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Les Campbell : un sacré clan !

Entretien avec José-Luis Munuera

Propos recueillis par L. Gianati Interview 14/09/2015 à 13:29 8357 visiteurs

Si Les Campbell semble avoir trouvé aujourd'hui son rythme de croisière avec trois tomes sortis en moins de deux ans, il fallut à José-Luis Munuera quelques mois pour mettre en place l'histoire de cette grande saga familiale placée sous le signe des pirates. Découpé en chapitres pour les besoins d'une publication régulière dans le journal Spirou, agrémenté de nombreux flashbacks qui permettent de reconstruire le puzzle de la vie de Campbell et d'Inferno sans pour autant noyer le lecteur, le récit commence à apporter avec le troisième tome sorti au mois d'août dernier son lot de réponses... en attendant les deux derniers qui devraient clore un premier cycle. 

Une première page présentant la mère de Carapepino et deux de ses employées suivie par une planche montrant Fanny au premier plan, le troisième tome est résolument placé sous le signe de la féminité… (sourire)

José-Luis Munuera : Oui, un peu comme toute la série dès le départ en fait. Ce qui est intéressant, dans ce petit univers, c'est de confronter l'aventure à la sauce "macho" (avec les pirates, leurs superstitions et leurs a priori) à des personnages féminins de toutes sortes, plus fortes les unes que les autres et surtout toujours plus intéressantes que leurs partenaires mâles ! (Fanny la femme de Campbell, Nutella la jeune amoureuse, ses deux filles Ítaca et Génova, chacune avec une personnalité très particulière, la mère de Carapepino, etc...). Il faut faire attention aux femmes, et moi, qui suis marié et père de trois filles d'âges très différents (de 4 à 16 ans), je sais de quoi je parle !

Les Campbell est au départ une commande de Frédéric Niffle (Rédacteur en chef du journal Spirou, NDLR). Avec le recul, peut-on dire qu’il a eu une riche idée ? (sourire)

J.L.M. : Sans doute ! Il a au moins eu une très bonne intuition : c'est à la suite d'une planche que j'avais faite pour la "Galerie des Illustres" dans le journal Spirou, où je racontais notre expérience à J.D. Morvan et moi avec le mythique rouquin belge, et que je finissais avec un autoportrait en pirate avec mes deux filles, qu'il a eu cette idée... Je n'avais jamais pensé à faire des histoires de pirates, mais cela me convient de travailler sur un sujet particulier et d'essayer de l'exploiter. Il m'a fallu presque un an pour y trouver la bonne formule avant de lui soumettre le premier chapitre ! Pour moi, qui me suis mis à la BD grâce à la lecture des journaux dans les années 80, c'est un honneur d'être publié dans le journal de Spirou.

Qu’apporte au récit le découpage en chapitres ?

J.L.M. : Toute la structure narrative de la série vient du fait d'être pré publié dans le journal Spirou. Comme c'est une série qui paraît de façon irrégulière dans le journal, il me fallait des mini-récits, des chapitres qui puissent avoir un sens, une structure propre, sans pour autant perdre de vue le fil conducteur, sur lequel surfe l'histoire. En découpant le récit en chapitres, j'ai pu intégrer la série dans le journal, et y travailler pendant mon temps libre, sans la pression de devoir finir un album tout de suite. J'ai donc découvert en travaillant ainsi que l'on pourrait apporter toutes les techniques du feuilleton classique à partir de cette base, et les enrichir avec les nouvelles techniques dramatiques et narratives issues des feuilletons télé modernes.

Comment avez-vous l’idée de ces pages illustrées pour séparer les différents chapitres ?

J.L.M. : Je crois que cela aide à donner un certain rythme à la lecture : si on avait simplement enchaîné les chapitres les uns après les autres, la lecture aurait complètement changé, et ces pauses, ces petits intercalaires permettent de mieux faire reposer les émotions avant d'entamer la suite de l'histoire...

Ces chapitres, très courts dans le premier tome, tendent à se rallonger à partir du deuxième…

J.L.M. : Je trouve cela normal. Une fois les personnages présentés dans le premier volume, c'est à la trame de se développer, et comme elle est de plus en plus élaborée, elle demande plus de la place. Mais je resterai fidèle à la construction en chapitres, qui me semble excellente, pour mon propre mode narratif.

L’une des particularités du récit est la construction en flashbacks et le retour permanent à des époques différentes. N’avez-vous pas craint de perdre les lecteurs en cours de route ? (sourire)

J.L.M. : Oui, bien sûr ! C'est d'ailleurs mon casse tête principal : comment rappeler au lecteur où on en est de l'histoire, sans encombrer la lecture de textes explicatifs tout en passant les infos essentielles de façon naturelle. Mais cette construction apporte, à mon sens, tellement de richesse aux personnages (et c'est la clé de toute la série, parce que ce qui se passe dans le passé a toujours un reflet dans le présent), que je ne peux que faire confiance à mes lecteurs qui voudront faire l'effort de me suivre, en leur procurant le maximum de plaisir !

Finalement, Les Campbell c’est plutôt une saga familiale ou une série d’aventures mettant en scène des pirates ? 

