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Retour de flammes 1. Premier rendez-vous

24/02/2020 1458 visiteurs 7.0/10 (1 note)

P aris, 1941. Le commissaire principal Lange flanqué de l'inspecteur Goujon a du pain sur la planche. Des pellicules de films sur la propagande allemande et des pamphlets antisémites ont été incendiées dans la salle de projection d'un cinéma. Par-dessus le marché, la Gestapo et la haute hiérarchie policière font pression, exigeant d'eux des résultats concrets et rapides. Pour le duo commence un travail qui va s'avérer beaucoup plus compliqué et dangereux qu'il n'y paraît.

Paris brûle-t-il ? Quelques années avant la reddition de la Wehrmacht conduisant à la libération de la capitale française, les forces de l'ordre, alors en place, se lancent aux trousses d'un mystérieux pyromane qui focalise ses actes terroristes dans un milieu en plein essor, celui de l'industrie cinématographique. L'histoire romancée de Laurent Galandon (L'Envolée sauvage, La fille de Paname) posée en période d'occupation nazie, joue avec les nerfs de ses lecteurs, les trimbalant de suspects en coupables désignés et tous autant crédibles les uns que les autres. La chronologie des événements méticuleusement présentés, de même que les nombreuses fausses pistes, parviennent à remettre en cause les propres investigations et les jugements des enquêteurs en herbe. De cette façon, les soupçons fondés sur l'un s'écroulent deux pages plus loin à la vue des charges qui pèsent sur le suivant et ainsi de suite. Derrière la trame, Retour de flammes permet de comprendre quels étaient les enjeux économiques et les impacts politiques du 7ème art à l'aube de son essor.

De talent, il en est aussi question dans le dessin, car Alicia a déjà tout d'une "Grande". Certes facile, le jeu de mots résume les débuts remarquables d'une nouvelle recrue dans l'univers de la bande dessinée. S'il offre une lecture tout à fait agréable et déjà plein de maturité, son trait, prometteur et qui semble privilégier les silhouettes et les mouvements, ne demande par la suite qu'à gagner en réalisme.

Énigmatique, déroutant et par moments jubilatoires, ce Premier rendez-vous pris avec le public est une réussite. Affaire à suivre... de près !

Par D. Roy
Moyenne des chroniqueurs
7.0

Informations sur l'album

Retour de flammes
1. Premier rendez-vous

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    bd.otaku Le 05/04/2020 à 18:44:22

    Coup de projecteur sur les années noires

    Paris septembre 1941, un mystérieux incendiaire met le feu aux bobines du « juif Suss », un film de propagande nazie, dans le cinéma Concordia et appelle les pompiers une fois son forfait accompli pour que le feu ne se propage pas aux immeubles environnants. C’est le commissaire français Engelbert Lange flanqué de l’inspecteur Goujon qui est chargé de l’enquête. Mais il découvre rapidement qu’il est surveillé par Jager un officier de la Gestapo. En effet, ce n’est pas une première: quelques jours auparavant, les bobines d’un autre film allemand « président Krüger » ont été incendiées au Louxor. Pour les allemands, il s’agit donc d’un acte terroriste ! Le supérieur de Lange souhaite favoriser une étroite collaboration entre la Gestapo et la police française mais Engelbert et Goujon ne l’entendent pas de cette oreille et veulent mener leur enquête à leur manière. Elle les amènera à une boîte de transformistes « aux gars de Paname » mais également à la société de production Continental gérée par le mystérieux Alfred Greven. Ils doivent aussi élucider dans le même temps le meurtre d’une jeune figurante, maîtresse d’un haut gradé nazi tandis que Lange voit arriver dans son immeuble une nouvelle voisine Clotilde ….

    Il était une fois en France…

    Le 9 eme art a fait du temps de l’Occupation une de ses périodes de prédilection. Qu’il s’agisse du tandem Christin-Goetzinger dans « La Diva et le Kriegspiel » ou de celui de Noury et Vallée pour l’histoire du collaborateur Joseph Joanovici dans la série « Il était une fois en France », du premier tome d’ « Opération, vent printanier » de Wachs et Richelle ou du diptyque de Jean-Pierre Gibrat « le Vol du Corbeau », maints albums nous content le Paris de l’Occupation.

    Mais, à l’exception peut-être de « Dolor » de Catel et Bocquet qui évoque le triste devenir de l’actrice Mireille Balin, icone du cinéma d’avant-guerre brisée au moment de l’épuration pour avoir été amoureuse d’un officier allemand, aucun d’eux ne s’était intéressé au 7eme art dans cette période. Laurent Galandon, qui fut dans une autre vie exploitant de salle de cinéma et demeure un cinéphile invétéré, répare cet oubli. Il avait déjà magistralement rendu hommage au cinéma muet dans le diptyque « La Parole du muet » réalisé avec Frédéric Blier.

