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Guarani : Les enfants soldats du Paraguay Guarani : Les enfants soldats du Paraguay

17/09/2018 1159 visiteurs 7.0/10 (1 note)

E n 1868, Pierre Duprat part en reportage pour l'Amérique du sud avec comme objectif, rencontrer les femmes guarani, une ethnie n'ayant encore jamais été photographiée. Sa spécialité est d'immortaliser les indigènes dénudées, cela pour le plaisir de riches collectionneurs européens. À son arrivée, le professionnel se trouve pris dans un conflit dirigé par la Triple Alliance Brésil, Uruguay, Argentine, qui lutte depuis quelques années contre le maréchal Lopez. Ce militaire se révèle prêt à tous les sacrifices humains pour mener jusqu'à la fin le combat, même s'il est manifestement perdu d'avance. Les adultes ayant déjà été décimé, il recrute alors les habitants indiens en bas âge du petit village d'Acosta Nu, une unité qui servira de chair à canon.

Chaque 16 août («Journée de l'enfant» au Paraguay) est dédié à ces petits bouts, sacrifiés pour satisfaire l'ego moribond d'un stratège jusqueboutiste. Diègo Agrimbau met en lumière une guerre méconnue impliquant son continent natal, avec bien évidemment l'Europe opportuniste en arrière-plan. Y a t-il vraiment eu un temps où les hommes combattaient avec honneur, respect de l'adversaire et de leurs propres soldats ? Le regard extérieur de Duprat permet de suivre l'évolution de son état d'esprit, de la neutralité à l'horreur et du dégoût à l'impuissance. En opposition à ses convictions, celles des autres personnages, chacun persuadé de sa légitimité, chacun défendant sa paroisse et personne ne pourra les blâmer.

Cet ouvrage constitue la nouvelle collaboration des deux artistes, après La grande toile et La bulle de Bertold. Gabriel Ippóliti trace avec finesse les contours et avec une trame légère au crayon, accorde relief et ombrage aux illustrations. Il les habille de couleurs directes, dans des tons naturels (sépia, ocres, vert) pour un travail d'excellente facture : justesse des expressions, paysages exotiques et ambiance dramatique.

S'il suffisait de tracer une moustache au bouchon brûlé pour être un homme… L'innocence des enfants prise en otage et bafouée pour une satisfaction personnelle, voici contée une bataille honteuse, comme il y en eu tant d'autres, mais chacune méritant un témoignage appliqué.

Par L. Moeneclaey
Moyenne des chroniqueurs
7.0

Informations sur l'album

Guarani : Les enfants soldats du Paraguay
Guarani : Les enfants soldats du Paraguay

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    Shaddam4 Le 17/09/2018 à 10:29:35

    L'ouvrage Steinkis commence par un résumé des origine de la guerre de la Triple alliance (Brésil/Uruguay/Argentine) au XIX° siècle, contre le jeune Paraguay, qui permet de situer le contexte. J'aurais aimé quelques documents en fin d'album pour coller encore plus la fiction au réel...

    Pour finir ce préambule je m'attarderais sur une couverture symptomatique de la qualité du travail de l'illustrateur argentin Gabriel Ippoliti, extraordinaire dessinateur (comme tous les illustrateurs argentins?) que je découvre et dont je suivrais les prochaines publications sans aucun doute! Cette illustration attire sur le regard magnifique de l'enfant en rouge, puis sur les costumes démesurés des autres petits soldats pour enfin tomber en haut sur le regard du photographe, témoin de cette horreur. Tout l'album est résumé dans cette image et j'avoue que j'ai rarement vu une "affiche" à la fois si belle, si accrocheuse et si fidèle au contenu. Cet artiste a une maîtrise au scalpel de son art et de la composition, comme je vais l'expliquer plus bas.

    Entre 1865 et 1870 a lieu une terrible guerre en Amérique latine, une guerre folle aux motifs oubliés et dont les protagonistes, des héritiers dynastiques perdus comme des nobles européens déchus, utilisèrent leurs peuples comme revenche. Un peuple qui ne voulait pas d'histoire, comme ces pacifiques indiens Guarani dont les fous de guerre finirent par prendre même les enfants. Un photographe français en reportage sera témoin de cette folie, de cette barbarie inouïe...

    Cet album est un choc tant visuel que thématique. Il parvient à frôler la perfection dans la simplicité du récit comme dans la justesse du dessin et du cadrage. Ce duo argentin nous propose avec Guarani une plongée d'une beauté et d'une humanité folle dans des événements dont personne ou presque n'a entendu parler. Les guerres coloniales ou nationalistes furent très nombreuses au XIX° siècle mais européanocentrés comme nous le sommes ce qui s'est passé de l'autre côté de l'Atlantique ne nous est pas connus. Nous découvrons donc un continent en proie à une guerre sans doute instrumentalisée par les puissances anglaise et américaine et dont la pertinence n'égala pas celle de nos guerres européennes. Le scénariste Diego Agrimbeau place finement le lecteur dans les pas d'un témoin naïf en la personne d'un colosse terriblement charismatique et archétype bien connu de la technique du récit: le photographe. Pierre Duprat veut voir les indiens Guarani, situés en plein front et enrôlés de force dans une guerre qui n'est pas la leur. Le français entame un voyage initiatique, spectateur d'une Amérique étrange, naturelle où comme dans Apocalypse Now, la remontée du fleuve fait se rapprocher du Mal. Entendons nous bien, l'album est traité avec beaucoup de douceur et seules quelques cases et le contexte général nous font comprendre les affres de la guerre. Doux géants frappé par la brutalité de ces hommes sur un continent qu'il ne connaît pas, il rencontre avec les Guarani (dépeints par Emmanuel Lepage dans son magnifique Terre sans mal il y a quelques années) des esprits purs, sans violence et à la beauté paradisiaque. Le scénariste donne une grande subtilité aux planches de son acolyte en passant beaucoup de choses par le regard, notamment cette relation platonique où l'on devine de l'amour, un amour courtois impossible mais où les auteurs n'interviendront pas...

    Dès les premières planches nous sommes saisis par la qualité et la maîtrise graphique d'Ippoliti qui, dans un style BD aux effets crayonnés trouve une justesse de ton, des regards, des cadrages proprement sidérante. Le dessin BD n'est pas que technique, c'est surtout une intelligence qui fait réaliser que tel dessin finalement assez simple, acquiert une pureté, un réalisme grâce à d'infimes détails de tracé ou de mise en scène. Toutes les scènes, qu'elles soient urbaines, guerrières ou itinérantes, ont un dynamisme qui fait croire à un dessin animé et nous immerge totalement dans le récit et ses personnages très attachants par-ce que pertinents, justifiés, entre le photographe nationaliste paraguayen, l'indien exilé en ville ou ces Guarani muets mais à la beauté si parfaite.

    On a coutume de dire que le bel art est simplicité. Il y a de cela dans Guarani, une histoire simple mais aux répercutions fondamentales (l'utilisation aberrante d'enfants pour "jouer" à la guerre, la corruption de la pureté, la quête de sens d'un témoin extérieur mais si touché). Dans l'esprit on est pas loin de l'ambiance de la Ligne rouge, le chef d'oeuvre de Terrence Malick au cinéma. Des images et des chants qui restent en mémoire. Un grand coup de cœur et un coup de chapeau!

    Lire sur le blog:
    https://etagereimaginaire.wordpress.com/2018/09/16/guarani