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Toute la bande dessinée

Entrez dans la danse !

Entretien avec Jérôme Hamon

Propos recueillis par L. Gianati Interview 31/10/2017 à 10:51 2313 visiteurs

Jérôme Hamon n'était pas forcément destiné à devenir un jour scénariste de bande dessinée. Pourtant, après seulement trois séries, il a su créer un véritable univers dans des registres très différents. Et s'il fallait trouver un fil conducteur solide liant la poignée d'albums qu'il a aujourd'hui à son actif, ce serait sans aucun doute la richesse des relations humaines. Actualité et projets à venir sont au programme de cet entretien réalisé dans le cadre très littéraire du Festival de Mouans Sartoux.


Devenir scénariste de bande dessinée après avoir été analyste financier, ce n'est pas banal...

Jérôme Hamon : La bande dessinée, ce n’était pas forcément un rêve de gosse. J’ai commencé par les finances car la matière m’intéressait. Analyser une société, je trouvais ça passionnant. Finalement, après avoir travaillé deux ans à New York, je me suis aperçu que je ne me retrouvais pas du tout dans ce métier. J’ai eu vraiment l’impression de passer à côté de ma vie. Un fossé s’est creusé entre moi et mon travail. J’ai donc tout arrêté et me suis demandé ce que je voulais faire de ma vie. J’ai alors souhaité changer de milieu et aller vers quelque chose qui me tenait vraiment à cœur. J’ai alors eu envie de me diriger vers quelque chose qui me fasse écrire des histoires sans trop savoir encore sous quelle forme. Je me suis demandé si je devais me diriger vers le cinéma. J’ai alors commencé à travailler pour France Télévisions pour découvrir ce milieu, plus exactement dans la filière qui s’occupait de la distribution de films, dans le marketing. J’ai ensuite basculé dans leur filière sur le web et c’est là qu’on a créé un site qui s’appelait "Les rencontres de la BD" et l’on y faisait des interviews d’auteurs de bande dessinée. J’ai alors redécouvert les bandes dessinées que je lisais quand j’étais gosse, un milieu que j’avais abandonné quand j’avais seize ou dix-sept ans. Ce milieu avait énormément évolué et je me suis rendu compte que c’était ça que je devais faire. L’avantage de la bande dessinée par rapport à un film, c’est que le nombre de personnes travaillant dessus est beaucoup moins important. En discutant avec des éditeurs, je me suis aperçu également qu’un bon projet pouvait suivre son chemin. Quelque chose que j’imaginais très cloisonné s’est alors totalement ouvert. Je me suis alors lancé à fond dans l’écriture. J’avais commencé à écrire des courts-métrages et je me suis mis à écrire des histoires. J’ai rencontré des dessinateurs avec lesquels j’ai fait mes premiers essais de planches et de découpages.

Cette recherche d’idéal professionnel, c’est l’un des thèmes présents dans Emma et Capucine

J.H. : C’est exactement ça, c’est moi découpé en deux.

Vous avez donc choisi la voie d’Emma plutôt que celle de Capucine…

J.H. : Je n’ai en tout cas pas choisi ce pour quoi je m’étais destiné. Je pense que, dans une vie, on passe facilement d’une case à l’autre. Souvent, on souhaite changer son existence pour autre chose et il faut savoir franchir le pas. Avoir un rêve, c’est bien. Mais le réaliser est plus compliqué, même si c’est génial.

Votre passé d’analyste financier vous a-t-il permis d’être plus à l’aise au moment de signer un contrat auprès d’un éditeur ?

J.H. : Les parcours qui s’éloignent un peu d’une norme sont toujours des atouts si on sait bien s’en servir. Dans l’écriture d’un scénario, il y a deux esprits : le cartésien qui organise les choses et qui utilise les théories à l’intérieur de la narration et l’intuitif qui pousse à créer quelque chose d’autre avec sa propre sensibilité. Je me suis donc retrouvé à jongler avec ces deux aspects.

