Cher lecteur de BDGest

Vous utilisez « Adblock » ou un autre logiciel qui bloque les zones publicitaires. Ces emplacements publicitaires sont une source de revenus indispensable à l'activité de notre site.

Depuis la création des site bdgest.com et bedetheque.com, nous nous sommes fait une règle de refuser tous les formats publicitaires dits "intrusifs". Notre conviction est qu'une publicité de qualité et bien intégrée dans le design du site sera beaucoup mieux perçue par nos visiteurs.

Pour continuer à apprécier notre contenu tout en gardant une bonne expérience de lecture, nous vous proposons soit :


  • de validez dans votre logiciel Adblock votre acceptation de la visibilité des publicités sur nos sites.
    Depuis la barre des modules vous pouvez désactiver AdBlock pour les domaine "bdgest.com" et "bedetheque.com".

  • d'acquérir une licence BDGest.
    En plus de vous permettre l'accès au logiciel BDGest Online pour gérer votre collection de bande dessinées, cette licence vous permet de naviguer sur le site sans aucune publicité.


Merci pour votre compréhension et soutien,
L'équipe BDGest
Titre Fenetre
Contenu Fenetre
Connexion
  • Se souvenir de moi
J'ai oublié mon mot de passe
Toute la bande dessinée

Malaterre

08/10/2018 3155 visiteurs 8.3/10 (3 notes)

G abriel est un salaud. De ceux que la gouaille et la verve rendent à première vue sympathiques et intéressants et qui, au bout de quelques minutes, heures ou semaines, deviennent franchement antipathiques. Mais Gabriel est un beau salaud...

À la frontière entre fiction et (auto)biographie, Pierre-Henry Gomont propose de suivre la vie de Gabriel Lesaffre en commençant... par sa mort ! Après cette introduction, in ultima res, qui donne le ton de son personnage et de toute son histoire, un retour sur sa vie s'opère. De son enfance, pas vraiment heureuse, à ses années d'études, l'auteur brosse le portait d'un enfant bridé, élevé à la dure par un père violent qui montre plus son autorité que son affectation. En posant ainsi les bases de la psychologie de son (anti-)héros, le scénariste, sans chercher pour autant à excuser sa conduite, donne les premières clés pour comprendre ses actes. il retrace la vie de cet être clairement détestable de manière chronologique en narrant les étapes qui ont jonché son parcours. Le service militaire, la rencontre avec Claudia, sa future femme et mère de ses trois enfants (Mathilde, Simon et Martin), sa disparition puis son retour et son départ professionnel en Afrique.

Le récit est découpé en courts chapitres et use d'un style direct qui crée d'emblée une proximité, qu'il s'appuie sur la voix off et des textes hors cases au verbe soutenu autant que sur des échanges plein de finesse et d'humour. Au fur et à mesure, l'homme au physique de Gainsbourg années 60, apparaît égocentré, menteur, roublard, fêtard et matérialiste, mais pas foncièrement mauvais. Au gré de dialogues savoureux et bien écrits, l'auteur installe une complicité avec son lecteur via souvenirs et situations cocasses. Le trait lâché, très dynamique, accentue la dramaturgie d'un personnage central rocambolesque, avec la mise en avant de son caractère entier voire colérique par moments. Excessif en somme, et transgressant volontiers les convenances, comme pour mieux s'émanciper du carcan bourgeois et coincé dans lequel il a grandi, Gabriel est passionné et passionnant. Lorsqu'il s'investit totalement dans son entreprise, plus rien ne compte. Pourtant, il aime sa descendance, mais tant qu'elle lui est inaccessible. Une fois à ses côtés, il redevient distant et négligeant, comme pour les femmes ou les amis.

Le récit mute dans sa seconde partie, notamment dans son rythme. Le coureur invétéré et père occasionnel se transforme en dirigeant d'entreprise et avec des enfants à plein temps. Il en deviendrait presque touchant malgré ses cabotinages entre financiers peu scrupuleux et progéniture en manque d'attention, parfois (souvent) dépassé mais jamais abattu. Les séquences dans la jungle équatoriale dégagent une moiteur que les teintes chaudes renforcent. Les mômes livrés à eux-mêmes d'une part, les affres de la gestion d'une exploitation d'autre part, les séquences se répondent avec toujours le même soin de la mise en scène. Des planches généreuses, qui paraissent à première vue désorganisées, brouillonnes et au final se révèlent riches de détails et composées avec soin. À cet égard, l'artiste approfondit encore le style qu'il avait mis en œuvre en 2016 avec son adaptation de Perreira prétend, une balade touchante et humaine au Portugal, chez Sarbacane. Avec une exigence littéraire certaine, Pierre-Henry Gomont raconte ainsi une véritable fresque. Celle du destin d'un fêtard égocentrique détestable qui devient un homme, bourré de défauts mais attachant et marquant.

Malaterre confirme le réel talent de conteur au style ambitieux et flamboyant, à l'image de son héros en somme.

Lire la preview.

Par M. Moubariki
Moyenne des chroniqueurs
8.3

Informations sur l'album

Malaterre

  • Currently 4.80/10
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6

Note: 4.8/5 (5 votes)

Poster un avis sur cet album

Votre note :
Vous devez être connecté pour poster un avis sur le site.

L'avis des visiteurs

    Yovo Le 09/10/2018 à 22:11:15

    Un album écrit comme un roman qui ralliera les littéraires les plus exigeants par la qualité de sa narration. Il est entièrement construit autour d’un personnage exécrable, Gabriel, tour à tour hâbleur, excessif, impétueux, libertaire, impulsif, décadent, manipulateur, égocentrique.. que Pierre-Henri Gomond en auteur inspiré portraiture magistralement.

    Le dessin est à la parfaite mesure du personnage : il déborde de liberté, de trouvailles et d’énergie. Le visage tranchant de Gabriel et sa cigarette enflammée lui confère un charisme grandiose ! Les couleurs mates, chaudes et terreuses dépeignant l’Afrique créent des ambiances vibrionnantes et immersives.
    L’histoire simple d’un ambitieux invétéré en manque de reconnaissance, d’un exilé personnifiant le mal d’amour – ne sachant en donner car n’en n’ayant pas reçu, ne vivant chaque étape de sa vie que comme un challenge qu’il lui faut gagner coûte que coûte... En résumé, un homme intelligent se comportant comme un con, un homme sensible se conduisant comme un bourrin. Un homme que Pierre-Henri Gomond, par son talent et son écriture a le génie de nous faire aimer. Une histoire simple mais captivante, hantée par l’urgence. A lire absolument.

    docteur fil Le 09/10/2018 à 11:08:13

    Excellente histoire.
    Ça y est : Dargaud emboite le pas à Dupuis. On a droit à un tirage avec jaquette et hors-texte signé numéroté à 777 exemplaires...
    Il faut dire que la jaquette présente une couverture qui me plait plus que la couverture de l'album.
    Marketing, quand tu nous tiens...

    Mimi275 Le 08/10/2018 à 22:35:59

    Une histoire de famille qu’une justesse incroyaable
    A lire et a relire
    Mieux que pereira pretend!
    Quel artiste

    TEDDY BULL Le 19/09/2018 à 15:56:55

    Gomont est un vrai auteur: dessin efficace qui va à l'essentiel, histoire bien menée, découpage magistral .. Quel bel ouvrage ! Et en plus des "petits trucs" qui pimentent l'affaire : par exemple, la flamme incandescente au lieu d'une simple fumée qui s'échappe de sa cigarette symbolise la soif de vivre et les excès du personnage principal!