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La colonne

26/08/2013 14 planches

Certaines associations sont prometteuses et donnent d'emblée l'eau la bouche. Celle de La Colonne, dont le premier tome vient de paraître, en fait sans aucun doute partie. D'un côté, Christophe Dabitch, un fidèle des éditions Futuropolis, féru d'Histoire et de voyages. De l'autre, Nicolas Dumontheuil, adepte des univers décalés et loufoques. Leur point commun ? Une passion pour l'Afrique, un continent qu'ils ont parcouru plusieurs fois ensemble. D'une expédition méconnue, celle de Voulet et Chanoine au Tchad, à la fin du 19e siècle, les deux auteurs en ont fait un récit truculent et passionnant. S'il reste encore quelques lecteurs récalcitrants, même après avoir jeté un coup d’œil à la couverture, haute en couleurs, un entretien ainsi qu'un aperçu de l'album devrait définitivement les convaincre.

INTERVIEW DE CHRISTOPHE DABITCH & NICOLAS DUMONTHEUIL

Après Abdallahi, La Colonne fait de nouveau référence à l’Afrique du 19e siècle. Qu’est-ce qui vous intéresse dans ce continent à cette période ? Les aventures des grands explorateurs ou les dérives du colonialisme ?


Christophe Dabitch : Les gestes individuels m’intéressent, surtout quand ils incarnent, parfois inconsciemment, un mouvement plus général de la société dans laquelle ces personnages vivent. Ils s’arrachent à leur vie pour aller vers l’inconnu et cette mise en marche peut me fasciner. Mais l’histoire du colonialisme m’intéresse aussi parce que la richesse et le développement, par exemple de la France et plus généralement du monde occidental, repose sur une exploitation des colonies à travers l’histoire, de mille manières différentes. C’est évidemment une face sombre de notre histoire dont nous profitons encore d’une façon ou d’une autre. Je ne peux pas m’empêcher de penser que la vie que nous menons, ce que l’on nomme la qualité de vie, a aussi un lien avec cette exploitation que l’on a décorée d’un discours civilisationnel et religieux. Le colonialisme est une dérive par essence, la colonne Voulet-Chanoine en est sa caricature sanglante. Par ailleurs, je vis à Bordeaux, une ville qui fut esclavagiste et qui, même si ce fut à un niveau inférieur à Nantes et surtout Liverpool (508 expéditions bordelaises, 1744 nantaises, 4894 à Liverpool), participa à la déportation des Africains. Ce qu’elle commence à peine à reconnaître du bout des lèvres.

Comment avez-vous eu connaissance de cette expédition, oubliée par l’Histoire, de Voulet et Chanoine ?

C.D. : Je l’avais lue quand je travaillais sur l’histoire de René Caillé, pour le livre Abdallahi. René Caillé était une sorte de jeune homme innocent, socialement marqué par son père, qui fut bagnard, et qui avait besoin de sortir du cadre pour vivre. Son parcours en Afrique a été extraordinaire, entre autres de courage et de souffrance. Il était en quête de terres vierges pour s’y inventer un nom mais il était assez respectueux des gens qu’ils croisaient. Il les voyait à sa hauteur, celle d’un jeune homme pauvre de Charentes d’origine paysanne, et pas en surplomb comme d’autres aventuriers plus éduqués. Après l’écriture d’Abdallahi, j’avais commencé à travailler sur la colonne Voulet-Chanoine lorsque j’ai lu que Serge Moati préparait un film, un documentaire, un livre… J’ai laissé tombé mais, plus tard, j’ai vu le film de Serge Moati (Capitaines de Ténèbres, NDLR). J’aime bien ses reportages politiques mais j’ai trouvé ce travail plutôt mauvais, cela m’a redonné envie. Je me suis rendu compte que j’avais envie de boucler une boucle colonialiste. D’abord avec un innocent au début du 19° Siècle qui ouvre la route vers Tombouctou, plein de bonnes intentions, et finalement, à la fin du 19°, avec les militaires qui prennent la même route en suivant ses indications, cette fois pour conquérir, dominer et finalement pour massacrer. C’est une sorte de synthèse du colonialisme. J’ai par ailleurs écrit le scénario au moment où le parlement français voulait faire reconnaître les effets « positifs » de la colonisation dans les manuels scolaires, où N. Sarkozy s’agitait sur l’identité nationale et prononçait son discours de Dakar qui nous renvoyait à l’idéologie du 19° Siècle. J’ai transformé pour La Colonne en chanson un texte d’un voyageur du dernier quart de 1875, qui évoque la « mentalité éternelle » de l’Africain qui colle très bien à l’esprit et la lettre du discours pitoyable de N. Sarkozy.

