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Venise au travers du 9e Art - 2/2

Venise, un vaisseau de pierre - Le décorum vénitien

S. Salin Webzine 05/09/2016 à 23:24 6541 visiteurs

Libre, libertine, fantasque et onirique, Venise est également un vaisseau de pierre et le décor de bien des histoires... Deuxième partie d'une ballade dans la Venise du 9e Art....


Venise, un vaisseau de pierre...

Urbanisation des plus improbables, Venise a toujours veillé scrupuleusement à la pérennité de son excellence. Faut-il voir là les signes d’un narcissisme régénérateur ou d’une gouvernance éclairée ? 

Patiemment construite, Venise voit cependant son importance économique décroitre à partir de fin du XIVe siècle, la découverte de l’Amérique et l’attrait des épices modifiant le centre de gravité des voies maritimes et du commerce en Méditerranée. Parallèlement, la puissance ottomane s’oppose à Venise pour la mainmise des comptoirs méditerranéens et la bataille de Lépante (1571) fait figure de chant du cygne. De toutes parts, l’hégémonie vénitienne est mise à mal, et la Cité n'est bientôt plus qu’un état de second plan, une nation qui peine à maintenir sa flotte au niveau de ses ambitions. Est-ce parce qu’elle ne pouvait se résoudre à disparaître que Venise va chercher à paraître ? L’éternité vénitienne est en marche : seuls Napoléon en 1797 puis les Autrichiens, la freineront un temps. Hommes politiques, peintres, sculpteurs, musiciens, écrivains, riches marchands, tous n’auront de cesse d’élaborer puis de conforter une construction intellectuelle qui fera de ce vaisseau de pierre une ville à nulle autre pareille. Capitalisant sur les trésors d’une prospérité perdue, elle se transforme en épicentre culturel, puis, le temps aidant, en musée à ciel ouvert. Véritable palimpseste artistique et architectural, Venise se maintint contre vents et marées dans une théâtralité sans cesse renouvelée. Toutefois, la Dominante est un colosse aux pieds d’argile qui doit, plus que jamais, composer avec les flots. 

Ce rapport particulier au temps, toute personne visitant Venise l’a ressenti. La bande dessinée n’échappe pas à ce phénomène lorsqu’elle s’attache à la Sérénissime. Venise voit son destin souvent lié à celui de l’Humanité, comme si la décrépitude de l’une était le corollaire de la finitude de l’autre. 


ImageAinsi en est-il du Cryptomère, dixième et dernier volet des Naufragés du temps, et de la série Saria scénarisée par Jean Dufaux. Ces trois albums partagent une même vision apocalyptique de l’espèce humaine. Le fait que l’Homme périclite à Venise n’est pas forcément innocent. La ville ne traverse les époques que grâce aux efforts de ses créateurs qui doivent œuvrer sans cesse à son renouvellement comme à sa sauvegarde. Ingénieux artefact, elle se retrouve irrémédiablement attachée au sort de ses démiurges bâtisseurs. Dans le dernier album des aventures de Christopher Cavalieri, imaginées et dessinées par Jean-Claude Forest et Paul Gillon, il n’est pas surprenant de constater que la ville qui abrite les vestiges terriens d’une humanité plus que chancelante se nomme Veneuse, cousine du XXIXe siècle de notre Venise. Plutôt qu’une mégalopole porteuse de modernité, c’est la Sérénissime qui est choisie pour abriter ce qui reste d’humanité sur Terra, comme si, pour traverser le futur, il fallait s’ancrer profondément dans le passé. 

