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Les passagers du vent 8. Le Sang des cerises - Livre 1 - Rue de l'Abreuvoir

12/11/2018 2614 visiteurs 8.5/10 (2 notes)

K lervi Stephan, adolescente bretonne, arrive à Paris en février 1885. Sur le chemin qui la mène de la gare à Montmartre, où l’attendent ses employeurs, elle croise les obsèques de Jules Vallès, le communard et défenseur intransigeant du peuple. Là, Klervi fait la connaissance de Clara et du docteur Lukaz. Seule, ne parlant pas le français, elle rejoint, pour y être servante, l’adresse qui lui a été donnée, en longeant l’immense chantier du futur Sacré-Cœur. Trois ans plus tard, Clara retrouve Klervi par hasard, la tire des mains d’un souteneur et l’accueille chez elle.

Ainsi commence un récit qui prend pour cadre Montmartre en pleine mutation (la butte est encore couverte de modestes demeures et de petits jardins particuliers), accueillant déjà une foule d’artistes. C’est aussi le développement lent et patient d’une relation entre deux femmes, différentes par leur âge et leurs expériences. Klervi, après une vie étroite dans les champs de Bretagne a brutalement découvert la violence des villes et des hommes ; Clara, quant à elle, laisse percevoir une existence riche d’engagements et de drames, mais qu’elle refuse de livrer.

On ne présente plus François Bourgeon, dont les séries ont marqué les quarante dernières années de l’histoire de la bande dessinée. Les Compagnons du crépuscule illustrent un Moyen-âge fantaisiste et réaliste. Le Cycle de Cyann est un planet opera bien éloigné des préoccupations terrestres. Les Passagers du vent, quant à eux, prennent racine dans le 18è siècle de la traite négrière. Ce premier tome du Temps des cerises en est le huitième volume. Son titre est celui de la célèbre chanson écrite en 1868, qui résonne tout au long de l’ouvrage, portant la tragédie de la Commune, notamment celle de la semaine sanglante de mai 1871.

La scène politique du 19è siècle est une des nombreuses entrées de la nouvelle publication de Bourgeon, non par un discours simpliste et moralisateur, mais par la mise en scène de personnages qui se sont engagés, qui réfléchissent à leurs choix, qui doutent parfois et font éclore, dans la douleur et l’incertitude, leur conscience citoyenne et leur féminisme naissant. C’est aussi la peinture d’une époque où la violence pouvait surgir de nulle part et dans laquelle le crime et la misère, sous toutes leurs formes, pouvaient s'inviter chaque jour.

Le Temps des Cerises est aussi un livre d’histoire, celle de Paris, de ses diverses architectures, monuments d’État ou bâtisses prolétaires, de ses habitants croqués dans leur quotidien et des langues parlées. Celle de Klervi et l’argot de Montmartre sont rendus dans leur exactitude linguistique. Graphiquement, le trait de Bourgeon est inchangé, mêlant précision, réalisme et élégance. La minutie légendaire de l’artiste s’applique aussi bien à l’écriture scénaristique subtile et équilibrée, au découpage inventif, à la construction des personnages qui se dévoilent patiemment qu’à la séduction de l’œil, particulièrement dans des pleines pages irrésistibles.

Ce premier pan du Temps des cerises est à la hauteur de l’œuvre exigeante composée par Bourgeon. Le charme opère dès la première case et emporte le lecteur dans un mélange délicat de culture, d’intelligence et de sensibilité. L’attente a été longue depuis La petite fille Bois-Caïman (2009 et 2010) mais elle est pleinement justifiée.

Par F.Houriez
Moyenne des chroniqueurs
8.5

Informations sur l'album

Les passagers du vent
8. Le Sang des cerises - Livre 1 - Rue de l'Abreuvoir

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L'avis des visiteurs

    GMB Le 06/12/2018 à 22:39:22

    Très décevant, le scénario est mince, l'histoire est lente. C'est plus un étalage de références au communards célèbres que de participation à cette épopée parfois tragique. Il y a un coté et un ton parfois professoral Et la Cerise sur le gâteau , ce sont les aller - retour désagréables avec les dernieres pages pour la traduction du breton et de l'argot. Si ce n'était pas du Bourgeon on n'en parlerai même pas

    hgervasi Le 29/11/2018 à 10:36:38

    Exceptionnelle suite de l'aventure par Mr Bourgeon qui focalise son récit sur la France post commune de 1885, une période mal connue et une grosse tâche dans l'histoire de la 3ème République. J'ai bcp aimé retrouver Zabo, qui se fait désormais appeler Clara, femme aux alentours de la quarantaine qui semble avoir bien bourlingué. Le dessin est juste fantastique, d'une incroyable justesse, avec les détails qu'on aime retrouver dans le coup de crayon de Mr Bourgeon. Un vrai régal !