Boulet – Lemoine pour Voulet – Chanoine… Pour quelles raisons n’avez-vous pas conservé les noms historiques des deux principaux protagonistes ?

C.D. : Suivant les dessinateurs avec lesquels je travaille, j’essaie d’aller vers eux tout en gardant ma ligne d’écriture. Nicolas, qui travaille d’habitude seul, a son propre univers dans lequel le grotesque, une forme de caricature et un rire angoissé sont des éléments importants. Il se tient sur une crête qui lui appartient et que j’aime lire. Comme je partais d’une histoire dramatique et sanglante, avec laquelle il serait facile de faire du pathos, j’ai tenté d’aller vers une forme de rire horrifié pour que Nicolas ait envie d’y entrer avec ce qu’il est. Cela m’intéressait aussi parce que je n’avais pas encore essayé d’écrire de cette façon. Et, comme je le disais, le discours colonial est avec le recul si caricatural que l’on peut tout se permettre… Voulet est devenu Boulet pour la résonance guerrière de ce nom, il traverse l’Afrique comme un boulet de canon. On peut aussi se dire que c’est un boulet que l’on se traîne encore à la patte dans notre histoire. J’avais plus envie de changer le nom de Voulet, Chanoine est un déjà un terme aux connotations religieuses mais je suis passé à Lemoine comme l’incarnation d’une perversité sous un habit présentable. Ces changements marquent un peu le ton de l’album, un mélange bizarre de grotesque, de drame et quand même aussi de sérieux quant à ce que l’on raconte.

Quelle est la part d’authenticité dans le récit de La Colonne ? Par exemple, la Société Coloniale Universelle a-t-elle vraiment existé ?

C.D. : Pas celle-ci en particulier, je ne m’en souviens plus trop, mais il existait de nombreuses sociétés coloniales de différentes natures et pour différentes activités. La Société coloniale universelle en est un concentré. Pour le reste, j’ai respecté au maximum les faits qui ont été rapportés dans différents écrits, je n’ai romancé qu’au minimum, sur les dialogues ou sur certaines situations. Les faits sont réels comme on dit, ou du moins tels qu’on les a rapportés. Je n’en ai pas rajouté en tout cas pour faire plus horrible, ce qui s’est passé l’est suffisamment. Contrairement à ce qu’a pu dire Serge Moati, la colonne Voulet-Chanoine n’a pas inspiré Conrad pour la simple raison que Au cœur des ténèbresa été publié avant le voyage morbide de Voulet et Chanoine. Je n’ai pas cherché à faire entrer ces personnages dans ce cadre quasi mythologique qui nous fascine, l’Occidental qui découvre sa violence dans la sombre Afrique, tel que Conrad l’a magnifiquement écrit, mais plutôt essayé de savoir qu’est-ce qu’il y avait de propre à ce voyage et quelles ont étaient les raisons de ce dérapage sanglant.

Comment avez-vous réussi à concilier le sujet, grave, et le ton résolument humoristique ?