Pour sa part, Jean Dufaux tente dans Saria une mise en abyme scénaristique qui pousse la logique encore plus loin. Le scénariste belge imagine une Venise en l’an 21 d’une ère résolument futuriste en (ré)utilisant les éléments de la scénologie et de l’histoire vénitiennes. Parallèlement, les deux albums, qu’ils soient signées de Paolo Eleuteri Serpieri ou de Riccardo Federici, font preuve d’une maîtrise graphique qui, à leur manière, font écho aux chefs d’œuvre picturaux des scuole de la Lagune et rappellent la dimension artistique autant qu’esthétique de ce vaisseau amiral. Dans un registre qui relève plus du post-apocalyptique que de la science-fiction, Didier Convard et Christian Gine font également de Venise l’un des derniers bastions d’une Europe cloîtrée derrière un mur électromagnétique. ImageDans Intermezzo et Il Diavolo de la série Neige, ils n’hésitent pas à enfoncer la Sérénissime dans les eaux de sa Lagune, tant et si bien que la population en est réduite à vivre sur le fait des palais dans une précarité toute moyenâgeuse et eugénique. Seul le temps d’une nuit de débauche, masqués, Echassiers et Carnavaliers se mélangent pour s’assurer une descendance. Sur ces deux albums, Didier Convard compose une fiction qui sait intelligemment revisiter ses classiques vénitiens et même aller au-delà, preuve en est des préfaces qui ouvrent chaque opus. Et s’il n’était des élans par trop romantiques d’Almire ou de Cueille-la-mort, le tableau serait plus que convaincant. Dans ces deux exemples, le mythe de la Venise éternelle apparaît dans toute sa fragilité et sa romantique ambiguïté, à la fois éternelle, mais vouée à disparaître. 

D’autres albums se projettent dans le futur de la cité lagunaire, sans pour autant vraiment s’interroger sur le rapport particulier qu’elle entretient avec le temps. Toutefois, il est intéressant de s’arrêter sur deux exemples symptomatiques. Premièrement, Fatal carnaval, paru en 1994 et signé par Bollée et Valdman. Avec un bonheur tout relatif, les auteurs reprennent les clichés séculiers du XVIIIe siècle et les transposent dans un avenir eugénique et informatisé à outrance. Malgré un scénario pour le moins poussif, la relation symbiotique qu’entretiennent le Temps et l’Humanité à Venise revient presque inconsciemment à travers un compte-à-rebours meurtrier dont l’enjeu final est, cette fois, la renaissance de la civilisation… Sur une thématique tout aussi carnavalesque, qui utilise les stéréotypes avec la volonté affirmée de les revisiter, il faut aussi évoquer Aaarg!, album du quatuor Ralph, Edith, Cromwell et Riff Reb's. 

S’il n’est pas question de fin du monde, mais bien « […] d’une cité ancienne dont les nombreux canaux charrient les traditions figées d’un passé oublié, dans le cadre clinquant d’une carte postale surannée […] », la relation au temps, ne serait-ce que par l’impossibilité de situer temporellement l’album, existe bel et bien. Dans ce futur qui a inventé l’Antigrav system et Venuse-sur-mer, charmante ville aux palais sur pilotis, Sergei Waldi hante les bas-fonds d’une société qui se perd dans son traditionnel carnaval d’Équinoxe. Traité de manière totalement déjantée par des auteurs qui n’épargnent ni leur peine ni leur imagination, cet album reprend lui aussi - en la transposant sous d’autres temporalités - l’iconographie d’un dix-huitième vénitien futile et inconscient qui danse pendant qu’il sombre. Toutefois, que personne ne s’y trompe ! Derrière cette apparente inconsistance se cache un mercantilisme qui fait feu de tout bois. Car n’oublions pas que si le Carnaval est une figure omniprésente dans la culture et l’imagerie vénitienne, il l’est également pour son économie. Pour l’anecdote, rappelons que Venise inventa très tôt le tourisme de masse puisque, comme le relatait déjà Montesquieu en 1728, plus de 35.000 personnes accouraient de toute l’Europe pour profiter de ses fêtes, des casinos et des charmes des courtisanes… Enfin, pourquoi ne pas évoquer Echec et automates ? Plus poétique, cette série renvoie toujours à cette notion de temporalité avec ces horloges arrêtées, ces canaux vides et ces forêts qui tutoient désormais le ciel, autant d’éléments constitutifs de la scénographie vénitienne. Si cette fable de Philippe Segard et Arnaud Quéré se démarque par la forme des œuvres précédentes, elle ne peut se soustraire sur le fond à la promiscuité que Venise entretient avec le temps, la tentation de l’éternité… et la mort de toute chose.

