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Bootblack 1. Tome 1

13/06/2019 2464 visiteurs 6.0/10 (1 note)

1945, des berges de L’East river au front allemand, il y a un océan. Toutefois, est-ce assez pour fuir la haine de Maggie ?

Après avoir tutoyé la skyline naissante de Manhattan, Mikaël arpente désormais les trottoirs de New-York avec les bootblacks qui, pour 10 cents, lustrent les chaussures des col-blancs de Wall Street.

Toujours attaché à ceux qui firent l’Amérique au quotidien et à l’urbanité new-yorkaise, le dessinateur franco-canadien raconte, dans ce nouveau diptyque, la vie d’Al Chrysler, fils de migrants germaniques, qui rêve d’emmener miss Beauford à Coney Island et, pourquoi pas, au-delà. Cependant, la roue de la fortune est capricieuse et l’argent ne tombe pas du ciel, surtout pour ceux qui dorment à la belle étoile. Sur un gris-vert quand il est question d’Europe et des teintes brunes lorsqu’il s’agit de décrire la mégapole de la côte Est, Bootblack dépeint avec lucidité, mais sans montrer ce que la misère peut produire de pire, cette frange de l’Amérique laborieuse qui à défaut de s’enrichir, s’essaye à se reconstruire une identité, un avenir. Facétie de l’Histoire, ignorés par l’Oncle Sam, nombre de ces fils d’émigrés porteront les couleurs de la bannière étoilée pour revenir libérer du nazisme le continent de leurs pères.

Ce premier volet reste dans la lignée de Giant et donne ainsi aux derniers albums de Mikaël des airs de fresque sociale, à l’image - toute proportion gardée - des naturalistes du XIXe.

Par S. Salin
Moyenne des chroniqueurs
6.0

Informations sur l'album

Bootblack
1. Tome 1

  • Currently 3.80/10
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6

Note: 3.8/5 (10 votes)

  • Mikaël
  • Mikaël
  • 06/2019 (Parution le 07/06/2019)
  • Dargaud
  • 978-2-505-07257-7
  • 54

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L'avis des visiteurs

    Shaddam4 Le 30/10/2019 à 11:22:18

    Contrairement au précédent double album de l'auteur, la référence assumée de Bootblack est Il était une fois en Amérique de Sergio Leone. Sacré monument qui a dû faire douter un moment Mikaël tant il est risqué de s'émanciper d'une telle mythologie. Pourtant l'auteur parvient à installer un univers visuel, une atmosphère très particulière où l'expérience acquise sur Giant joue très certainement: j'étais un peu resté sur ma faim à la lecture de ce dernier dont l'histoire m'avait paru finalement un peu faible au regard des ambitions affichées et de la portée historique, quasi documentaire qu'affichait la référence à la photo si réputée des ouvriers sur une poutre. Ici il n'en est rien et dès l'ouverture sur le champ de bataille de la seconde guerre mondiale l'on sait que nous aurons droit à une chronique au passé, à une histoire originale. Cela a le double avantage de nous impliquer avec un personnage plus fort que le mystérieux et mutique Giant et de coupler la période avec son personnage. Il est vrai que ces quelques années au sortir de la Prohibition ont une force fascinante, entre l'imagerie de la Grosse pomme avec ses gratte-ciels, ses fumées permanentes et ses communautés européennes en cohabitation, la pègre, les clubs et surtout cette multitude de personnages aux parcours plus ou moins cabossés et qui souhaitent s'en sortir, souvent de façon illégale à une époque où la Loi est souvent celle du plus puissant et du plus corrupteur.[...]

    Lire la suite sur le blog:
    https://etagereimaginaire.wordpress.com/2019/10/29/bootblack1

    thieuthieu79 Le 01/09/2019 à 19:56:25

    Dans la lignée de Giant et dans un contexte identique on retrouve ici de jeunes personnages qui essayent de vivre et survivre dans un New York très dur.
    Histoire toujours très touchante, sincère et prenante (comme souvent avec Mickael).
    Dessin pertinents, couleurs très sombres graphisme volontairement sale et crasseux et ambiance d'insécurité permanente. Bref tout est réfléchi, maitrisé et bien mis en place.
    Il en ressort une histoire passionnante qui retrace la vie du jeune Al Chrysler dont on s'attache très vite et dont on veut connaître la suite des péripéties.

    roquevidal Le 28/08/2019 à 10:54:55

    « Il était une fois en Amérique » revisité par le talentueux Mikael qui, après le somptueux diptyque Giant racontant la construction des gratte-ciels, nous entraine, ici, dans les ruelles tortueuses du New York de la prohibition pour suivre la vie d’un jeune migrant, Al Chrysler. Passionnant.

    Yann35320 Le 10/08/2019 à 15:57:32

    Super album ! Vivement la lecture du tome 2.

