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Critical Mass

19/02/2009 22 planches

En 2007 paraissait Husk, ovni futuriste aux frontières de Blade Runner, Apple Seed et du cyberpunk. Malheureusement passé plutôt inaperçu, BDGest fait un coup de projo à l’occasion du tome 2, scénarisé par Stéphane Louis, auteur de Tessa, et magistralement mis en images et colorisé par Arnaud Boudiron.

INTERVIEW DE STEPHANE LOUIS ET ARNAUD Boudiron
Stéphane, Pourquoi as-tu souhaité reprendre la suite de Husk ? Qu'est-ce qui t'as séduit dans le tome 1 ?
 
Stéphane Louis : Alors, c'est un peu plus compliqué que ça.  Il se trouve que j'avais présenté Arnaud à Fred et que de cette rencontre été né Husk. Quand Arnaud m'a annoncé, au moment de la sortie du tome 1, que Fred se retirait du projet, je lui ai tout de suite proposé de lire l'album. Et que si une idée me venait pour boucler la série au tome 2, je lui soumettrai, afin qu'il ne se retrouve pas avec une casserole dès le début de sa carrière. Et nous voilà ! Est-ce facile de prendre la suite d'un autre scénariste ? Ton expérience avec Kookaburra t'a-t-elle aidé à te couler dans le moule d'une histoire que tu n'as pas créée ?
 
S. L : Oui, oui. Oui, ça a été facile de passer derrière Fred, car il avait posé une base super solide, sur laquelle je n'ai eu qu'à rebondir. Et oui, l'expérience Kooka U m'a bien sûr servi !!! Au départ, il faut prendre ses marques, mais c'est confortable de venir poser son truc dans un univers existant. C'est comme d'être invité à un bon dîner chez des amis ! Il suffit juste, pour que la soirée se passe bien, de ne pas mettre les pieds sur la table, ni d'uriner sur les murs... Respecter les règles de la maison quoi.

Ton expérience de dessinateur a-t-elle été un plus dans cette collaboration ?
 
S. L : Je le pense. En effet, en tant que dessinateur, je sais ce qui me déplaît de la part d'un scénariste, et j'ai donc naturellement essayé de ne pas le faire pour Arnaud. J'ai fourni des story-boards peu poussés niveau dessins à Arnaud. J'aurais mis plus de temps à faire des descriptifs, qu'à dessiner ce que je voyais. Ça lui faisait une base à partir de laquelle il pouvait prendre des libertés, tant que le message était là. Les scènes étaient plus détaillés et "posées" pour celles qui comprenaient des dialogues, et où de l'émotion devait passer... Quand je tiens à un cadrage, je lui dis. A une scène aussi. Comme par exemple les pages 1 et 46, ou celle du parc entre Sarah et Léo. Et Force est de constater qu'Arnaud a su sublimer tout ça à merveille ! C'est un auteur super talentueux, et j'ai eu énormément de chance de pouvoir bosser avec lui sur mon premier album en tant que "simple scénariste".
 

Tu nous entraînes d'entrée de jeu sur Mars : est-ce une manière de t'affranchir du tome 1 ou au contraire de le considérer comme pleinement digéré ?
 
S. L : Les deux. La discussion finale entre Sarah et Léo dans le tome 1 laisse clairement imaginer que la suite devait se passer sur Mars. En plus, c'est vrai que ça me laissait "mon" univers à développer. Deux scénaristes, deux planètes, deux tons. Comme je voulais aussi que les rapports entre les deux héros évoluent, Mars s'y prêtait bien. Il y a aussi un jeu sur les couleurs. D'un côté, la Terre, bleue, froide, avec des rapports distants au tome 1. De l'autre, Mars, rouge, chaude, illustre mieux les rapports des persos dans ce deuxième opus et la fin.
 
Pourquoi cette nécessité de faire évoluer les rapports entre les deux héros, quelque chose te génait ?
 
