Cher lecteur de BDGest

Vous utilisez « Adblock » ou un autre logiciel qui bloque les zones publicitaires. Ces emplacements publicitaires sont une source de revenus indispensable à l'activité de notre site.

Depuis la création des site bdgest.com et bedetheque.com, nous nous sommes fait une règle de refuser tous les formats publicitaires dits "intrusifs". Notre conviction est qu'une publicité de qualité et bien intégrée dans le design du site sera beaucoup mieux perçue par nos visiteurs.

Pour continuer à apprécier notre contenu tout en gardant une bonne expérience de lecture, nous vous proposons soit :


  • de validez dans votre logiciel Adblock votre acceptation de la visibilité des publicités sur nos sites.
    Depuis la barre des modules vous pouvez désactiver AdBlock pour les domaine "bdgest.com" et "bedetheque.com".

  • d'acquérir une licence BDGest.
    En plus de vous permettre l'accès au logiciel BDGest Online pour gérer votre collection de bande dessinées, cette licence vous permet de naviguer sur le site sans aucune publicité.


Merci pour votre compréhension et soutien,
L'équipe BDGest
Titre Fenetre
Contenu Fenetre
Connexion
  • Se souvenir de moi
J'ai oublié mon mot de passe
Toute la bande dessinée

Pot-bouille

26/03/2020 1561 visiteurs 8.0/10 (1 note)

À l’automne 1861, Octave Mouret arrive de sa Provence natale et s’installe à Paris, rue de Choiseul, à proximité des nouveaux grands boulevards. L’acariâtre concierge l’accueille et lui présente les occupants de la maison bourgeoise où il résidera, dont même les escaliers sont chauffés : le père Vabre, le propriétaire, qui vit avec sa fille Clotilde mariée à Duveyrier ; madame Juzeur, laissée par son époux deux jours après les noces ; les Pichon à la discrétion maladive ; les Josserand menés par une mère hystérique ; les Campardon, mais aussi un « monsieur qu’on ne voit jamais », un autre « qui fait des livres » et une escouade de domestiques, au flux de cancanage redoutable. « Que des gens comme il faut » conclut le cerbère. Octave est prêt pour faire sa cour à cette assemblée et à en découvrir la réalité sordide derrière un affichage respectable.

Publié en 1882, Pot-Bouille est le dixième volume des Rougon-Macquart d’Émile Zola. Préambule à l’épopée commerciale Au Bonheur des dames, il est avant tout un réquisitoire féroce contre la petite bourgeoisie. Cédric Simon et Éric Stalner, déjà auteurs en 2019 de l’adaptation – très réussie – de La Curée, ont respecté à la lettre le projet littéraire de l’écrivain naturaliste. Octave, nouveau Rastignac venu pour conquérir la capitale, est le vecteur par lequel l’hypocrisie des relations sociales va être contournée, pour accéder aux coulisses des logis, des familles et des individus. La respectabilité d’apparat est mise à mal par un florilège d’adultères, de jalousies et de haines. Nul discours moralisateur de la part de Zola ni du tandem Simon-Stalner, mais le constat brutal de l’écart entre l’apparence et l’intime, de l’incompatibilité des deux et de la nécessaire complexité, voire schizophrénie, des relations entre les individus.

Comment présenter cela sans sombrer dans la sinistrose ? Grâce à l’humour. Zola a écrit un roman comique. Simon et Stalner lui emboîtent le pas. Le scénario – notamment le découpage et les dialogues - est ciselé pour mettre en évidence l’aspect grotesque des personnages. L’apport majeur du neuvième Art est de donner des gueules à tous ces pantins : embonpoint couperosé de l’aviné oncle Narcisse, silhouette décharnée du faible père Josserand, arrogance animale de sa femme, sécheresse de la délaissée madame Juzeur.

Galerie de portraits truculents, voyage au pays du mensonge crasse et du snobisme écœurant, cette adaptation impeccable d’un des plus incisifs romans du 19è siècle, est d’une pertinence triste de nos jours. Parce qu’il est toujours nécessaire de dénoncer les travers d’une société et qu’il est urgent d’en rire, c’est une lecture indispensable, à prolonger en (re)découvrant le texte original.

Par F.Houriez
Moyenne des chroniqueurs
8.0

Informations sur l'album

Pot-bouille

  • Currently 4.00/10
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6

Note: 4.0/5 (2 votes)

Poster un avis sur cet album

Votre note :
Vous devez être connecté pour poster un avis sur le site.

L'avis des visiteurs

    kurdy1207 Le 06/04/2020 à 11:09:12

    Après un très bon « La curée », Cédric Simon et Eric Stalner continuent d’explorer les romans d’Émile Zola avec « Pot-bouille ». Il est bien sûr évident qu’en 120 pages les auteurs de cette BD ne peuvent retranscrire tout le roman et surtout la partie descriptive. Aussi, le scénariste, s’attache t’il plus aux différents jeux entre les protagonistes.

    On suit l'histoire d’Octave Mouret, arriviste et grand séducteur, avec une certaine délectation parmi tous les personnages de l’immeuble où il a élu domicile. Les frasques des uns et des autres montrent une société dépravée où chacun essaye de se cacher derrière un mur d’honnêteté qui n’est qu’une façade grossière.

    Cédric Simon s’attache aussi beaucoup au personnage de Madame Josserand qui essaye coûte que coûte de placer ses filles et de leur trouver un bon parti. Rien de plus normal d’ailleurs car il s’agit du personnage le plus grotesque et le plus risible du roman.

    Que cela soit au dessin ou au scénario, la représentation de cette fin du XIXème siècle du Paris des Grands magasins, du moins de son début, constitue une belle réussite.

    Simon et Stalner excellent dans la représentation en BD des romans de Zola. J’espère qu’ils sont déjà à l’œuvre pour nous offrir la suite directe de « Pot-bouille » « Le bonheur des dames ». Ce roman devrait sortir en BD chez Casterman adapté par Agnès Maupré mais les premières planches offertes ne me plaisent guère. Je préfère de loin le dessin plus « académique » de Stalner.

    bd91130 Le 18/03/2020 à 18:26:18

    Deuxième adaptation de Zola, deuxième réussite. Il ne s'agit pas des romans les plus connus des Rougon-Macquart, je les ai lus il y a longtemps, et je ne sais plus s'il s'agit de romans particulièrement cyniques, ou si c'est Simon qui a choisi de faire ressortir ce cynisme. Quant au dessin de Stalner, il colle parfaitement avec le ton et l'époque. Un régal !