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Toute la bande dessinée

Le château des Animaux 1. Miss Bengalore

16/09/2019 5599 visiteurs 7.8/10 (4 notes)

Q uand le chat n'est pas là, les souris dansent. Les hommes ont quitté les lieux, ce château jadis remisé en ferme. Depuis ce temps-là, les bêtes ont adopté leur place, leurs règles, leurs lois et… leurs travers. C'est ainsi qu'en ce triste jour, AdélaÏde va être punie de mort par la vindicte du président Sylvio. Accusée d'avoir soustrait au bien commun - qui vole un œuf… - , la poule va être déchiquetée par les mâchoires d'une meute de bourreaux sans pitié. Miss B. assiste à ce massacre, résignée depuis la mort de son mari à subir le joug de cette prétendue République qui ressemble davantage à une dictature. Bientôt, la foule gronde et se révolte ouvertement : griffes contre canines, becs contre babines. Mais il faudra plus qu'une vague pour renverser l'indétrônable, pourtant, la houle a commencé son travail de sape.

Faisant ouvertement référence à l'une des œuvres majeures de Georges Orwell, Xavier Dorison (Long John Silver, Les sentinelles, Aristophania) propose sa propre fable animalière dans ce Château des animaux. Avec une parution parallèle sous forme de gazettes, ce tome 1 pose de solides jalons pour ce microcosme qui se veut l'expression d’événements ayant régulièrement marqués l'Histoire de l'humanité sous la forme de l'oppression du plus faible par le plus fort. Si le fil conducteur reste classique en utilisant l'opposition des grandes valeurs universelles aux plus vils sentiments, le traitement des personnages, associé au rythme bien orchestré et une petite dose de mystère (l'espèce humaine joue tout de même un certain rôle), font que cette histoire tient en haleine de bout en bout. La délicate et courageuse Miss Bengalore, le taureau tyran, ainsi que les différentes créatures qui les entourent, émeuvent ou révoltent, chaque membre du bestiaire possédant une belle caractérisation et une réelle épaisseur. Le scénariste ne cherche pas à adoucir son propos, il n'hésite pas à exposer la violence de manière crue quand cela se révèle nécessaire. Quelques notes d'humour et de légèreté parsèment le récit, allégeant la lourdeur du sujet, sans toutefois l'édulcorer ; c'est là une preuve supplémentaire de la qualité du scénario.

Il faut avouer que pour sa première bande dessinée, Félix Delep force l'admiration. Un sans-faute pour ce jeune dessinateur avec ses illustrations de toute beauté : un bestiaire caricatural expressif et dynamique s'anime dans un découpage travaillé et une mise en scène étudiée avec sérieux. Ça sent presque le musc par ici. Deux coloristes créent les ambiances, avec des tons naturels et doux qui provoquent une immersion totale.

«Rendre visible l'injustice, faire cesser la peur», cette exhortation du petit peuple suffira t-elle à renverser le matador ? Ce duo d'auteurs talentueux attaque cette rentrée de manière très efficace. Série prévue en quatre épisodes.

Par L. Moeneclaey
Moyenne des chroniqueurs
7.8

Informations sur l'album

Le château des Animaux
1. Miss Bengalore

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Note: 4.8/5 (28 votes)

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L'avis des visiteurs

    judoc Le 29/09/2019 à 15:58:55

    Attention, chef d’œuvre en approche !

    Une adaptation (ou peut-être une suite) d'un roman (La ferme des animaux) d'un certain George Orwell datant de 1945.

    Peu importe en fait, puisque l'histoire est passionnante et accompagnée d'un dessin absolument somptueux. Ce qui fait de cette introduction l'une des attractions de l'année en BD de mon point de vu.

    Sur fond de servitude où la liberté se paie une nouvelle fois au comptant, le scénario n'épargne rien aux protagonistes de cette sinistre fable qui vont devoir s'unir et faire preuve d'imagination et de courage pour inverser l'ordre des choses.

    Dure, poignante et enivrante, l'histoire et le dessin de cet album interdisent de le laisser dans les bacs.

    Lecture indispensable !

    laurent5610 Le 26/09/2019 à 12:38:36

    Je me fatigue rarement à mettre un avis pour une bande dessinée. Mais là j'y suis obligé ! Précipitez-vous ! Il s'agit d'un chef-d'œuvre, il ne faut pas passer à travers. Je ne rentre dans aucun détail que ce soit couleur, graphisme, scénario, maquette,… Une grande grande grande réussite, bravo aux auteurs.