Non, on ne peut pas dire ca en ces termes ! En fait, c'est surtout lié à ma vision de l'amour en général. J'avais envie d'un happy end, pour une fois. Tout au long de l'album on flirte avec le Cyberpunk. Comment as-tu  géré la frontière entre le crédible et l'absurde ?
S. L : Avec Arnaud. Il ne faut pas oublier que c'est SON univers, qu'il a posé par petites touches dans le premier volume, comme le fait qu'il y ait des hommes-cochons, ce genre de choses. Le tome 2 se veut plus "grand spectacle", construit comme une super production hollywoodienne, sans limitation de budget. J'ai voulu du grand, du gros, du spectaculaire. Tout ce qui était donc posé au départ s'est vu décuplé. D'ou Ted Templesmith, le gorille et son patron, Oswald, le T-Rex complètement toqué, délirant, et paranoïaque. Entre autre. Les codes cyberpunk, je les connais pour avoir grandi avec, ils font donc partie intégrante de ma culture, et c'est comme une seconde respiration. J'avoue ne pas avoir réfléchis à ça. C'est un peu comme si je me demandais comment parler des jeux vidéos, ou des jeux de figurines stratégiques comme Warhammer 40000. Ça fait partie de moi. Je n'ai donc pas de grand mérite là-dessus. Je suis un enfant de la SF et du Cyberpunk. Je vis depuis que je suis enfant dans mon futur. Celui-ci me rattrapant tout le temps, je dois donc le réinventer tout le temps, et c'est le pied !
Arnaud, l'album est une explosion de couleurs. La palette reste dans les couleurs froides et pourtant elle est extraordinairement variée. Quelle a été ton approche ?
 
Arnaud Boudiron : Houla ! Mon approche a été d'aller au plus simple ! Même si quelques pages avaient été colorisées en même temps que l'encrage, j’ai eu moins d'un mois pour faire la couleur. Au rythme de 2 à 3 pages par jour, 7 jours sur 7 ! Avec régime et cadence d'un vrai sportif ! (ma femme s'en souvient encore...)
Avant de commencer une séquence, je déterminais la couleur dominante de chaque partie : elle pouvait être vert pâle ou alors rouge vif ! J'ai parfois poussé les curseurs à fond, volontairement.  Comme dans un labo, je fais des essais et je regarde le résultat. Si le temps ne me le permet pas, je laisse tel quel, je prends note et je passe à la séquence suivante.

Trouver des visuels pour illustrer ce "Coup de projo" n’a pas été une mince affaire, peux-tu nous expliquer pourquoi ? A.B : En fait,  il n y a jamais eu de temps consacré à la recherche de design ou autre. Chaque concept ou perso a été réalisé "brut de décoffrage", à chaque page. Si je travaillais en dehors de la page, le dessin était automatiquement intégré plus tard dans l'album. Et puis travailler en numérique réduit ou supprime beaucoup de rough ou de croquis, vu que j'élimine les crayonnés au fur à mesure que le dessin final avance. Même la première couverture du tome 1 qui a été refusée a servi de 4ème de couv pour le tome 2. Tout a été rentabilisé ! En revanche, Marco, l'homme-cochon du tome1 est un perso qui traînait depuis longtemps au fond de mon disque dur. Ce personnage n'est là que pour vous dire que c'est un univers bien farfelu... En revanche, nos lecteurs peuvent découvrir une "planche mystère"... Quid ?
 
A. B : C'est une page d'essai réalisée pour un projet qui restera sans suite. Inutile de me poser pas des questions à ce sujet. J'ai le plaisir d'être le propriétaire de cette page (NDLR : et le créateur), mais je ne sais pas si je peux parler du sujet, vu que le créateur a décidé de dessiner lui-même la série en question ! Les fanas pourront trouver les indices dans cette page.
 
Tu piques notre curiosité... Je tente le coup ! C'est soit Christophe Bec, soit Denis Bajram. J'ai bon ? Un travail préparatoire réalisé pour Trois Christ ?
 
A.B : Aucune info ! (rires)

Propos recueillis par Stéphane Farinaud