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La vie (re)commence à 60 ans

Entretien avec Zidrou et Simon Van Liemt

Propos recueillis L. Gianati Interview 18/06/2015 à 19:24 6775 visiteurs

Déjà cinq ans que Ric Hochet, l'un des plus célèbres journalistes du 9ème Art, est orphelin de celui qui l'a mis pour la première fois en images au milieu des années 50. Il retrouve à 60 ans deux pères adoptifs, Zidrou et Simon Van Liemt, qui inaugurent avec R.I.P. Ric ses nouvelles enquêtes. Un premier tome qui risque de bousculer les habitudes, souvent bien ancrées des lecteurs historiques, mais qui devrait aussi attirer un nouveau lectorat, peut-être plus jeune, qui n'avait pas osé s'attaquer aux 78 tomes de la série originelle. 

Etiez-vous des lecteurs assidus de Ric Hochet ?

Zidrou : Moi oui, dans mon enfance et mon adolescence. Ric comptait parmi mes copains.

Simon Van Lient : Pas du tout. Je connaissais très mal, n’ayant pas eu l’occasion de découvrir cette série étant enfant. Du coup, je suis passé à côté et c’est grâce à Benoit (Drousie, dit Zidrou, NDLR) qui m’a proposé de travailler dessus, que j’ai pu enfin connaître cette série. 

Tome 1 des Nouvelles enquêtes de Ric Hochet plutôt que tome 79 de la série historique : pour quelles raisons ?  

Z. : Parce que je ne sais compter que jusqu'à 20. 

Comment avez-vous abordé ce premier tome ? Avec l’envie de dépoussiérer un peu le personnage ? De moderniser  les dialogues ? … 

Z. : Comme ce qu'il devait être à l'origine : un one-shot, un « Vu par... ». C'est ensuite que Le Lombard nous a dit que nous prenions du galon. Moderniser... ben, quoi de plus logique, étant moi-même l'incarnation vivante du « hype » ?! 

Mais aussi avec le risque de choquer les fidèles lecteurs de la série notamment en montrant une Nadine un peu plus entreprenante que d’habitude ou en tuant le célèbre Nanar… C’est un vrai exercice « casse-gueule », non ? (sourire)

Z. : Un lecteur, par nature, n'est jamais fidèle. Je n'ai pas travaillé en pensant aux « vieux » lecteurs. J'ai travaillé en pensant aux personnages. Nadine méritait plus que son statut de greluche quasi asexuée.

Le choix du Caméléon comme « méchant » du premier tome a-t-il été une évidence dès le départ ?

Z. : L'ombre de Caméléon était l'un de mes albums favoris. Le hasard, ensuite, a bien fait les choses puisque, du coup, ce premier album des nouvelles aventures de Ric Hochet établit une connexion avec sa première aventure en 30 planches, donc « à suivre », qui s'intitule Signé Caméléon ! et qui ouvre le premier album de la série mère. Et puis, quel logo!

Le « Caméléon » pose des questions que les lecteurs, ou vous-même, se posent sans doute depuis des années. Mais où Ric trouve-t-il l’argent pour s’acheter ses bolides ? Et d’ailleurs, on peut se demander aussi où Bourdon a trouvé le sien pour se payer une villa sur Porquerolles… (sourire)

Z. : Ric écrit des livres à succès inspirés de ses enquêtes. Dans les années 60, certains journalistes (ou photographes) gagnaient des fortunes. Bourdon a surtout puisé dans la cagnotte de sa nouvelle épouse. 

Quelles sont les différences entre travailler sur un univers et des personnages déjà existants plutôt que sur une création originale ? L’exercice est-il finalement plus difficile ?

Z. : Cela dépend de l'univers existant. Ici, ayant un peu Ric Hochet dans l'A.D.N. et disposant de toutes les libertés créatives du monde, cela n'a pas été difficile du tout. C'est du boulot, voilà tout, mais agréable, jouissif même par moments. 

Beaucoup de clins d’œil concernent les tous premiers tomes de la série. Revenir aux origines de ce personnage, c’était important pour vous ? 

Z. : Ça ne vous amuserait pas, vous, de pouvoir jouer avec le train électrique de votre grand frère que vous pouviez seulement regarder quand vous étiez gosse? Quitte à le faire dérailler un peu... juste pour voir!...

Simon, quelles sont les difficultés de reprendre des personnages déjà existants ? Comment avez-vous trouvé le juste milieu entre respecter le travail accompli jusqu’alors et poser votre propre patte sur le dessin ? 

S.V.L. : Au départ, le projet devait être un « Vu par ». Il était donc même question que Ric Hochet change complètement de visage, mais ça ne m’a pas semblé cohérent. Puis le scénario de Benoît ne s’y prêtait pas, étant donné que le Caméléon prend l’aspect de Ric Hochet, et qu’il ressemble donc au Ric Hochet dont on se souvenait en temps que lecteur. L’objectif a donc été de lui redonner un peu son look des années 60 qui est un peu plus proche de celui de Roger Moore dans Le Saint qu’ensuite où il devient un peu plus baroudeur. La difficulté pour reprendre ce personnage a été de se conformer à ses traits assez fins, ce qui était d’ailleurs le cas pour la majeure partie des héros de bandes dessinée de l’époque qui possédaient un visage lisse malgré leur caractère. Ça n’a pas été très facile… D’ailleurs, les dernières séances de dédicace m’ont bien aidé à connaître « mon » Ric Hochet d’un peu plus près. (sourire) Je n’ai pas pu faire mes gammes au départ car on s’est décidé finalement assez tard sur le fait qu’il fallait qu’il soit proche du Ric Hochet d’origine, tout en gardant une liberté que m’autorisait de prendre Le Lombard. C’est un personnage qui s’est donc construit petit à petit. J’imagine qu’il y a des nuances dans l’album. C’est un univers extrêmement riche qui propose à la fois des séquences humoristiques, dramatiques, d’enquêtes, de comédie pure… Selon les séquences on est donc influencé par ces aspects, alors que si on regarde le travail de Tibet, ce qui est très fort, c’est qu’il est capable de travailler toutes les séquences avec le même trait et passer d’un ton à un autre sans aucune difficulté. 