On aurait tendance à croire que l’histoire d’Emma et Capucine a été écrite par une auteure…


J.H : À la base, Emma et Capucine est partie d’une image que j’avais, celle de ma fille devant un miroir quand elle avait quatre ou cinq ans. Elle était en tutu, dans une posture de danseuse et je vois dans son regard des étoiles et tout ce qu’elle était en train d’imaginer. Qu’y avait-il derrière ce rêve ? En mettant ce costume, elle était quelqu’un d’autre et elle s’identifiait complètement à l’archétype de la danseuse. Je me suis alors demandé comment une gamine de cet âge pouvait imaginer consacrer tout le reste de son existence à quelque chose. Se rend-elle compte de ce que va être sa vie ? Est-ce que ce sont ses parents qui lui ont donné envie de ça ? J’ai alors passé énormément de temps à scruter ce milieu, celui de la danse. Et même si à quatre ans, on est très loin de la danseuse étoile, ça reste le même rêve. J’ai un garçon, plus jeune, qui lui s’est très vite intéressé au hip-hop. C’était marrant de les voir évoluer tous les deux, alors qu’ils sont complètement opposés. L’idée est venue de là et je me suis intéressé à la danse comme moyen d’expression. Je pense que la danse sert aussi à structurer la façon dont les gens vont grandir. En danse classique, on doit reproduire un geste hyper codifié et c'est un peu finalement comme rentrer dans un moule et reproduire à la perfection quelque chose.

C'est d'ailleurs ce que le jury de l'Opéra de Paris reproche à Emma : elle n'est pas assez conventionnelle...

J.H. : Exactement. C'est ce qu'on lui reproche au début et c'est aussi ce qui va être ensuite une bouffée d'air frais pour elle. Elle va s'apercevoir que la danse ce n'est pas que ça et qu'elle n'a pas forcément besoin de rentrer dans un moule pour pouvoir s'exprimer. C'est ce qui va la pousser à se tourner vers des danses plus modernes. Pour moi, c'était très important de montrer ces différentes danses et ces différents milieux tout en observant comment ces deux sœurs vont évoluer.

Quand Emma essaie les différents costumes pour trouver sa voie, elle n'est pas encore ouverte au changement...

J.H. : Quand on a rêve, il est extrêmement difficile de l'abandonner, surtout pour un enfant qui n'a vu que ça toute sa vie. La thématique du premier tome est celle du dépassement de soi après un échec. Je reviens à ce qu'on disait tout à l'heure, c'est exactement ce qui s'est passé pour moi. Je pensais vraiment qu'une carrière dans les finances allait m'apporter le bonheur ultime. La seule différence avec Emma, c'est que je suis allé au bout de mon rêve, alors qu'on lui a fermé les portes. La constatation que ce rêve n'est pas fait pour soi, c'est ce qui m'a motivé pour développer mes personnages.

Même si les portes n'étaient pas complètement fermées pour Emma. C'est elle qui refuse une autre voie possible pour intégrer l'Opéra de Paris...

J.H. : Cette année-là en tout cas. Au-delà de ça, je pense qu'Emma a une sorte de maturité pour se poser la bonne question : suis-je vraiment faite pour ça ? Elle se rend alors compte qu'on veut la faire rentrer dans un moule et, de ce fait, la faire changer toute entière, y compris sa personnalité.

Cette prise de conscience passe également par un changement physique, sa vie d'adolescente peut alors vraiment commencer...

J.H. : Oui, je me suis servi de la danse, et notamment de cette école, pour faire une métaphore de l'adolescence, dans cette période où l'on se cherche : qui est-on vraiment ? Doit-on rentrer dans un moule ? Doit-on pouvoir s'exprimer librement ? C'est ce que vit Emma à ce moment-là. Pour la première fois de sa vie, elle a la possibilité de choisir, d'être elle.

Pour mettre en images Emma et Capucine, il fallait trouver quelqu'un qui soit passionné par la danse...

J.H. : J'avais vu des dessins que Lena Sayaphoum avait postés sur Instagram. Je les ai trouvés très beaux, même s'il n'y avait pas de danseuses. Ce qui m'a plu, c'est surtout sa gestion de la lumière. Chez elle, le plus important n'est pas d'avoir un dessin hyper réaliste mais de transposer une émotion. C'est ce que j'aime en général dans les histoires.

Dès la première planche, l'utilisation du flou saute aux yeux...

J.H. : Lena est très cinématographique dans sa façon de dessiner, elle voit la bande dessinée comme un film. C'est une technique qui permet au lecteur de concentrer son attention là où c'est important.

Des halos du lumière entourent également les danseuses quand elles sont en mouvement...


J.H. : Oui, Lena s’est vraiment approprié l’histoire. Ce qui est marrant, c’est que lorsque je lui ai proposé ce projet, elle a tout d’abord refusé. Elle ne se sentait tout simplement pas capable de faire de la bande dessinée. Après avoir insisté, je lui ai demandé ce qu’elle aimerait dessiner et le milieu de la danse est ressorti. Elle a dansé en fait pendant quelques années dans le classique et le moderne.

C’est elle qui vous a donné toute la documentation nécessaire sur la danse et ses lieux essentiels comme l’Opéra de Paris ?