    yaneque.t Le 24/09/2019 à 23:54:45

    Mon Bdealer m'avait dit qu'il était passé au travers ! Et je lui avais répondu texto: «t’inquiètes, tu verras, c'est une énième bd animalière ; certes ; mais remarquable… ». Maintenant qu'il l’a sous les yeux, je m’explique :
    Bon, on avait déjà remarqué Xavier Dorison avec "undertaker" (Western avec Ralph Mayer) et "Long John Sylver"(Pirate avec Mathieu Lauffray) et puis on s’est fait attraper par "Aristophania" (fantaisie avec Joel Parnotte) dont le deuxième tome sera en boutique à la fin du mois d'octobre...
    Mais revoilà notre bonhomme qui se pointe, l’air de rien, avec Felix Delep au pencyl pour nous adapter la fameuse fable politique d’Orwell ; à sa sauce :
    Les cochons de l’œuvre inspiratrice ont laissé la place à Sylvio le taureau totalitaire. Il est ici aussi secondé par sa milice de chiens cruels et féroces. Et puis on découvre Miss Bengalore, une chatte aussi blanche que le bovin est noir. Elle est accompagnée de César : le gigolo de ces dames -un lapin, donc- et Azelar : le rat Gandhi … La galerie de la ferme originelle c’est donc étoffée, et c’est tant mieux parce que pour le coup, voilà un « petit nouveau » dessinateur plus que remarquable dans le registre animalier. « Je me suis inspiré de la grande Claire Wendling » nous dit-il ! Sans doute !, mais pas seulement : car en sus de ses illustrations expressives, les décors, les cadrages ou la mise en scène, tout nous laisse entrevoir un grand et brillant avenir à cet illustrateur, Felix Delep pour le plaisir de le nommer une nouvelle fois.
    Un grand WAOU donc.

    kurdy1207 Le 24/09/2019 à 14:38:02

    Les dessins de Félix Delep sont somptueux, tout spécialement les têtes des animaux expressives au possible. J’ai pris un grand plaisir à feuilleter encore et encore ce premier tome une fois sa première lecture terminée. Un petit bijou graphique où même la grandeur de la police s’harmonise parfaitement avec l’action (parfois elle est un peu petite).

    La condition humaine est très bien résumée dans ce premier volume où l’on retrouve un Xavier Dorison au mieux de sa forme. Les pires sentiments s’expriment et chacun cherche sa place dans cette dictature, mise en place par le taureau Silvio, dont une bande de chiens, sorte de milice, se sent la dépositaire. Le courage, la lâcheté, le mépris, la fourberie, l’entraide, la dérision et je ne sais encore combien de sentiments s’expriment au fil des pages.

    Impossible de s’empêcher de penser aux grands dictateurs comme Adolf Hitler, Joseph Staline, Antonio Pinochet, François Duvalier, Idi Amin Dada ou encore Jean-Bédel Bokassa qui utilisèrent les différentes ficelles mises en exergue dans « Le château des animaux ». Asseoir son autorité en utilisant la crédulité et la peur des foules en promettant la sécurité et le bien-être, chaque démocratie a au fond-elle cette gangrène qui la ronge. En croyant se débarrasser d’un mal, dans cette BD les hommes, on s’en crée un autre pire encore.

    C’est drôle comme la certitude de posséder la vérité et de vouloir imposer ses idées, sans essayer de comprendre l’autre, nous fracassent contre des murs d’absurdité. Ce n’est pas un homme, ou ici un taureau, qui bâtit une dictature, il s’agit d’une oeuvre collective.

    Je n’ai aucun scrupule à élever cette BD à la hauteur de chef d’œuvre et je suis certain que George Orwell approuverait de vive voix s’il était encore parmi nous.

    Yovo Le 23/09/2019 à 19:03:53

    "Le château des animaux" est atypique et visuellement magnifique.
    Atypique car il s’agit d’une fable pour adultes mettant en scène de simples animaux de ferme. Un monde étrange dans lequel les humains existent mais sont – quasiment – absents.
    Les animaux sont bien caractérisés sans être anthropomorphes. C’est un parti pris plutôt original des auteurs. La plupart des personnages conservent donc leur apparence animale, sans habits, ni mains ou autres accessoires. En fonction des situations, ils peuvent néanmoins marcher debout ou tenir des objets dans leurs pattes. C’est étonnant mais ça fonctionne.

    Côté graphisme c’est absolument superbe. Visages, ambiances et décors sont expressifs, détaillés et l’usage de la caricature est parfaitement dosé. Félix Delep, dont c’est la 1° œuvre, frappe fort et coche toutes les cases d’un futur grand de la BD !

    Dans ce tome d’introduction l’intrigue est encore peu développée. Tous ces animaux sans défense, confinés dans l’enceinte d’un château abandonné, survivent sous le joug d’un taureau despotique et de sa milice de chiens aux ordres. Tyrannisés, impuissants, exploités, ils vont amorcer une tentative de libération…
    Le récit de Xavier Dorison est solidement mis en place grâce à une écriture intelligente et soignée.
    Bref, c’est très très bien parti pour la série !