Cher lecteur de BDGest

Vous utilisez « Adblock » ou un autre logiciel qui bloque les zones publicitaires. Ces emplacements publicitaires sont une source de revenus indispensable à l'activité de notre site.

Depuis la création des site bdgest.com et bedetheque.com, nous nous sommes fait une règle de refuser tous les formats publicitaires dits "intrusifs". Notre conviction est qu'une publicité de qualité et bien intégrée dans le design du site sera beaucoup mieux perçue par nos visiteurs.

Pour continuer à apprécier notre contenu tout en gardant une bonne expérience de lecture, nous vous proposons soit :


  • de validez dans votre logiciel Adblock votre acceptation de la visibilité des publicités sur nos sites.
    Depuis la barre des modules vous pouvez désactiver AdBlock pour les domaine "bdgest.com" et "bedetheque.com".

  • d'acquérir une licence BDGest.
    En plus de vous permettre l'accès au logiciel BDGest Online pour gérer votre collection de bande dessinées, cette licence vous permet de naviguer sur le site sans aucune publicité.


Merci pour votre compréhension et soutien,
L'équipe BDGest
Titre Fenetre
Contenu Fenetre
Connexion
  • Se souvenir de moi
J'ai oublié mon mot de passe
Toute la bande dessinée

Dracula (Bess) Dracula

21/10/2019 4136 visiteurs 8.0/10 (4 notes)

D racula est né de l’imagination de Bram Stoker… en 1897. Depuis, le cinéma s’est largement emparé de la singularité d’un personnage qui cristallise les peurs ancestrales lovées dans l’inconscient collectif. Dès lors, pourquoi s’atteler à une adaptation dessinée alors que tant ont été filmées, écrites ou illustrées ? Certainement, le plaisir de transcrire la complexité d’une créature aussi fantasmagorique que charismatique, d’un mythe à la fois monstre sanguinaire et victime expiatoire.

L’ancien compagnon de route de Jodorowsky n’est pas un néophyte en matière puisqu’il s’est fait les dents sur le sujet avec sa trilogie du Vampire de Bénarès. Mais des Carpates encore moyenâgeux à une Angleterre toute victorienne, l’ambition est ici différente. Alliant puissance des encrages et précision dans les envolées gothiques, comme la souplesse et la douceur dans les transports romantiques, la main de celui qui en un temps se définissait comme un mercenaire du 9e art maîtrise parfaitement sa technique et les différents registres émotionnels. Tour à tour dense ou texturé, mais toujours noir, telle la nuit et l’âme damnée qui la hante, le graphisme de Georges Bess se joue, en d’esthétiques constructions, des pleins et des vides pour distiller angoisse et peur. La beauté du trait est ici un piège, car elle fait oublier la noirceur des desseins de cette émanation du Mal en transcendant le rapport à la mort, au sexe, à l’amour qui lie, sur un mode subliminal, le bourreau à ses victimes.

Éternelle source de fascination, Dracula séduit et l’album de Georges Bess, sur une variation de l’œuvre originelle, en perpétue superbement le maléfique magnétisme.

Par S. Salin
Moyenne des chroniqueurs
8.0

Informations sur l'album

Dracula (Bess)
Dracula

  • Currently 4.71/10
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6

Note: 4.7/5 (7 votes)

Poster un avis sur cet album

Votre note :
Vous devez être connecté pour poster un avis sur le site.

L'avis des visiteurs

    Yovo Le 03/11/2019 à 11:08:44

    200 pages d’une beauté hypnotisante qui témoignent de la maitrise absolue du noir & blanc de Georges Bess. Il est aussi à l’aise dans les traits des personnages, des créatures, des paysages et des décors que dans les ambiances, les mouvements ou les perspectives. Et comme si ça ne suffisait pas, il rajoute encore des éléments graphiques (crânes, ailes de chauve-souris, entrelacs de lignes …) pour renforcer l’élégance gothique de l’ensemble. Visuellement, il s’agit donc pour moi d’une œuvre de génie. Chapeau bas M. Bess !

    Le scenario, lui, respecte le plus fidèlement possible le roman culte de Bram Stocker.