C.D. : Comme je le disais, cela a tenu à l’envie d’aller vers Nicolas et aussi le désir de changer d’approche aprèsJeronimus où il s’agissait de s’approcher au plus près d’un petit dictateur hollandais sur une île déserte au large de l’Australie. Les personnages n’ont rien à voir, les circonstances et les raisons historiques sont très différentes mais le questionnement sur l’exercice du mal est proche. Je ne pouvais pas repartir dans un dispositif semblable et le rire - pas le second degré aujourd’hui généralisé qui me fatigue -, le grotesque ou l’ironie sont aussi des attitudes face au mal. J’aime Pierre Desproges qui est pour moi un comique français presque indépassable. On peut tout se permettre et tout aborder avec une certaine forme d’humour.

Un esprit qui joue le rôle de narrateur, ce n’est pas si courant ! Comment l’idée vous est-elle venue ?

C.D. : J’ai longuement cherché avant de choisir ce narrateur bizarre. Là-aussi, quand j’avais travaillé sur René Caillé, j’avais écrit à la première personne, en essayant de me mettre à sa place pour dire le voyage intérieur qu’il n’avait pas dit. Je ne m’identifiais ni à Voulet ni à Chanoine, je ne pouvais choisir ni l’un ni l’autre et, plutôt que « raconter » l’histoire, j’avais envie de poursuivre d’une autre façon la voix narrative de Jeronimus qui raconte et commente en même temps. Je me suis demandé ce qu’incarnait cette colonne finalement, ce mélange de blancs et de noirs qui vont ensemble au massacre, qu’est-ce qui traverse ces personnages sans qu’ils en soient conscients. La violence, la civilisation, l’emprise… J’avais imaginé l’esprit narrateur comme une masse sombre et indistincte qui apparaissait peu dans les cases, qui était surtout en voix narratives. C’est aussi une façon de s’amuser avec l’idée de l’auteur qui pense à la troisième personne. L’idée graphique qu’a eu Nicolas, un personnage filiforme réduit au strict minimum symbolique avec un masque africain mais blanc, est vraiment une belle idée qui a traduit ce que je n’arrivais pas à formuler en image et qui a débouché sur un certain nombre de choix narratifs et une plus forte présence dans les pages. Je m’inquiétais de la diversité des voix mais cette idée les a rendu plutôt limpides il me semble. 

D’ailleurs, son exubérance tranche avec le quasi-mutisme de Souley…

C.D. : Nicolas a rajouté quelques saillies bien à lui mais on peut se dire que les deux personnages principaux ne sont pas Boulet et Lemoine, qui sont des caricatures sur lesquelles on s’interroge, mais l’Esprit et Souley. Souley parle moins mais il est central, on le rencontre à la fin de l’histoire, il en porte tout le poids sur les épaules, il y réfléchit, il pense à son rôle, l’Esprit le questionne à ce sujet. Je ne voulais pas mettre dans la bouche de Souley un discours d’Africain imaginé par un Européen mais j’avais envie qu’il soit présent comme un être essentiel autour duquel on tourne. Il se regarde dans un miroir et il est aussi un miroir pour nous. C’est lui qui regarde la Colonne et c’est quand même lui qui y met fin. La Colonne est arrêtée par les Africains.

Comment peut-on expliquer l’absence de révolte chez les tirailleurs, notamment quand il s’agit d’aller massacrer des populations locales, alors qu’ils ne sont encadrés que par une poignée d’hommes blancs ?

C.D. : C’est une question importante. Je ne sais pas y répondre. Il n’y avait que huit blancs et ce sont surtout les Africains qui ont massacré. C’est pour cela que j’ai demandé une préface à l’écrivain ivoirien Venance Konan et c’est précisément là-dessus qu’il a réagi. J’avais envie d’un regard africain sur cette histoire. Il écrit par exemple : « Reconnaissons-le : l’essentiel du sale boulot contre nous fut fait par nous-mêmes. Dans l’abjection, les Noirs n’étaient pas différents des Blancs (…) Oui, pendant longtemps, et peut-être même encore aujourd’hui, pour nous, nègres, un nègre n’est qu’un nègre, c’est-à-dire un être dont la vie ne vaut pas un clou ».