J.H. : Non. On s’est en fait rendu sur place tous les deux mais je m’étais déjà auparavant renseigné. Ce que Lena m’a apporté, au-delà de nos discussions sur les différents personnages, ce sont les chorégraphies et tous les mouvements de danse.

La rivalité qu’on voit poindre dans le deuxième tome, est-ce vraiment la réalité ?

J.H. : Oui, c’est quelque chose que j’ai vu. Ce qui m’a marqué, quand on s’est rendu à l’école de l’Opéra de Paris, c’est que finalement j’ai vu des enfants gais alors que je m’attendais à ce qu’il soient tristes vis à vis de l’esprit de compétition qui règne en ces lieux. J’ai été bluffé par la joie de vivre qu’il y avait dans cette école. J’imagine que les enfants sont heureux d’avoir une chance, même infime, de pouvoir réaliser leur rêve. Ils ont une maturité incroyable. À huit ou dix ans, ils possèdent celle d’un adulte de vingt ans. Surtout pour ceux qui sont en internat, ils sont complètement livrés à eux-mêmes.

Les enfants pour qui ce rêve est cassé ne sont-ils pas par la suite des adolescents en souffrance ?

J.H. : C’est sûr. Mais j’ai toujours considéré qu’il était plus dur d’avoir le regret de ne pas avoir fait quelque chose plutôt que de s’être confronté à la réalité et d’avoir ensuite compris que ce n’était pas possible.

C’est un peu le credo de la mère d’Emma et Capucine


J.H. : Oui… Quand j’ai écrit cette histoire, je me suis aussi mis à la place des gamines. Faire de la bande dessinée, c’est aussi se remettre en cause à chaque histoire. L’insatisfaction permanent de son travail, c’est ça aussi qui permet de s’améliorer constamment. Du coup, il était aussi intéressant de savoir comment, en tant que parent, j’allais réagir face au rêve de mes enfants.

Le rôle du père dans Emma et Capucine est essentiel : compréhensif, tolérant…

J.H. : Il est important oui. Mais sans la mère, Emma et Capucine ne seraient pas allées aussi loin dans leur rêve. Au début du récit, j’étais vraiment parti dans l’archétype de la mère qui essaie de se réaliser à travers ses enfants. Finalement, ce n’est pas du tout ça. C’est plutôt la mère qui essaie de réagir comme la mère qu’elle aurait rêvé d’avoir. Elle tente d’offrir à ses enfants des chances qu’elle considère ne pas avoir eues. Emma lui reproche ensuite sa souffrance quand elle n’a pas pu réaliser son rêve alors que sa mère était déjà passée par là.

Avez-vous déjà prévu un nombre de tomes précis ?


J.H. : Le nombre de tomes n’est pas vraiment fixé. Mais j’aimerais aller jusqu’à six ou sept tomes pour donner le temps aux personnages d’évoluer. C’est aussi ce qui devrait correspondre à la scolarité de Capucine. J’aimerais qu’elle puisse évoluer au sein de cette école et suivre sa progression… ou pas.

D’un tome à l’autre, les projecteurs sur le quatrième de couverture s’élèvent…

J.H. : Oui, la conception graphique a notamment été dirigée par Philippe Ravon. C’est quelqu’un de très talentueux et qui ne laisse rien au hasard.

Sortir deux tomes dans un laps de temps aussi court, c’est pour faire face à l’impatience des lecteurs ?

J.H. : Lena travaille aussi très vite, elle met environ six mois pour réaliser un tome. Pour nous, c’était aussi important de retenir un peu le premier tome, puisqu’il n’est pas sorti dès qu’on l’a fini. Ainsi, les lecteurs n’ont pas été trop frustré entre les deux albums par une attente trop longue.

Yokozuna, qui raconte également le rêve de gamin d’un apprenti sumo, c’était un galop d’essai avant de s’atteler à une série plus longue ?

J.H. : Non, pas du tout. Yokozuna était une histoire que j’avais vraiment envie d’écrire. C’est une histoire vraie dans laquelle je me suis retrouvé. Dans les récits que j’écris, je me retrouve beaucoup dans ces personnages adolescents qui sont face à des choix et qui se battent pour réaliser des rêves. Je pense que le fait de ne jamais avoir eu vraiment de passion en étant enfant me touche encore. J’ai vécu ça beaucoup plus tard en me lançant dans la bande dessinée.