Surgie du néant, en des temps où la mémoire se perd, Venise a patiemment construit sa propre histoire pour faire croire à son éternité, cultivant ainsi l’impression d’une persistante jeunesse. Pourtant, à déambuler dans ses ruelles ou glisser sur ses canaux, le promeneur prend conscience que Venise est mortelle. Phénix urbain à l’image de son théâtre, Venise est une vielle dame qui s’épuise dans la conservation d’une splendeur passée qu’elle entretient avec de couteux lifting. La singularité de Venise est de n’entrevoir son futur qu’au travers de son passé. En cela, elle constitue une anti-ville dans la mesure où, pour exister, une urbanité doit sans cesse recomposer son tissu urbain, quitte à recycler les anciens éléments pour en concevoir de nouveaux. De fait, Venise est - aujourd'hui - une ville sanctuarisée, figée dans une certaine forme d’excellence ! Curieusement, bien peu arrivent à s’extraire de ce schéma de pensée et à imaginer une New Venise faite de palais d’acier, aux murs en verre de Murano… La Sérénissime est désormais un musée ouvert aux marchands du temple, une ville qui se vide de ses habitants, la représentation d’un passé fantasmé : un décor. 


Le décorum vénitien

Venise est un décor de rêve. Dès lors, la place St Marc s’avère un passage obligé où il est de bon ton pour le Who’s Who du 9e Art de faire étape. Ainsi, beaucoup d’auteurs n’hésitent pas, le temps d’un épisode ou deux, à s’y arrêter. 

À tout seigneur, tout honneur, commençons par Largo Winch qui, le temps de deux épisodes (les 9e et 10e), vient à Venise, sur les pas de Luchino Visconti, pour voir... mais pas pour y mourir ! Venise « is the place to be », même pour notre dilettante de milliardaire ! 

Autre exemple, moins récent, avec l’As de Pique création italienne d’après-guerre dessinée par un certain Hugo Pratt en 1949. Ce justicier qui n’est pas sans rappeler The Phantom de Lee Falk œuvre d’ordinaire aux USA. Cependant, comme bien d’autres, il ne peut s’empêcher d’effectuer une escapade européenne qui, durant deux épisodes (Avventura a Venezia et La luce del Ko-i-noor), l’amèneront à la poursuite d’une certaine Lady Z et d’un célèbre diamant. Si le trait manque de précision et les encrages sont trop appuyés, ce fumetto n’en demeure pas moins (à l’époque) l’un des pionniers d’un genre nouveau sur le vieux continent. 

Contrairement aux idées reçues, les héros des petits formats n’hésitent pas à venir visiter Venise. Sans savoir si ces derniers sont descendus au Danieli, est-il possible de citer Brick, dont le n° 171 intitulé Drame à Venise fait découvrir à ce corsaire les joies de la navigation vénitienne, ou de Marouf dans Opération gondole, Ricks Ross avec En gondole ou bien encore Warlord qui viennent faire les quatre cents coups sur la Lagune… À se demander comment Kiwi ou Akim ne sont pas venus eux aussi arpenter les ruelles de la Sérénissime ! Quoiqu’il en soit, ces visites relèvent de l’anecdotique et ne présentent pas un intérêt qui inciterait de s’y appesantir. Il n’en est pas de même pour certaines productions franco-belges qui misent elles aussi sur l’esthétique vénitienne, mais avec plus d’application. Commençons par Les amants de Venise, deuxième opus de L’oracle de la luna de Lenoir, Griffo et Rodolphe. Griffo connaît (très) bien Venise pour y avoir fait déambuler durant 15 albums un certain Giacomo C. et sait retranscrire une ambiance toute en lumière, faite d’amour, de bals, d’intrigues et de mystère.


ImageLe mystère, il en est également question dans le très réussi Vacances fatales de Vittorio Giardino, petites suites de meurtres entre amis dont l’un se déroule près de San Erasmo avec comme enjeu un tableau de Giorgione et le cœur de la belle Anna. Perle d’ambiguïté, de machiavélisme et de sensualité, cet album reflète à lui seul quelques-unes des vertus cardinales attribuées à Venise et ses habitants ! 