    L’un dans l’autre, on a donc ici l’adaptation ultime et indépassable de « Dracula ». Un album qui pourrait bien devenir mythique lui aussi, tant il est au-dessus du lot.

    N’ayant pas lu l’édition classique, je précise que cet avis ne vaut que pour l’édition Prestige grand format, un album indispensable en tous points exceptionnel (mais sans perdre de vue qu’il ne s’agit que d’une adaptation, ne pas en attendre autre chose…).

    philjimmy Le 01/11/2019 à 14:19:55

    Qui ne connait pas Dracula !!! Tellement exploité et surexploité, que ce soit au cinéma ou en Bd.
    Mais pour ceux qui ont lu le roman de Bram Stoker, il n'y avait qu'une seule version bd qui était fidèle à l'œuvre originale, celle de Fernando Fernandez.
    En voici maintenant une deuxième. Là ou Fernandez ramassait son récit sur 86 planches en couleurs, Bess le fait en 200 planches en noir et blanc.
    La même trame pour les deux, les mêmes passages récitatifs '' coupés au montage'', la même précision dans les expressions des personnages.
    La différence est dans la composition. Ici, une sublime maitrise des noirs et une prise de liberté totale, hors des classiques, dans l'agencement des cases et/ou des non cases.
    Ce qui faisait une très bonne Bd chez Fernandez donne ici un Chef d'Œuvre. Et dans le format prestige, qui respecte le format original du dessin, on a en plus droit à un très bel objet.
    A ne pas manquer.

    Salurem Le 30/10/2019 à 14:17:42

    Pour ma part, je suis totalement conquis. Enfin le Dracula en BD que j’attendais. La mise en scène de G. Bess respecte l’essence du roman de B. Stoker que je recommande de découvrir ou redécouvrir dans sa version « Pléiade » de Gallimard, sortie également cette année (décidément Dracula gagne ses lettres de noblesse en 2019...).
    D’autres l’ont certes déjà fait avec des aménagements plus ou moins heureux.
    L’intérêt de cette version est (toujours amha...) dans la magnifique retranscription en dessins de G. Bess. Etant un fan de son coup de crayon, mon avis est totalement partial, je l’avoue ! Ses planches en N&B sont magnifiques et imprégnées de l'âme du roman . Je rejoins l’avis de bd.otaku, l'édition luxe est incontournable pour profiter d’un format d’origine très épuré (absence des fonds décoratifs de la version normale).
    Au niveau de la réalisation par Glénat, j’ai été agréablement surpris par la couverture de cette version luxe qui s’avère très réussie. Savant mélange d’encres dorées, bronze et noires, satinées, brillantes et mattes, quasiment impossibles à restituer en photo. Elle mérite bien l'appellation Luxe, avec cette touche un peu rétro façon « Voyages extraordinaires » de Hetzel. L'intérieur n’est pas en reste avec des pages plutôt satinées que brillantes mettant parfaitement en valeur les planches en N&B de l’artiste.
    Au final, je mettrai 5/5 à l'édition Luxe et 4,5/5 à l'édition normale pour le format.

    bd.otaku Le 28/10/2019 à 10:01:54

    Jonathan Harker jeune clerc de notaire anglais est envoyé par son patron au fin fonde l’Europe dans les Carpates pour y finaliser une vente de propriétés londoniennes. Il laisse derrière lui sa jeune fiancée Mina Murray qui l’attend chez son amie Lucy qui, courtisée par trois prétendants, vient d’accepter la demande en mariage de l’un d’eux : Arthur Holmwood. Jonathan arrive au terme de son périple mais la population locale lui déconseille d’aller au château du comte Dracula réputé maudit. Le jeune homme s’y rend tout de même et fait connaissance avec son mystérieux client. Il comprend très vite qu’il est piégé dans l’antre du comte quasi en ruine à fleur de précipice et découvre la vraie nature de son hôte. Dracula prépare son départ pour Londres en laissant Jonathan aux mains de ses concubines Au même moment Lucy atteinte d’un mal mystérieux dépérit sous les yeux impuissants de son amie et de ses prétendants …

    Tout le monde ou presque connaît le personnage de Dracula et tout particulièrement ses déclinaisons cinématographiques mais beaucoup moins le roman de Bram Stoker (1897) qui est à l’origine du mythe.

