Cher lecteur de BDGest

Vous utilisez « Adblock » ou un autre logiciel qui bloque les zones publicitaires. Ces emplacements publicitaires sont une source de revenus indispensable à l'activité de notre site.

Depuis la création des site bdgest.com et bedetheque.com, nous nous sommes fait une règle de refuser tous les formats publicitaires dits "intrusifs". Notre conviction est qu'une publicité de qualité et bien intégrée dans le design du site sera beaucoup mieux perçue par nos visiteurs.

Pour continuer à apprécier notre contenu tout en gardant une bonne expérience de lecture, nous vous proposons soit :


  • de validez dans votre logiciel Adblock votre acceptation de la visibilité des publicités sur nos sites.
    Depuis la barre des modules vous pouvez désactiver AdBlock pour les domaine "bdgest.com" et "bedetheque.com".

  • d'acquérir une licence BDGest.
    En plus de vous permettre l'accès au logiciel BDGest Online pour gérer votre collection de bande dessinées, cette licence vous permet de naviguer sur le site sans aucune publicité.


Merci pour votre compréhension et soutien,
L'équipe BDGest
Titre Fenetre
Contenu Fenetre
Connexion
  • Se souvenir de moi
J'ai oublié mon mot de passe
Toute la bande dessinée

Phoolan Devi

17/09/2018 3696 visiteurs 8.0/10 (3 notes)

À la manière de Julie Rocheleau, Carole Maurel ou Chloé Cruchaudet, Claire Fauvel fait partie de ces autrices dont chaque production marque une évolution. Après l'Égypte et la France, la lauréate du prix jeunesse du FIBD d'Angoulême 2018 (pour son adaptation de La guerre de Catherine, de Julia Billet, parue chez Rue de Sèvres) envoie ses lecteurs au cœur de l'Inde.

Comme elle l'indique en préface, c'est d'abord via son père puis par le roman Moi, Phoolan Devi, reine des bandits (en collaboration avec Marie-Thérèse Cuny) que Claire Fauvel découvre cette figure de l'histoire moderne indienne. Elle livre ici une adaptation libre de ces mémoires, pour le plus grand bonheur des bédéphiles.

Car disons le clairement, la vie de Phoolan est romanesque, dramatique, voire par instants dantesque. Née dans l'une des plus basses castes en Inde, elle va être mariée à onze ans, violée, « divorcée » avant d'être incarcérée. Enlevée à dix-sept ans, elle prendra les armes, d'abord contrainte par ses ravisseurs, puis par conviction, pour se révolter et s'émanciper des hommes et de leurs lois injustes. Au seuil de ses dix-huit ans, la voilà bandit, chef de gang même, constamment sur les routes. Trois ans plus tard, elle atterrira derrière les barreaux, y restera onze années, avant d'être graciée afin d'entrer en politique et finira assassinée à l'aube de ses trente-sept ans. Une féministe avant l'heure, mais surtout une combattante éprise de justice dans un pays où les inégalités sont la base de la société. Une vie de violence et de luttes acharnées.

Pour conter cette histoire forte, l'autrice d'Une saison en Égypte ne sombre ni dans la glorification ni dans la débauche d'effets. Avec beaucoup de pudeur, elle suggère les moments les plus tragiques et parvient par là même à en restituer toute la force. Son dessin, toujours aussi rond et fin, a évolué et c'est par un encrage travaillé qu'elle accentue la puissance des séquences de combats et met en valeur celles plus intimes. Les réflexions de son personnage ne se limitent pas à sa condition de hors-la-loi et questionnent autant son avenir de femme dans une civilisation patriarcale que sur le système même des castes et les disparités qu'il génère. En mettant en avant l'altruisme et la compassion de son héroïne, l'artiste exprime à merveille les raisons de sa popularité, sans pour autant légitimer ses actes. Car Phoolan est devenue et restera une Dacoït. L'influence et la main mise de ces groupes armés dans ces contrées et sur leur peuple sont eux aussi exposés avec justesse, sans filtre ni parti pris ; les brigands ont beau être respectés, voire protégés, ils sont surtout craints et ne se soumettent à aucune autorité sans combattre. Qu'elle ait lieu dans les paysages rocheux ou au beau milieu des villages traversés, chaque scène est habillée d'une colorisation subtile et nuancée, tantôt dans des tons bariolés typiques des saris tantôt dégradée de vert et d'ocre très western ou encore bleuté et noir lors des veillées ou des « coups » nocturnes. Ces changements d'ambiance s’opèrent en toute fluidité et accompagnent l’éventail de sentiments qui saisissent le lecteur tout au long des deux cent vingt-quatre planches d'une qualité constante. Un travail remarquable, qu'il n'est pas facile de lâcher avant d'en avoir lu la conclusion.

En 1994, avec son Bandit Queen, Shekhar Kapur avait offert à Phoolan Devi, Reine des bandits les honneurs du grand écran. En 2018, Claire Fauvel livre sa version de la vie de cette femme au destin hors norme en même temps qu'elle ajoute une perle de plus à sa bibliographie. L'autrice se montre à la hauteur de son sujet en proposant une œuvre forte au graphisme somptueux, pleine de maîtrise.

Par M. Moubariki
Moyenne des chroniqueurs
8.0

Informations sur l'album

Phoolan Devi

  • Currently 4.43/10
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6

Note: 4.4/5 (7 votes)

Poster un avis sur cet album

Votre note :
Vous devez être connecté pour poster un avis sur le site.

L'avis des visiteurs

    Aswin Le 24/08/2018 à 16:41:04

    La BD est sans surprise, je dirais, qui se lit assez facilement. Recommandable à des grands ados. L'histoire d'une femme indienne forte que la vie n'a pas gâtée, et qui est digne d'un grand film... Je conseille par après de voir des vidéos de Phoolan Devi, c'est assez "flashant" (comme disent les jeunes) de la voir en vrai car la BD reprend tel quel les événements tristes de sa vie tumultueuse.