    L'ambiance des années 30 est superbement retranscrit par l'auteur , le dessin est juste sublime. Je recommande vivement.

    bd.otaku Le 15/06/2019 à 16:41:00

    En 1945, sur le front en Allemagne, un jeune G.I erre au milieu des corps de ses camarades et se souvient de son enfance new-yorkaise. Fils d’immigrés allemands, le jeune Altenberg s’est brusquement retrouvé orphelin à dix ans, en 1929, quand sa famille a péri dans l’incendie des baraquements du Lower East Side qui leur servaient de logements.
    Pour survivre, il devient« bootblack », cireur de chaussures, dans un pays en pleine dépression. Il grandit en compagnie de Shiny, un autre enfant des rues en admirant sa belle voisine Maggie la fille du fruitier d’à côté qui l’ignore car ils ne sont pas du même monde. Quand, en 1935, les deux garçons font la connaissance d’un jeune pickpocket, Joseph « Diddle » Bazilsky, Al qui se fait désormais appeler Al Chrysler, décide de s’associer avec lui pour sortir du bourbier et conquérir sa belle…

    Après son superbe diptyque "Giant" qui racontait la vie des ouvriers immigrés « célibataires économiques » qui bâtissaient les gratte-ciels new-yorkais dans les années 1930, Mikaël poursuit cette geste avec une seconde histoire en deux volumes. Il ne s’agit pas vraiment d’une suite mais on y trouve des rappels de l’histoire précédente : ainsi, Al et son camarade Shiny apparaissaient en figurants dans le tome 2 de "Giant" et indiquaient au mafieux Frankie et à son homme de main Vito où se trouvaient leurs protégées et l’on retrouve également le duo de malfrats dans ce nouvel ouvrage ; de même l’un des migrants de "Giant" racontait l’histoire du petit garçon devenu muet après avoir assisté à la mort de sa mère renversée par un tramway et ce petit garçon, William alias Buster, occupe une place clé dans ce 1er tome de "Bootblack" puisqu’il fait partie de la bande des « loups de l’East river » que dirige Al.
    Mais, là où "Giant" s’appuyait sur une photo célèbre « Lunch at top of a skyscraper », allant jusqu’à en retracer la genèse imaginaire avec le personnage de la photographe, "Bootblack" s’ancre davantage dans notre imaginaire collectif et notre représentation des années 30 et de la grande pomme façonnée par des références plus cinématographiques. On retrouve ici, en effet des clins d’œil à "Des hommes sans loi" de John Hillcoat mais surtout à l’épopée de Sergio Leone "Il était une fois en Amérique" : le voisin des parents d’Alterberg s’appelle Bercovicz comme le personnage de Max dans le film, les adolescents épient les danseuses du club d’à côté par une fente dans la cloison comme David (De Niro) espionnait Deborah et surtout l’album raconte également la naissance d’une amitié et d’une rivalité amoureuse en se situant au même endroit, le quartier de Fulton Market près de L’East river.
    Mikael utilise enfin, comme le cinéaste, une narration éclatée qui mélange les époques (1945, 1929, 1935) et donne une véritable originalité et son album. En effet, il met ainsi en place une redoutable mécanique narrative. Un peu à la manière du chœur antique au début de "La Machine infernale" de Cocteau, le protagoniste dans le cadre désolé de la guerre, nous avertit dans son récitatif que tout finira mal. Dès lors la tragédie n’a plus qu’à se dérouler sous nos yeux. Ainsi, chaque fois que dans l’adolescence du héros, l’espoir naît et l’optimisme prend le dessus (dans une palette de jaunes mordorés ou de vieux rose dans les pages consacrées à Maggie), on observe un retour au vert de gris et aux fonds blancs de la guerre en 1945. Ces couleurs vertes « contaminent » d’ailleurs les pages-paysages de New-York et en font une vaste prison et un champ de bataille par avance. Dans Giant, on « côtoyait les nuages » et il y avait de nombreuses scènes en intérieur. Ici tout ou presque se passe dehors ; nombre de plans sont à hauteur d’homme ou plutôt à ras de trottoir.
    La magnifique couverture en témoigne d’ailleurs puisqu’on y observe un enfant à genoux, véritable esclave moderne, travaillant pour un salaire de misère (indiqué en gros : 10 cents). Il a le regard baissé, des souliers crottés, évolue dans un environnement insalubre (pot d’échappement, papiers gras, humidité) dans une antithèse parfaite avec l’adulte aux chaussures rutilantes et à la grosse voiture occupé à lire son journal. Le côté écrasant de New-York, « la monstrueuse cité » (p.8) se retrouve dans la contre-plongée sur les immeubles et surtout dans le reflet sur la flaque d’eau : il n’y a aucun horizon au propre comme au figuré.
    Alors que "Giant" se déroulait de façon linéaire et adoptait un rythme lent propice à narrer le quotidien répétitif et désabusés des ouvriers ; celui de "Bootblack" est plus trépidant, plus saccadé à l’image de ces jeunes gens qui veulent croquer la vie et croient encore au rêve américain. Il y a davantage de violence avec l’évocation des gangs et des rivalités ethniques et l’on passe de la chronique sociale du premier opus au thriller. Grâce aux flash-backs et aux ellipses, on est, enfin, souvent dans l’implicite. Le lecteur doit être aux aguets, attentif aux moindres détails et élaborer des hypothèses pour résoudre des énigmes pour l’instant sans réponse : qui est ainsi l’homme mystérieux à la Rolls-Royce qui fait surveiller Al par son chauffeur ? La Margaret des dog tags des scènes d’ouverture et de clôture est-elle la Maggie du héros ?
    On retrouve ainsi dans ce deuxième diptyque de ce qui s’annonce comme « la trilogie new-yorkaise » de Mikael la même signature graphique (les noirs profonds, l’encrage brut et brossé, les magnifiques camaïeus de couleurs et les cadrages cinématographiques) mais ce dernier est davantage abouti que Giant dans sa construction narrative et surtout dans le portrait de personnages moins manichéens et plus fouillés : que ce soient Al, Joe ou encore Maggie tous sont porteurs de secrets et de contradictions.
    Une vraie grande réussite !