J.L.M. : Mais les deux ! Et aussi une série d'humour au deuxième degré, ou un mélodrame assez classique finalement, ou une pure bande dessinée faite pour le simple plaisir de sa forme narrative, et tout un tas d'autres choses ! C'est, surtout et avant tout, du plaisir pur. Pour moi d'abord, mais aussi pour transmettre ce plaisir aux lecteurs...

Le Turc dans le deuxième tome, la mère de Carapepino dans le troisième… Incorporer de nouveaux personnages à chacune des histoires, est-ce une façon de relancer l’intérêt des lecteurs ? 

J.L.M. : C'est surtout une façon d'en expliquer les rôles principaux ! En rajoutant ces personnages, en les confrontant aux héros, on découvre des nouvelles facettes, des nouveaux visages, on approfondis leur psychologie...

La mère de Carapepino a des faux airs de Bonemine et certains dialogues semblent parfois issus de l’imagination de Goscinny. Simple coïncidence ? (sourire) 

J.D.M. : Houla! Là, c'est énorme comme compliment ! Bien sûr, j'ai étudié le travail (inimitable) de Goscinny avant de me lancer moi-même dans l'écriture, mais aussi celui de Greg, qui est pour moi le meilleur dialoguiste de la BD classique. Mes références sont claires et je ne les cache jamais, au contraire ! Si je fais de la BD, c'est grâce aux albums que j'ai aimés en tant que lecteur, et j'essaie de leur rendre toujours hommage dans mes histoires.

Des visages très expressifs, un découpage très dynamique… Avez-vous facilement trouvé votre style pour cette série ? 

J.L.M. : Sur le plan graphique, c'est pour moi de la BD classique : quelque chose entre Morris et Uderzo, si je peux oser la comparaison. Un format de planche toujours divisée en deux moitiés, une structure de 4 strips par page... Je me sens sincèrement très à l'aise dans ce registre, que j'avais pratiqué avant sur des séries comme Merlin (avec Joann Sfar et J.D. Morvan).

Les trois personnages principaux masculins (Campbell, Carapepino et Inferno) possèdent un visage assez ressemblant (même si pour deux d’entre eux, la ressemblance est plutôt logique…) Une volonté de votre part ?

J.L.M. : D'une certaine façon, les trois personnages sont le même sur trois perspectives différentes : le pirate héroïque, le pirate tragique, et le pirate comique... à peine un petit décalage dans la façon d'y traiter un personnage, et il change de catégorie ! C'est très intéressant pour moi de jouer avec les codes (graphiques et narratifs) de la BD, avec ses clichés, avec ses systèmes...

Comment travaillez-vous avec Sedyas ? Êtes-vous plutôt directif dans le choix des couleurs ou lui faites-vous entièrement confiance ? 

J.L.M. : Après quelques années à travailler ensemble, je lui fais entièrement confiance ! Parfois, je lui suggère une gamme de couleur, une lumière particulière, et bien sûr, on discute ensemble du résultat avant de l'envoyer à Laurence Van Tricht, notre éditrice. Mais il est vraiment un maître à comprendre les besoins narratifs d'une séquence, et sans son appui, j'aurais bien plus de mal à rendre lisible une structure narrative aussi complexe que celle des Campbell.


Trois tomes en moins de deux ans, c’est un sacré rythme de parution !

J.L.M. : Oui, en effet. C'est plutôt bien, non ? Je considère que c'est un devoir envers le lecteur de ne pas faire traîner les albums pendant des années, et j'aime bien avoir ce rythme de travail assez soutenu. En plus, j'ai publié aussi quelques autres petites choses entre temps, comme les deux volumes de P'tit Boule et Bill, ou un autre tome de la série Sortilèges (sur un scénario de Jean Dufaux), qui finit le mois prochain avec son quatrième volume. J'aime mon métier, et je n'ai pas d'autre hobby, alors....

Avez-vous déjà prévu un nombre de tomes précis pour cette série ? 

J.L.M. : Le premier cycle se terminera en cinq volumes, avec la réponse à l'une des questions clé de la série : Comment et pourquoi Inferno tua Fanny Campbell ? J'avance doucement dès le premier chapitre du premier volume jusqu'à la résolution de cette question....

Avez-vous pris goût à travailler en solo sur un album ou une série ? La relative liberté de création compense-t-elle le plaisir d’un travail en équipe ?

J.L.M. : Chaque chose a sa propre nature et son propre intérêt. J'aime beaucoup travailler en équipe, partager avec quelqu'un d'autre le processus de création, apprendre de lui, et jouer ensemble, mais la création en solitaire est aussi très intéressante ; elle me permet de profiter des synergies qui se créent entre le dessin et le texte au moment même de faire la planche, de vraiment établir un dialogue entre la partie graphique et celle purement narrative. J'apprends beaucoup avec ces deux façons de travailler !

À part Les Campbell, avez-vous d’autres projets ?

J.L. : Mais, bien sûr !! J'ai des tas de projets sur la table, mais on ne va pas rien annoncer pour le moment, attendons que tout avance (et parfois, comme pour le premier chapitre des Campbell) cela peut prendre des années !!


Propos recueillis par L. Gianati

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