amassé également énormément de documentation. Michel (Brossard, éditeur - NDLR) avait une idée très précise de ce qu'il voulait faire, il avait en tête certains faits d'armes de Lolonoa comme la prise de la frégate espagnole. Il voulait également que l'on voit les Incas, qu'il y ait également une touche féminine, qu'on aperçoive les Sables-d'Olonne, La Rochelle... Ça fait beaucoup ! Sans écrire le scénario, il a posé des jalons.

Vous citez Steinbeck et Voltaire qui ont écrit sur le personnage de Lolonoa. Ces deux auteurs sont-ils vos principales sources de documentation ?

F.L. : Ce sont des références qui viennent plutôt de Michel. Les miennes sont plutôt celles d'Alexandre-Olivier Exquemelin, un chirurgien qui a beaucoup écrit sur les pirates. Ce que j'ai pu lire à ce sujet est très loin du folklore qu'on a pris l'habitude de voir avec des personnages comme Jack Sparrow.

Le sous titre - Journal d'un Pirate des Caraïbes - est pourtant un clin d’œil en direction des célèbres films...

F.L. : Lolonoa est bien un Pirate des Caraîbes ! (sourire) C'est encore une idée de Michel. Je pense qu'il faut savoir mettre de côté tout l'imaginaire véhiculé notamment par l'Ile au Trésor. J'ai dû m'intéresser à des choses pour lesquelles je n'y connaissais rien comme la pêche à la morue et avaler des tonnes de termes très techniques. Et passer après Les Passagers du Vent, Long John Silver ou Surcouf, je me demandais ce que j'allais bien pouvoir apporter de plus. Ce qui m'a vraiment donné envie de me lancer dans l'écriture de ce projet, c'est la lecture d'un roman de Carmen Boullosa, une poète mexicaine. Je l'ai lu d'une traite et je me suis rendu compte que c'était vraiment cette atmosphère très réaliste et cet univers que je voulais décrire. Il m'a fait un peu penser, au niveau de l'intensité dramatique, au film 12 Years a Slave. C'est quelque chose qui est à la fois très dur psychologiquement mais aussi très authentique.

Vous définissez dans l'introduction les pirates comme "des hommes libres à en crever". Existe-t-il, selon vous, aujourd'hui des hommes pour qui cette définition pourrait encore s'appliquer ?

F.L. : Bonne question... On retrouve peut-être ça chez les gangsters aujourd'hui, ce qu'on appelle les frappes. J'avais lu une interview d'un ex-gangster qui racontait son parcours et on retrouvait ce même état d'esprit : il était en dehors de la morale, en dehors des règles, il savait qu'il pouvait mourir mais il avait besoin de cette adrénaline.

Les sociétés de Pirates étaient pourtant très codifiées, un sacré paradoxe avec l'esprit de liberté qu'ils revendiquaient...

F.L. : Oui, sans doute. Je pense aussi qu'il y a eu une évolution dans la piraterie. Il y a les pirates de base, les mercenaires, et, au-dessus dans la hiérarchie, des personnes un peu plus cultivées, capables de jouer sur plusieurs tableaux. Il est très difficile aujourd'hui de trouver de la documentation sur tout ça. Il existe quelques éléments qui concernent Les Frères de la Côte... On peut les imaginer comme un groupe proche d'une secte. Ils avaient aussi une forte capacité à s'organiser et à profiter d'un réseau qu'ils s'étaient constitué. À cette époque, dans les Caraïbes, c'était les balbutiements d'un monde dans lequel, pendant quelques années, la gestion a été un peu chaotique.

N'est-il pas difficile de se détacher de toute cette documentation pour raconter son histoire ?