La mentalité ultra-colonialiste qu’incarne Boulet était-elle légion dans l’armée à cette époque ou existait-il des militaires plus modérés sur ce sujet ?

C.D. : Je n’ai pas de connaissances suffisantes pour répondre mais je pense que non, il existait des discours minoritaires comme les Saint-Simoniens qui avaient une idée tout à fait différente de la colonisation. La colonne Voulet-Chanoine est la dernière geste coloniale sanglante française, dans le sens de la conquête, mais on commence déjà à la contester dans la société. Les commerçants, les religieux et les civilisateurs poursuivront l’action militaire et il y aura ensuite des guerres de conservation des territoires face aux peuples voulant se libérer, ce sera différent.

Nicolas et Christophe, comment en êtes-vous venus à travailler ensemble sur ce projet ?

C.D. : C’est Nicolas, qui m’avait entendu parlé de La Colonne dans notre atelier, qui m’a demandé si je voulais m’y repencher parce que cela l’intéressait. J’étais tellement persuadé qu’il travaillait seul que je n’avais pas imaginé lui proposer. J’avais envie de m’y repencher comme je le disais mais quand je n’ai pas un dessinateur en tête, j’ai en général beaucoup de mal à écrire un scénario.

Nicolas Dumontheuil : Christophe est un très bon copain. On habite dans la même ville et on se fréquente très souvent. On est d’ailleurs partis plusieurs fois ensemble en Afrique. L'histoire de La Colonne m’a immédiatement intéressé. 

Nicolas, vous retrouvez également l’Afrique après Le Landais Volant. Voyez-vous quelques similitudes entre les personnages de Jean Dextre Pandar de Cadillac et le capitaine Boulet ?

N.D. : (sourire) Ils sont très différents. L’un est très sûr de lui et conquérant, l’autre veut toujours bien faire mais fait tout de travers. Le seul point commun que l’on pourrait trouver est le côté grotesque et comique alors que le fond ne l’est pas forcément, même si Le Landais Volant est carrément délirant alors que l’histoire de La Colonne est beaucoup plus sérieuse. Au départ, Christophe avait écrit un récit très dramatique et c’est moi qui ai souhaité l’amener vers quelque chose de comique. J’ai toujours travaillé de cette façon, ajouté un aspect plus léger là où le fond est grave. Je n’avais pas non plus envie d’adopter un dessin réaliste. Je trouvais que mon trait semi-réaliste collait parfaitement. Et puis, le côté comique renforce aussi le côté dramatique, un peu comme on le retrouve dans les films de Charlie Chaplin. Il y a quelque chose de tellement énorme et ridicule dans l’histoire de La Colonne, au-delà de la tragédie, que j’ai trouvé que c’était la meilleure façon de la raconter. Je me suis donc, avec l’accord de Christophe, approprié le récit, ai réalisé le découpage tout en modifiant certaines séquences ou certains textes. Quand je lui ai fait lire le résultat, il m’a dit qu’il s’attendait à ce que je fasse ces modifications. (sourire) 

Graphiquement, avez-vous abordé La Colonne de la même façon que le Landais Volant ? 

N.D. : Le ton est plus enlevé dans Le Landais Volant alors qu’il est plus tenu et rigoureux dans La Colonne. Mais la famille de dessin reste effectivement la même. J’ai travaillé au pinceau dans les deux cas mais je suis revenu à la couleur directe pour La Colonne alors que c’est Isabelle Merlet qui officiait dans Le Landais Volant, ce qui a changé pas mal de choses dans mon travail et dans le résultat aussi certainement. 

Depuis quelques albums (Big Foot, Le Landais Volant, Le Roi Cassé…), vous avez effectivement laissé la palette à des coloristes. Qu’est-ce qui vous a donné envie de la reprendre pour La Colonne, en utilisant la couleur directe ?

