Cher lecteur de BDGest

Vous utilisez « Adblock » ou un autre logiciel qui bloque les zones publicitaires. Ces emplacements publicitaires sont une source de revenus indispensable à l'activité de notre site.

Depuis la création des site bdgest.com et bedetheque.com, nous nous sommes fait une règle de refuser tous les formats publicitaires dits "intrusifs". Notre conviction est qu'une publicité de qualité et bien intégrée dans le design du site sera beaucoup mieux perçue par nos visiteurs.

Pour continuer à apprécier notre contenu tout en gardant une bonne expérience de lecture, nous vous proposons soit :


  • de validez dans votre logiciel Adblock votre acceptation de la visibilité des publicités sur nos sites.
    Depuis la barre des modules vous pouvez désactiver AdBlock pour les domaine "bdgest.com" et "bedetheque.com".

  • d'acquérir une licence BDGest.
    En plus de vous permettre l'accès au logiciel BDGest Online pour gérer votre collection de bande dessinées, cette licence vous permet de naviguer sur le site sans aucune publicité.


Merci pour votre compréhension et soutien,
L'équipe BDGest
Titre Fenetre
Contenu Fenetre
Connexion
  • Se souvenir de moi
J'ai oublié mon mot de passe
Toute la bande dessinée

Chez Adolf 1. 1933

01/07/2019 939 visiteurs 6.0/10 (1 note)

30 janvier 1933, le bar du rez-de-chaussée change son enseigne en hommage au prénom du patron, mais surtout du nouvel élu, tandis que le professeur Karl Stieg commence son nouveau journal. Peu à peu, il constate l'évolution de ses contemporains, les portraits qui fleurissent, le "Heil" qui remplace les "Bonjour/Au revoir", les uniformes para-militaires qui se multiplient en classe, les sous-entendus menaçants de sa hiérarchie sur son non-engagement. Il refuse de se mêler des affaires publiques, mais celles-ci finissent par le rattraper.

Est-ce qu'il est encore possible de raconter quelque chose d’intéressant sur le nazisme ? Entre les témoignages directs de la période, les souvenirs, les reconstitutions, le point de vue des combattants, des victimes, des résistants, des partisans du régime, depuis des décennies, il y a comme une saturation sur le sujet. Chez Adolf prend le parti de la vie quotidienne, selon une trame similaire à celle des romans de Ilse Koehn (Mon enfance en Allemagne nazie) et de Hans Peter Richter(J'avais deux camarades ). L'originalité vient du choix du protagoniste, un quadragénaire ni-ni, un tiède, qui refuse de prendre position, que ce soit dans sa vie privée - il hésite entre deux femmes sans s'engager - comme en politique où il va naviguer entre résistance, indignation, déni et complicité. Et Karl Stieg devient la parabole des masses passives, qui laissent faire, uniquement préoccupées de leur propre confort et qui s'adaptent au mouvement du moment que ce dernier n'est pas trop perturbé. Un personnage réaliste, ni héros, ni salaud qui répond à cette question que l'homme actuel, bien confortablement installé dans son nid douillet démocrate, pose avec arrogance au passé : Et moi, qu'aurais-je fait en 33 ?

Au dessin, Ramón Marcos offre une ligne claire rétro en accord avec l'époque. Une ambiance légère, guillerette, dans une petite ville fleurie, des visages affables et rigolards. L'aspect est en quelque sorte festif - car 1933 est une fête - accentué par une colorisation printanière faite de tons chauds qui peuvent présager, comme sur la couverture, un futur embrasement.

Au-delà de la chronique, en proposant un début de réflexion dérangeante sur la passivité, ce premier tome qui remplit son office et invite à attendre l'issue.

Par M. Leroy
Moyenne des chroniqueurs
6.0

Informations sur l'album

Chez Adolf
1. 1933

  • Currently 4.00/10
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6

Note: 4.0/5 (2 votes)

Poster un avis sur cet album

Votre note :
Vous devez être connecté pour poster un avis sur le site.

L'avis des visiteurs

    kurdy1207 Le 25/06/2019 à 08:43:33

    La montée du Nazisme comme tourmente qui emporte tout le monde. Où quand un monde se délite et que la solution semble être dans un retour de l’ordre. Et cet ordre est porté par Adolf Hitler et ses sbires. Les braves gens se laissent emporter par une vague de haine qui ne cesse de croître. Cela commence par un surcroit de discipline pour se muer en supériorité ethnique où chacun veut faire partie de la race supérieure en acceptant les pires aberrations. Ce n’est pas une histoire d’hier que l’on regarde en se disant : « heureusement c’est fini ! ». Non, ce n’est jamais fini comme le démontrent si bien les romans de Todd Strasser « La vague » et de Timus Vermes « Il est de retour ».

    Tout commence par le changement de nom du bar, en bas d’un immeuble, que le patron décide de renommer « Chez Adolf » lorsque Hitler devient chancelier. Il invite locataires et propriétaires à venir fêter cela. Quelques résidents juifs sont même de la partie ne pouvant imaginer l’horrible futur qui se prépare. Le professeur Karl Stieg réside lui aussi dans l’immeuble. Et c’est à travers ses doutes et ses hésitations que nous tournons les pages et avançons dans l’histoire jusqu’à l’autodafé et la destruction de tous les livres allant contre le nouvel esprit allemand.

    Je suis curieux de connaître dans les albums suivants le chemin que prendra le professeur. Celui-ci semble censé mais quand la vague surgit, il est difficile de lui échapper car elle déverse aussi son écume de peur pour rappeler qu’une vague encore plus grande peut survenir. Comme dans le livre de Kathrine Kressmann Taylor « Inconnu à cette adresse » où rien ne laissait présager que deux très bons amis allaient se haïr jusqu’à un point de non-retour, nous pressentons que les esprits commencent à se modifier.

    Heureusement que le ressac peut transporter les foules dans un sens différent. Rodolphe nous offre un scénario, qui sans être d’une très grande originalité, à l’extrême mérite d’exister pour rappeler sans cesse qu’il nous faut être vigilent et ne pas laisser la bêtise, entremetteuse de la haine, ruiner la paix et la liberté. Le graphisme de Ramon Marcos est efficace et sert admirablement la petite et la grande histoire.