    C’est la raison pour laquelle après Mike Mignola, Yves H/Hermann, Sera et Dany dans « sur les traces de Dracula », Françoise-Sylvie Pauly et Pascal Croci pour n’en citer que quelques-uns, Georges Bess s’attaque lui aussi à cette figure : « Tout le monde connaît Dracula mais peu de personnes savent vraiment de quoi il est question exactement. C’est pour cela qu’il fallait le dessiner, l’illustrer ». Il relève donc le défi et aura mis deux ans à réaliser un volumineux album de plus de 200p.

    Alors que Mignola adoptait la vision de Francis Ford Coppola dans laquelle Gary Oldman était un séduisant vampire à la recherche de son amour perdu, Bess revient aux fondamentaux : « Dracula est un conte merveilleux, avec un personnage d’une noirceur totale, un véritable prédateur. Aujourd’hui on en fait quelque chose de sexy. Alors que l’image que j’en ai est plutôt de quelqu’un qui croupit dans une crypte. Murnau a représenté le plus beau vampire selon moi. Mais je ne voulais pas faire le même, je m’en suis détaché pour proposer une nouvelle forme ». Son comte des Carpates redevient donc bien un monstre, une créature maléfique et sanguinaire repoussante. Bess pousse également la fidélité jusqu’à recréer la forme originelle de l’œuvre : il s’agissait d’un roman épistolaire polyphonique : on y trouvait des extraits du journal de Jonathan Harker, des lettres, des journaux de Jonathan Harker, de Mina, de Van Helsing et du docteur Seward, du journal de bord du Déméter, de correspondances commerciales, de lettres échangées entre les protagonistes et de coupures de journaux. Toutes ces voix (parfois enchâssées) créaient une narration multiforme et énigmatique : le lecteur devait faire le lien entre des histoires apparemment juxtaposées et finalement mener l’enquête pour reconstituer le puzzle de l’histoire. Mais si Bess conserve des narrateurs multiples et des ruptures de constructions, contrairement à Guido Crepax qui dans son « Dracula » gardait une narration si complexe qu’elle en devenait confuse, il simplifie tout de même pour rendre lisible son récit en élaguant les récitatifs et le nombre de chapitres (16 au lieu de 27).

    « Le romantisme noir » de l’œuvre est superbement recrée dans des planches en noir et blanc expressives à mi-chemin entre illustration (nombre de pleines pages voire de doubles pages ainsi que des encadrements pour marquer les ouvertures de chapitres) et bande dessinée. La mise en page est extrêmement innovante mariant les inserts, les superpositions, les « débordements »de case, la transformation des cases traditionnelles en sorte de nébuleuses dans les passages consacrés à l’aliéné Reinfeld et les changements de trames de fond (avec parfois des incrustations de photos). Chaque page est à couper le souffle dans ses contrastes, ses cadrages, ses effets de mouvements et la prolifération de détails. Enfin on notera des clins d’œil à l’iconographie romantique : les eaux fortes d’Hugo, les palais de Gustave Moreau, le « paysage montagneux : ruine dans une gorge » de Lessing ou « Le rivage avec la lune cachée dans les nuages » de Friedrich.

    Pour profiter pleinement de cette œuvre magnifique je vous conseille d’ailleurs vivement d’acquérir l’édition de luxe (à prix très raisonnable). Elle est somptueuse et reprend le format des planches originales.

    RoRk41 Le 27/10/2019 à 21:00:10

    Quelle maitrise du noir et blanc!
    Merci monsieur Bess - j'ai passé plusieurs heures à dévorer (sang jeu de mots) vos dessins et mises en page qui portent magnifiquement la noirceur du scénario.

    laurent5610 Le 25/10/2019 à 12:02:10

    Quel choc !!!! WAOUH !!!! Je ne dirai rien de plus que "vous aimez la BD ? Courrez le lire, vite, avant que le soleil ne se couche !!!!! !!!!!!"