N.D. : Ça faisait longtemps que je n’en avais pas fait et j’avais aussi envie de m’y remettre. J’avais aussi envie de m’y prendre un peu différemment. J’avais auparavant l’habitude de charger en couleurs, avec du relevé sur les visages, sur les corps… Là, j’avais envie d’une grande clarté dans le dessin. J’ai procédé pratiquement par aplats même s’il y a de temps en temps quelques modelés sur les visages, mais c’est beaucoup plus simple que ce que je faisais avant. Enfin… Plus simple au niveau du résultat mais la technique se révèle finalement plus compliquée. Et puis, la notion de lumière est très importante quand on travaille sur les paysages africains. Elle est souvent écrasante. J’avais aussi de travailler là-dessus. 

Comment vous êtes-vous documenté, notamment sur les différents uniformes ? 

N.D. : Ça a été compliqué. C’est une période où on a du mal à trouver une documentation visuelle alors qu’il y a eu beaucoup de choses d’écrites. Cette période entre les guerres de 1870 et de 1914 est un peu floue. Les uniformes se transforment mais légèrement. Ils sont assez proches des uniformes coloniaux de la guerre de 14. J’ai donc fait des recherches dans une grande librairie militaire, à Paris, des genres d’endroit assez curieux où je n’aurais jamais mis les pieds ! (sourire) Un film de Serge Moati, Capitaines des Ténèbres, m’a aussi aidé. Il racontait la même histoire et en effectuant quelques arrêts sur image, il m’a permis d’avoir, par exemple, quelques détails sur les sarouels que portaient les sahariens. Il y a certainement quelques petites inexactitudes dans les uniformes et j’aurai sûrement des remarques de spécialistes lors des séances de dédicaces. (sourire) 

Travaillez-vous déjà sur le tome deux de La Colonne ?


N.D. : Oui, Christophe a déjà écrit le scénario de l’histoire complète. J’ai réalisé dès le début le découpage des deux albums, il y a à peu près un an et demi. Il ne me reste plus qu’à dessiner le second que je devrais attaquer à la fin du mois d’août pour une sortie probable à la fin du mois d’août 2014. Il sera un peu plus long que le premier et peut-être cela prendra-t-il donc un peu plus de temps. 

Nicolas et Christophe, à part le tome deux de La Colonne, avez-vous d’autres projets ?

N.D. : Le quatrième tome du Landais Volant est à moitié fait. Les histoires de Jean Dextre se présentant un peu comme des nouvelles, la première de quarante pages, qui se passe d’ailleurs en Afrique sur le thème des associations humanitaires, est terminée. La sortie sera postérieure à celle du tome deux de La Colonne. Par contre, cette histoire va être pré-publiée dans le magazine numérique Le Cyclope cet automne. La deuxième histoire devrait se dérouler au Québec. 

C.D. : Christian Durrieux est en train de dessiner une histoire que j’ai écrite et à laquelle je tiens beaucoup. Je l’ai en tête depuis disons une quinzaine d’années… C’est l’histoire d’un jeune ouvrier du gaz bordelais, qui se nommait Albert Dadas, qui fut le premier fugueur pathologique recensé dans l’histoire de la médecine, à la fin du 19° Siècle. Il partait en voyage sans le désirer mais une fois qu’il était en marche, il continuait… Suite à un voyage en Argentine, j’y allais pour cela, je travaille aussi sur l’histoire de Butch Cassidy, Sundance Kid et sa femme Etha Place qui ont essayé de se refaire une vie de cow-boys pendant quelques années en Patagonie. Et par ailleurs je commence un livre avec Amnesty international, toujours chez Futuropolis, un collectif à la suite d’Immigrants dans lequel j’avais réalisé des entretiens que des dessinateurs avaient mis en images. Là, il s’agira plus de reportages graphiques de longueurs variables sur des thématiques ayant un lien avec l’action d’Amnesty. Ce n’est pas un livre sur l’association mais plutôt sur des combats qu’elle soutient internationalement ou des thématiques qui lui sont proches. L’idée est d’être en Europe et sur d’autres continents. Une quinzaine de dessinateurs devraient y participer.

Propos recueillis par Laurent Gianati