Dans un registre plus intimiste, certains auteurs prennent le temps de déambuler ailleurs qu’au long du Grand Canal. Ainsi en est-il d'Italiques d’Alfred. Le lauréat d’un Fauve d'or y évoque son Italie et notamment Venise où il séjourna quelques années. Pour qui s’y est volontairement perdu la nuit, pour qui a pensé aux forêts qui gisent sous les eaux, pour qui l’aqua alta est autant une malédiction qu’une bénédiction, cet album, loin de resservir l’iconographie traditionnelle, est un véritable voyage intérieur au sein d’une ville unique. Cette même fascination pour cette urbanité à nulle autre pareille se retrouve dans le somptueux art book de Jîro Taniguchi simplement intitulé Venise. Le mangaka dépeint une Venise plus belle que nature. Sur les traces de parents disparus, l’artiste remonte le cours d’une chronologie familiale, dans une ville étrangement débarrassée de ses visiteurs. Récit tout en douceur, en couleur et en impression, les amateurs de Venise s’émerveilleront devant la délicatesse, la luminosité et la méticulosité des aquarelles. 


ImageCe même réalisme se retrouve chez Kenji Tsuruto dans Forget-me-not, avec certainement plus de précision dans le trait et le rendu des paysages dont la finesse se trouve rehaussée par l’usage du noir et blanc. Vouant une certaine passion à la cité des doges, ce manga glamour s’avère visuellement des plus réussis.

Finalement, Venise apparaît souvent comme un prétexte contextuel, mais rares sont ceux qui savent mettre en avant sa singularité première. Aussi est-il difficile, pour qui a accepté de se perdre dans Venise la nuit, d’attendre que le soleil se lève sur San Giorgio Maggiore un matin de décembre ou d’errer un soir de mai dans Cannaregio, plutôt que sur Saint Marc, de retrouver trace de pareilles sensations dans un album…

Fluctuant nec mergitur... aurait été également de circonstance
En surgissant des eaux telle la Vénus de Botticelli, en commerçant ou guerroyant avec et contre tous... tout en érigeant son indépendance en dogme, en sublimant les arts afin de traverser les siècles à s’en croire éternelle, Venise a construit patiemment son mythe. Elle est à elle seule tous les paradoxes, une cité unique, à la fois île et ville monde, refuge et lieu cosmopolite.

Venise est une illusion construite sur un passé idéalisé qui oublie toute réalité, un artefact consciencieusement sublimé, une abstraction culturelle brillamment élaborée. La bande dessinée n’échappe pas à envoûtante attraction qu’exerce le mythe et ne fait que reproduire un modèle sans vraiment chercher d’autres voies. Même si les variations sont nombreuses, elles le sont (trop) sur le même thème… Il en est du 9e art comme des autres, qui prisonniers des habitudes, n’osent pas aller au-delà d’une vision par trop stéréotypée qui capitalise sur le passé plutôt que d’investir sur l’avenir. Il manque à Venise un souffle nouveau qui peine à s’imposer face au mercantilisme à court terme qui prône le statu quo. Même si plus que Rome, Venise se voit éternelle, elle ne peut perdurer que si elle est capable de se recomposer sur elle-même, de se réinventer pour ceux qui y vivent comme pour ceux qui la traversent. Mais Venise a-t-elle encore cette capacité, possède-t-elle encore cette volonté,  en attendant, elle s’abandonne avec paresse à une lente décrépitude toute romantique.




S. Salin

Bibliographie complémentaire

B.P.R.D.
2. L'Esprit de Venise & autres histoires

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Cargo
9. L'Octopus de Venise

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Giuseppe Bergman (Humanoïdes Associés)
1. HP & Giuseppe Bergman - Le Maître de Venise

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1. L'Enfer pour compagnon

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Vanity Benz
3. Le sommet de Venise

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Vienne - Trieste - Venise
Gens de Vienne et fantômes de Venise se retrouvent un soir à Trieste pour fêter la fin du monde.

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Venezia
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La rose écarlate
4. J'irai voir Venise

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