    Ici, il nous dépeint de façon extrêmement documentée le monde du cinéma français sous l’Occupation. D’’emblée le titre de l’album est un clin d’œil à l’un des fleurons de la production de la société Continental : c’est également le titre d’un film de Henri Decoin avec Danielle Darrieux en tête d’affiche. Une grande partie de l’intrigue tourne en effet autour de cette société dirigée par le mystérieux Alfred Greven qui employa la fine fleur des comédiens français de l’époque (Suzy Delair, Danielle Darrieux, Harry Baur, Pierre Fresnay tous présents en caméos dans l’abum) et qui voulait élaborer non pas de simples films de propagande mais concurrencer le cinéma américain qui n’avait plus le droit de cité dans les pays occupés et créer ainsi une manne de revenus pour le Reich.

    C’est l’occasion pour Galandon de rappeler que certains grands cinéastes, tels Clouzot, ont éclos à cette époque (on assiste sur plusieurs planches au tournage de « L’assassin habite au 21 ») mais également que certains acteurs très populaires se sont largement compromis avec L’occupant : on aperçoit ainsi Fernandel à la table d’officiers allemands ou encore Tino Rossi riant complaisamment devant une attitude déplacée d’un officier nazi or, ces louches fréquentations seront mystérieusement gommées à la Libération… Il rappelle aussi les conditions de production difficiles en cette période de pénurie lorsqu’il fait dire à Clouzot qu’il ne peut s’autoriser qu’une seule prise car les mètres de pellicule sont comptés.

    Le crime de Monsieur Lange

    Tous ces détails ne sont pas artificiellement amenés mais font partie intégrante de l’intrigue : ainsi les renseignements sur la Continental sont donnés par la nouvelle voisine du commissaire, Clotilde, qui travaille à la cinémathèque ; Lange doit se rendre sur le tournage de Clouzot car il enquête sur le meurtre d’une aspirante actrice qui devait y être figurante et qui, en attendant son heure de gloire, était la maîtresse d’un officier directeur du Referat Film (service cinéma du ministère de la propagande) ce qui permet au scénariste d’opposer de façon très fine les deux conceptions du cinéma qu’ont Goebbels et Greven. Pour nouer davantage les intrigues entre elles, le commissaire Lange est même « repéré » par Greven qui veut en faire la star de son nouveau projet « Mam’zelle Bonaparte » un film historique (on notera d’ailleurs que c’est là que se situe la seule petite erreur de l’album qui mélange les deux empires). Enfin, le policier est accompagné dans ses pérégrinations d’une mystérieuse jeune femme dessinée en noir et blanc, Madeleine, un fantôme très bavard, coiffé à la Louise Brooks et portant des habits des années folles. Friande des revues de cinéma « Vedettes » ou « Ciné-Mondial », elle commente tout ce qu’elle voit à chaque incursion de Lange dans ce microcosme ce qui permet au lecteur d’identifier toutes les stars de l’époque et pimente l’intrigue aussi puisqu’on ne sait pas pour l’heure quels sont les liens réels de Madeleine avec le héros et quels traumatismes sont à l’origine de ses hallucinations. Les personnages principaux cachent tous de secrets : à Lange et son fantôme répondent la double vie de l’inspecteur Goujon, les liens unissant Clotilde à la petite Elisabeth qui l’accompagne et les motivations de Greven et de son éclairagiste. Petit à petit des intrigues apparemment étrangères se rejoignent et s’imbriquent entre elles et l’album est un véritable « page turner »!

    A la maestria du scénario répond la qualité du dessin : on trouvera dans le traitement semi-réaliste des personnages d’Alicia Grande dont ce sont les débuts en bande dessinée (mais elle a tout d’une grande !) des réminiscences de Jordi Lafebre. On admirera la grande attention prêtée aux décors et la minutie de la reconstitution historique ainsi que la très belle mise en lumière. Les cadrages sont plutôt classiques mais efficaces et cela sied bien à l’histoire. Lorsque les planches s’émancipent du gaufrier pour donner de grandes vignettes comme à la première et à la dernière page, elles sont vraiment très belles et on espère en voir davantage de ce type dans le deuxième opus. On saluera enfin la magnifique mise en couleurs d’Elvire de Cock qui permet de bien définir les différentes ambiances. Pour ajouter encore un peu plus à notre plaisir de lecture, on ajoutera que le deuxième tome du diptyque (« dernière séance ») est déjà bouclé et que nous n’aurons pas à subir une longue attente puisque la suite des aventures de Monsieur Lange paraîtra fin avril !

    Un très bel album à la fois historique, policier et fantastique saupoudré d’une dose de romance : prenez votre billet sans hésiter pour ce « premier rendez-vous » avant « la dernière séance » !