F.L. : Je me suis documentée, certes, mais je n'ai pas voulu moi-même réaliser un documentaire. Je me suis appropriée mon personnage et me suis mise derrière un peu comme si j'avais une caméra dans les mains. J'ai ensuite plus joué sur le ressenti et la fibre émotionnelle. Je sais pertinemment que mon album ne reflète pas avec exactitude l'Histoire même si je n'ai pas fait d'anachronismes. Lolonoa n'a laissé derrière lui aucune mémoire. J'ai écrit une histoire qui aurait pu être plausible mais ce n'est en aucun cas sa biographie. Tout ce qu'on sait de lui, ce sont quelques faits d'armes et la façon dont il est mort. Je me suis attaché à ce qui avait pu le transformer en cette espèce de démon.

Même s'il ne s'agit pas vraiment d'une biographie, la narration est à la première personne...

F.L. : C'est ma façon de faire. J'essaie de me mettre à la place du personnage. Je ne suis pas véritablement une scénariste et ne suis pas capable de structurer un scénario avec son lot de péripéties. J'ai écrit celui de Lolonoa vraiment au feeling. J'ai besoin de ressentir le personnage et de m'en imprégner. Pour que je fasse quelque chose de vraiment différent, il me faudrait un scénariste.

La période qui s'est écoulée depuis la mort du maître de Lolonoa jusqu'à son son entrée dans la piraterie n'est pas abordée...


F.L. : Oui, j'ai trouvé que ça faisait beaucoup à rajouter. J'ai décidé de faire une ellipse sur cette partie-là. Si, éventuellement, il y un tome deux, pourquoi ne pas y revenir et développer certaines partie de sa vie.

Cela veut donc dire qu'il y aura une suite ?

F.L. : Cela dépend de l'accueil que recevra cet album ! Pour l'instant, les retours sont plutôt positifs. Je n'ai pas indiqué "tome un" sur celui-ci car je voulais qu'il puisse se lire comme si c'était un one-shot.

C'est pour cette raison que le récit commence par la mort de Lolonoa ?

F.L. : Oui, je voulais de toutes façons raconter sa fin. Et cela laisse la possibilité de continuer de développer l'histoire.

Existe-t-il des portraits officiels de Lolonoa ?

F.L. : Je me suis inspirée de la gravure qui est représentée dans le livre et qu'on peut retrouver en faisant une recherche sur Google. Je l'ai ensuite affiné et j'ai voulu prendre le contrepied du personnage très musclé.

Continuez-vous vos activités de chroniqueuse BD sur TV Vendée ?

F.L. : Non, j'ai arrêté et me suis faite remplacée après un an d'activité. C'est quelque chose qui m'obligeait à rester sur place et comme c'est du bénévolat, je ne pouvais pas m'engager sur une saison supplémentaire. C'est une expérience qui m'a beaucoup plu.  

Si vous deviez présenter une émission demain, quelle serait la bande dessinée que vous conseilleriez ?

F.L. : Ce serait sans doute Paroles d'honneur. Sinon, j'ai lu un album qui n'est pas forcément d'actualité mais que j'ai adoré, Le Singe de Hartlepoool.

Avez-vous d'autres projets BD ?

F.L. : Oui, j'ai d'autres idées mais il faut d'abord que je fasse le point financièrement. J'ai eu une petite révélation quand j'ai chroniqué l'année dernière Sous le feu corse qui traitait des paillotes. Je me suis rendue compte que j'étais très intéressée par l'utilisation du dessin dans le milieu journalistique. Ce que j'apprécie aussi beaucoup c'est de me déplacer et d'aller à la rencontre des gens, de faire des photos et de les récupérer ensuite pour y travailler... Même pour Lolonoa, qui est quand même un personnage historique, il y a un vrai travail de documentation qui s'apparente à celui d'un journaliste.




Propos recueillis par L. Gianati et S. Salin

Bibliographie sélective

Lolonoa - journal d'un pirate des caraïbes
1. Lolonoa - journal d'un pirate des caraïbes

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Olive adopte un skipper

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Long John Silver
1. Lady Vivian Hastings

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Les passagers du vent
1. La fille sous la dunette

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Surcouf (Charlier/Hubinon)
1. Surcouf - Roi des corsaires

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Paroles d'honneur

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Le singe de Hartlepool

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