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Toute la bande dessinée

L es 14 juillet se suivent et se ressemblent, mais pas celui de 2016. À Nice ce jour-là, un forcené a foncé sur la foule avec son camion. Le résultat : quatre-vingt-six morts, quatre cent cinquante-huit blessés et des millions de Français horrifiés. En collaboration avec l’Association des militants pour le savoir, Des ronds dans l’O a demandé à six auteurs de bande dessinée de recueillir et d’illustrer les propos d’une demi-douzaine de témoins.

Lisa venait de quitter la Promenade des Anglais, elle n’a pas été blessée, mais elle affiche sa colère. Patrick souffre du syndrome du survivant. Céline, en voyage au moment de l’attentat, n’arrive pas à oublier sa fille. Frank, pompier appelé sur les lieux, ne s’en remet pas. Didier a perdu son beau-père et sa joie de vivre. Puis il y a Selona ; sa sœur est décédée, mais elle est stigmatisée, après tout : « C’est à cause des gens comme vous qu’on est dans cet état-là ».

Promenade de la mémoire présente une variété de cas de figure. Certains ont vécu le drame, d’autres sont des victimes collatérales. Tous se révèlent néanmoins privés de quelqu’un ou de quelque chose, tous ont du mal à guérir. Les confessions sont narrées simplement, à la première personne. Le ton se veut sobre, chacun raconte son histoire, le jour de la fête nationale, et, surtout en fait, celle des mois et des années qui ont suivi. L’objectif n’est d’ailleurs pas de comprendre, d’expliquer, d’analyser ou de chercher un coupable. Au-delà des événements, il y a des tragédies personnelles, les protagonistes n’ont du reste que des prénoms, une stratégie toute simple pour créer une certaine familiarité avec le lecteur.

L’album s’ouvre avec le très beau dessin d’Alexis Sentenac, lequel semble avoir emprunté les crayons gris de Jean-Claude Götting. Son trait se marie bien avec celui d’Edmond Baudoin, artisan du chapitre suivant. Avec son style dramatique et torturé, l’auteur de Salade niçoise dépeint les angoisses de Patrick dans un récit ponctué de pastiches d’œuvres d’art aux titres révélateurs : La porte de l’enfer (Auguste Rodin), Le triomphe de la mort (Pieter Brueghel l’ancien) ou La renaissance du rêve (Jérôme Bosch). Quelques pages plus loin, le bédéphile notera que Jeanne Pujol cadre le visage de son personnage algérien pour qu’il soit impossible de déterminer si elle est voilée ou pas ; elle finit toutefois par donner la réponse. La couleur se fait discrète, voire absente, dans quatre des six volets, Cécile Wagner, avec une démarche rappelant joliment celle des nabis, constitue une des exceptions. Le coup de pinceau apparaît inégal d'une section à l'autre ; l’émotion est cependant au rendez-vous à tous les coups.

Préfacé par Boris Cyrulnik, qui discute de résilience, et postfacé par une représentante de L’Association des militants pour le savoir, le projet aurait pu s’égarer dans la psychologie populaire ou le militantisme. Il n’en est heureusement rien. Fondamentalement, la proposition des bédéistes tend vers l’universel. Certes, le prétexte demeure Nice, mais le véritable sujet est la douleur et le deuil. Les artistes ont de toute évidence eu carte blanche pour traduire en mots et en images la tranche de vie qui leur était confiée, et ils ont mérité cette confiance.

Par J. Milette
Moyenne des chroniqueurs
6.0

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