Cher lecteur de BDGest

Vous utilisez « Adblock » ou un autre logiciel qui bloque les zones publicitaires. Ces emplacements publicitaires sont une source de revenus indispensable à l'activité de notre site.

Depuis la création des site bdgest.com et bedetheque.com, nous nous sommes fait une règle de refuser tous les formats publicitaires dits "intrusifs". Notre conviction est qu'une publicité de qualité et bien intégrée dans le design du site sera beaucoup mieux perçue par nos visiteurs.

Pour continuer à apprécier notre contenu tout en gardant une bonne expérience de lecture, nous vous proposons soit :


  • de validez dans votre logiciel Adblock votre acceptation de la visibilité des publicités sur nos sites.
    Depuis la barre des modules vous pouvez désactiver AdBlock pour les domaine "bdgest.com" et "bedetheque.com".

  • d'acquérir une licence BDGest.
    En plus de vous permettre l'accès au logiciel BDGest Online pour gérer votre collection de bande dessinées, cette licence vous permet de naviguer sur le site sans aucune publicité.


Merci pour votre compréhension et soutien,
L'équipe BDGest
Titre Fenetre
Contenu Fenetre
Connexion
  • Se souvenir de moi
J'ai oublié mon mot de passe
Toute la bande dessinée

G entille Abigail, profite de tes derniers moments d'insouciance, telle l'attention touchante de Peter qui t'a offert ce petit âne sculpté de ses propres mains. Tu ne pensais pas à mal en acceptant ce cadeau anodin et, pourtant, si lourd de conséquences. Douce Abigail, apprécie cette liberté dans la forêt, lieu où tu peux être toi-même et choisir de regarder qui tu le souhaites. Mais au dix-septième siècle à Salem Village, il n'est pas bon d'être femme. La colonie puritaine dans laquelle tu vis va te trahir et te punir, toi et tes amies, de la plus ignoble des façons.

Sur la couverture, elles marchent au-dessus du précipice, légères et joyeuses, avec peut-être juste un coup d’œil vers le bas, comme l'intuition d'une possible chute, une insidieuse appréhension par rapport à l'avenir vers lequel elles se dirigent.

Dans ce one-shot, Thomas Gilbert (Bjorn le morphir) reprend le déroulement des événements qui ont conduit au tristement célèbre procès des Sorcières de Salem dans le Massachusetts en 1692. Narré par une des jeunes victimes, la tension monte crescendo, jusqu’à atteindre son paroxysme. Ce récit noir et dérangeant dénonce avec justesse le fanatisme religieux dans son absence de tolérance et de discernement et, bien évidemment, ses dérives les plus graves. La manipulation exercée par le révérend est très bien démontrée, lui qui profite de l'ignorance, la crainte et la lâcheté de ses ouailles pour conserver son pouvoir. Le courage des filles, Abigail notamment, fait naître aisément un sentiment de compassion et d'impuissance chez le lecteur révolté, que d'innocence gâchée... Cet épisode d'hystérie collective et d'emprise masculine résonne étrangement dans l'actualité.

Pour figurer l'indicible, l'artiste utilise les métaphores et le symbolisme, autant que l'horreur brute. Les illustrations participent activement à l'installation du malaise : des visages déformés par la peur, la colère ou la haine, des silhouettes anormalement massives, des regards emplis de désespoir et de fureur. La gestuelle, les attitudes et les expressions reflètent l'éclat de l'âme et du cœur des habitants. Grâce au jeu des couleurs, un climat de plus en plus pesant s'installe : d'abord joyeuses, les teintes pâlissent et s'assombrissent, menaçantes. Une certaine liberté dans le trait et un relâchement dans les détails mettent en évidence le fait que la méchanceté est bien laide, que la violence est dévastatrice.

Le sous-titre est terrible: Comment nous avons condamné nos enfants. Cet aveu n'excuse en rien l'attitude de toute une population qui a préféré se réfugier dans la faiblesse et la bêtise, rassurantes, plutôt que d'oser s'opposer à la domination d'un seul individu aveuglé par sa foi. Une tragédie admirablement retranscrite.

Par L. Moeneclaey
Moyenne des chroniqueurs
7.7

Informations sur l'album

Les filles de Salem

  • Currently 3.75/10
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6

Note: 3.8/5 (12 votes)

Poster un avis sur cet album

Votre note :
Vous devez être connecté pour poster un avis sur le site.

L'avis des visiteurs

    thieuthieu79 Le 13/10/2018 à 12:01:08

    Comment nous avons condamné nos enfants....
    Le sous-titre de l'album est terrible et veut tout dire...
    Thomas Gilbert raconte avec effroi et horreur comment un petit village, à cause du fanatisme religieux, en est venu au massacre de tant de personnes.
    Certaines scènes particulièrement difficiles poussent le lecteur à se demander comment l’homme est capable de se faire justice lui-même et de commettre de telles horreurs.
    L'album est très bien construit. Il commence par des visages fins, ronds et joyeux avec des couleurs assez douces et s'enfoncent progressivement dans une palette plus sombre où les visages se déforment, le désespoir s'installe et les âmes se noient dans la folie.
    Avec des personnages aux identités fortes et une tension qui monte crescendo, l'album nous entraine dans une spirale destructrice jusqu'à la dernière page qui nous laisse bouché bée avec la gorge nouée et les larmes aux yeux…
    Le message de la fin est très clair : que cette histoire ne soit jamais oubliée et qu’en aucun cas elle ne puisse se reproduire un jour…

    yopinet Le 23/09/2018 à 12:14:13

    Tout le monde connaît cette sombre histoire. L'intérêt de cet album ne réside donc pas dans un quelconque suspense quant à l'épilogue du récit.

    L'intérêt se situe plutôt sur la manière avec laquelle Thomas Gilbert nous plonge dans ce huis clos. Et on peut dire que la mission est remplie avec maestria. Le dessin, les couleurs, la construction scénaristique, tout est parfait, et la tension monte progressivement. C'est écrit avec beaucoup de finesse. On ne sombre pas dans un récit manichéen ou dans l'horreur. L'immersion et la profondeur des personnages sont telles que les dernières pages sont de plus en plus difficiles à lire. Et quand on ferme cet album de 196 pages, on a le fait avec la gorge serrée.

    Une de mes toute bonne lecture 2018...