Avez-vous relu les 78 albums et analysé toutes les mimiques et postures des personnages avant de vous attaquer au dessin ? (sourire)

S.V.L. : Non. J’ai lu les quatre premières intégrales car l’aventure qu’on a réalisée se situe chronologiquement autour du dixième tome. Ça m’a permis d’avoir une idée du Ric Hochet de cette époque que nous cherchions à mettre en scène, puisque l’action se situe en 1968. 

Quel est le personnage qui vous a donné le plus de fil à retordre ?

S.V.L. : Je me suis aperçu que Bourdon était un peu plus jeune d’aspect que celui de Tibet, ce qui n’est pas forcément le cas dans les premiers épisodes. Les autres personnages sont plus typés, j’ai donc eu un peu moins de difficultés à les trouver. J’ai dessiné Nadine un peu à ma façon. 

C’est d’ailleurs la première fois qu’on la découvre nue ! (sourire)

S.V.L. : C’est vrai. En même temps, dans les années 60, la nudité commençait à faire son apparition sur les écrans. Je pense que la bande dessinée a mis un peu plus de temps à assumer sa modernité, du moins en France et en Belgique. 

Quel est votre public en séances de dédicaces ?

S.V.L. : C’est un public essentiellement masculin, autour de la quarantaine et plus. C’est donc plutôt un public mâture. 

Quels ont été les premiers retours des lecteurs historiques de la série ?

S.V.L. : Les retours sont plutôt positifs. Les gens apprécient le scénario. D’autres se sont posés des questions en découvrant les premières pages ou les premières esquisses. Mais finalement, ils oublient en général ce qui les a un peu désorienté au départ et parviennent à intégrer le fait que c’est un album de Ric Hochet. Le souci c’est un peu la longévité de la série, puisqu’elle dure depuis 50 ans, et les lecteurs ont forcément des souvenirs de jeunesse très forts et ils l’idéalisent un peu tout en ayant chacun une vision personnelle de Ric Hochet. 

Vous avez été en contact avec Nicole (épouse de Tibet, NDLR) et André-Paul Duchâteau. En quoi vous ont-ils aidé ? Qu’ont-ils pensé de la version définitive ? 

Z. : En nous passant sereinement autant qu'avec enthousiasme le témoin, ils nous ont aidés de la meilleure manière qui soit : en nous témoignant leur confiance, leur émotion aussi, pour que l'univers de Ric puisse redémarrer.

Pensez-vous attirer de nouveaux lecteurs qui ne connaissaient pas forcément le personnage de Ric Hochet auparavant ? 

Z. : C'est mon but avoué en tout cas. Mes grands adolescents de fils ont beaucoup aimé (ce n'est pas toujours le cas avec mes productions), je suis donc confiant. 

Le journal « La Rafale » va-t-il sortir systématiquement avec chaque nouveau tome ? 

Z. : Demandez à l'éditeur mais ce serait sympa de recourir encore dans le futur à cette amusante déclinaison... quitte à l'amplifier, une fois, à l'occasion, qui sait? 

Un tome 2 « Meurtre dans un jardin français » apparaît déjà en quatrième de couverture. Pouvez-vous nous en dire quelques mots ? 

Z. : Que je l'ai fini et que Simon doit encore tout dessiner... ou presque. Cet album remet la profession – pas si innocente que ça – de Ric au centre de l'histoire : c'est un journaliste. 

S.V.L. : Il sortira probablement à l’automne 2016. Ce sera un épisode beaucoup plus classique qui réintègre les bases de la série. Ça se passe à Paris, dans des lieux que chacun connaît et qui est l’environnement naturel de Ric Hochet. Il y a quelques passages où le lecteur se retrouve dans les pensées de Ric Hochet, en voix off, ce qui n’était pas le cas jusqu’à présent. Cette technique permet d’être au plus près des personnages et de sentir encore plus leurs réflexions, leurs émotions… 

Vous avez déjà signé pour 80 albums ? (sourire) À quel rythme de parution les albums de Ric Hochet sont-ils prévus ? 

Z. : Comme l'a dit Simon, le prochain devrait paraîte au cours de l'automne 2016, au moment des festivités liées aux 70 ans du Journal Tintin (belge) et, donc, des Éditions du Lombard. Un album tous les 12 à 18 mois, au début, me paraît un bon rythme. Mais qui vivra... lira !





Propos recueillis L. Gianati

Bibliographie sélective

Ric Hochet (Les nouvelles enquêtes de)
1. R.I.P., Ric !

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Ric Hochet (Intégrale)
1. Tome 1

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Ric Hochet (Intégrale)
2. Tome 2

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Ric Hochet (Intégrale)
3. Tome 3

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Ric Hochet (Intégrale)
4. Tome 4

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