    Hugui Le 11/11/2018 à 19:09:36

    Toujours du grand art dans chaque dessin, et une histoire humaine ancrée dans la réalité, bref toujours le top de la BD.
    Bourgeon reste mon auteur de référence, avec lui la BD est vraiment de l’art.
    Un grand moment de lecture qui se savoure, ça ne se lit pas en 5mn, et ça se relit pour admirer le travail.
    Une BD à posséder contrairement à beaucoup qui encombrent les étagères une fois la lecture faite.

    yanntodeep Le 29/10/2018 à 10:08:00

    Un bourgeon qui se veut encore plus près r la grande histoire au détriment parfois de l’intrigue. Mais au final content de l’avoir lu

    kingtoof Le 20/10/2018 à 08:01:17

    Magnifique comme toujours !
    Bourgeon sait toujours mettre les femmes en avant, j'adore les deux héroïnes.
    Les dessins sont magnifiques, surtout les expressions des visages.
    Cet album est un véritable cours d'histoire sur le Paris de la fin du XIXème siècle et sur la mise en place de la IIIème République.
    L'auteur nous offre une nouvelle fois un travail d'orfèvre.

    docteur fil Le 19/10/2018 à 15:30:05

    Tout à fait d'accord avec les critiques : c'est du Bourgeon avec ses qualités et ses défauts. Mais l'album est difficile à lire, avec un scénario complexe et peu attachant. On est bien loin des premiers tomes passionnants de cette série.

    Rody Sansei Le 14/10/2018 à 12:27:39

    Les 15 premières pages sont vraiment laborieuses : les passages en bretons traduits uniquement en fin de volume rendent la lecture compliquée (et cela n'apporte en plus strictement rien à l'histoire).
    Un premier tome un peu décevant à mes yeux, même si c'est largement au dessus de la moyenne actuelle de la BD franco-belge.
    L'histoire désole un peu dans le dernier quart du volume, et donne enfin envie d'en connaître un peu plus sur le passé de Zabo.
    Concernant le dessin : les décors sont toujours incroyables, mais les expressions des visages sont souvent ratées (mais c'est une habitude chez l'auteur).

    En bref, le plus pénalisant reste quand même les 3 pages de notes toutes en fin de volume et sans aucune astérisque pour les renvois : on passe son temps à jonglé entre la page de lecture et les notes, sans savoir s'il y a bien une note. Un choix éditorial très douteux, que l'auteur a sans doute imposé (si qui expliquerait les changements d'éditeurs trop nombreux au sein d'une même série).

    bd91130 Le 14/10/2018 à 09:29:55

    Chapeau bas!
    Et pourtant j'y allais avec méfiance, disons même à reculons. A mon petit panthéon personnel de la BD, les passagers du vent sont classés très haut. Alors, tout comme pour l'opus précédent, quand Bourgeon relance la machine, je crains la resucée, le travail commercial, l’œuvre de trop. Mais non, la magie opère encore une fois. Bourgeon n'a pas son pareil pour faire revivre une époque, un lieu, des idées. Et même des langues, après le cajun de Louisiane, voici l'argot parisien. (J'ai failli m'étrangler en lisant dans un avis précédent que le breton n'était pas parlé fin 19ème! Négationnisme?).
    Bourgeon est toujours un grand maniaque de la reconstitution, du détail, de la documentation. Et toujours adepte de ces héroïnes libres, parfois un peu libertines ou libertaires, et dont je le soupçonne d'être un peu amoureux. Et il réussit de plus à garder le lien, même ténu, avec les époques précédentes du récit. Un régal. Vivement le tome 2 !

    TEDDY BULL Le 12/10/2018 à 12:28:42

    Ce livre est totalement illisible: qui a réussi à lire ce mélange de français apprêté à la recherche du bon mot, d'argot, de parler populaire et autres sabirs de corporations, et de langue bretonne (pourtant non parlée à la fin du XIXème siècle)? Et bien sûr pas d'action, mais que de la parlote, un mal qui se répand de plus en plus dans no chères BD. Aucun intérêt -sauf la reconstitution du Montmartre de Lautrec.

    JeanC Le 09/10/2018 à 23:12:04

    C'est fantastique de saluer une telle créativité résiliente d'un auteur de BD, un parigot breton d'adoption, qui réussit encore aujourd'hui à nous étonner avec cette splendide épopée dans les rues de Paris en 1885. Pour pouvoir dessiner le quartier de Montmartre à cette époque, il a même passé plus de 3 mois à peaufiner une maquette en carton dans son atelier près de Quimper. Les textes de la BD, composés d'argot parisien et de breton bigouden, forment un mélange détonnant (avec 2 n svp). Après l'ébauche de ce « ''temps/sang des cerises'' » parue courant 2017 sous la forme d'un journal en NB, la BD qui vient de sortir, toute colorée et pleine de chansons, est splendide.

    Commissaire_Juve Le 08/10/2018 à 21:13:41

    Très décevant. Le scénario s'enlise, tourne en rond, se répète ... on s'ennuie. Et puis la présentation de l'histoire de la commune de Paris est trop manichéenne pour etre meme un peu crédible, c'est dommage. Du coup on accroche pas du tout. 1/5 parce que j'espère un sursaut dans le prochain tome ...