C’est une thématique que l’on retrouve aussi dans Nils avec cette fois une relation très forte entre un père et un fils…

J.H. : Oui, même si je souhaitais que les univers soient très différents. Chaque fois que j'écris une histoire, je veux que le thème que je développe soit traité dans son intégralité. Par exemple, pour Yokozuna, après 500 pages écrites, j'avais l'impression de n'avoir plus rien à dire à ce sujet. Emma et Capucine et Nils sont très différents et ne peuvent pas s'influencer l'un et l'autre. Le fait de faire ce grand écart entre les deux univers me permet d'aller beaucoup plus loin dans chacun d'eux.

Nils fait forcément penser à Holdgersson...

J.H. : Oui. Quand j'ai écrit Nils, je me suis beaucoup intéressé aux légendes nordiques. J'ai essayé de m'en éloigner et d'en faire quelque chose de différent. Nils est un peu particulier. Quand on se penche sur le schéma classique d'une histoire, il y a un incident déclencheur qui arrive très vite et qui génère une réaction du personnage qui va lancer le récit. Dans Nils, on est dans quelque chose de beaucoup plus contemplatif. C'était volontaire d'aller vers quelque chose de plus centré sur le ressenti comme chez Miyazaki.

Le discours écologique est très présent. Un écho à ce que l'on vit aujourd'hui ?

J.H. : C'est exactement ça. La base de Nils est l'envie de traiter un sujet contemporain, notamment les souffrances que l'on inflige à la nature, que ce soit avec les pesticides, les OGM, la disparition des espèces... L'homme ne se rend pas compte à quel point cette richesse génétique dont on dispose a mis des milliards d'années à être créée. Cette absence de prise de conscience, principalement pour des raisons purement mercantiles, me révolte. Je ne voulais pas non plus faire de pamphlet. À la place, j'ai mis le lecteur face à une société qui exploite la vie.

Un père fataliste et un fils combattif, il y a tout de même une lueur d'espoir vis à vis de la nouvelle génération...

J.H. : Ce n'est pas totalement noir. Mais c'est un seul protagoniste, Nils, qui se retrouve face à un choix et à l'orientation qu'il souhaite donner à sa vie.

Comment avez-vous rencontré le dessinateur ?

J.H. : J'écrivais à l'époque une histoire sur Temudjin. En me documentant, je me suis aperçu qu'une telle histoire existait déjà en bande dessinée (Temudjin, deux tomes parus aux éditions Daniel Maghen, NDLR). J'ai contacté Antoine Carrion (Dessinateur de Temudjin, NDLR) pour lui dire que son album était magnifique. Une discussion s'est alors instaurée jusqu'à lui dire que j'aimerais beaucoup travailler avec lui.

Les deux doubles pages présentes dans le deuxième tome sont somptueuses...


J.H. : Antoine a eu l'idée de la deuxième. Quant à la première, c'est moi qui lui ai proposé de la réaliser. C'est très important de laisser au dessinateur le loisir de se réapproprier le scénario. Le travail d'un scénariste est de créer une histoire qui doit être la plus riche possible, puis de la mettre à disposition de celui qui va la mettre en images. Par exemple, pour Emma et Capucine, Lena a pris la liberté de refaire tout le découpage et de rajouter beaucoup de choses alors que j'avais supprimé pas mal de cases pour justement lui laisser le loisir de s'exprimer. Chaque fois qu'elle a elle-même rajouté des cases, ça marchait encore mieux. Elle a vraiment saisi cette opportunité pour insister sur des notions comme le temps qui passe, ou la résignation de Capucine quand elle prend sa valise au début de l'album avant d'aller au pensionnat.

En combien de tomes Nils est-il prévu ?

J.H. : En trois tomes.

D'autres projets ?

J.H. : Emma et Capucine me prend beaucoup de temps. J'ai pratiquement terminé d'écrire le troisième tome de Nils. J'ai un autre projet qui sortira au Lombard qui sera plus proche de Walking Dead que des univers déjà faits jusqu'à présent avec au dessin David Tako. Ce sont des enfants qui se retrouvent bloqués au milieu d'une contamination mondiale. J'ai aussi un roman graphique prévu avec Matteo Simonacci qui est sur l'univers du skate board : c'est l'histoire d'un garçon et de sa petite sœur qui vont se retrouver un peu seuls. J'ai aussi créé une histoire courte pour un recueil dont le thème est le Marsupilami qui va bientôt paraître chez Dupuis (Parution prévue le 3 novembre, NDLR), également avec David Tako. J'ai enfin un projet avec Cédric Babouche, Mitsuo. C'est une fable très onirique à la Miyazaki.


Propos recueillis par L. Gianati

Bibliographie sélective

Emma et Capucine
2. Premiers doutes

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Nils
2. Cyan

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Yokozuna
1. Yokozuna

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Polina

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Temudjin
1. Temudjin

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