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Le chemisier

03/09/2018 3874 visiteurs 6.3/10 (4 notes)

Étudiante en Lettres, Séverine mène une existence sans histoire, à un point tel que son petit ami, toujours entre deux écrans, ne la voit plus, que ses parents la considèrent encore comme une petite fille et que ses professeurs la méprisent. Pour arrondir les fins de mois, elle fait du baby-sitting. Un soir, la petite Éva régurgite son repas sur Séverine. Contrainte de se changer, le papa lui prête un chemisier appartenant à son épouse. Ce vêtement révèle à la jeune femme son corps, son pouvoir de séduction et une assurance inédite. Peu à peu son rapport aux autres va changer, sa libido se décomplexer et sa vie lui filer entre les doigts.

Bastien Vivès (Lastman, Polina) livre avec Le Chemisier un roman graphique audacieux. Adoptant un point de vue intimiste, il met en place un personnage caractérisé par la normalité (un quotidien sans aspérité, risque ou improvisation) qui glisse vers l’audace, la rébellion et, pour finir, la perte de contrôle. Séverine est aussi quelqu’un qui, au-delà de la transparence ressentie, même au milieu de ses intimes, ira provoquer le monde, fera exploser les carcans psychosociaux et redéfinira son mode de socialisation.

L’auteur doit beaucoup au cinéma. Sa narration, son cadrage et son découpage en utilisent les techniques (rôle du hors-champs, traitement du mouvement, construction des protagonistes). Il reconnaît être nourri de Sautet, Pialat, Melville ou Rohmer. Les codes esthétiques et narratifs de la Nouvelle Vague s’expriment d’ailleurs ici. Tous les éléments apparaissant dans l’histoire ne sont pas nécessairement exploités jusqu’au bout et peuvent être abandonnés brutalement. Des situations sont laissées à l’appréciation du lecteur. La fin est ouverte. Les dialogues rappellent, quant à eux, autant le cinéma français novateur du début des années 60 que le Nouveau Roman et son principe fondateur de déconstruction artistique.

Il se dégage un charme indéniable de cette Séverine prise dans un ouragan personnel et d’un dessin en noir et blanc, dépouillé, suggestif et élégant. L’album demande de ne pas être plus cartésien que nécessaire, d’avoir l’esprit ouvert et d’accepter l’esquisse et l’inachevé, voire une forme de spontanéité. Il offre la vision d’un quotidien qui ne demande qu’à basculer, s’émanciper et prendre un relief qui lui fait défaut. Parabole, fantaisie, portrait, critique sociale, Le Chemisier est tout cela à la fois. L’habit ne fait pas le moine, dit-on. Bastien Vivès semble bien suggérer le contraire.

Par F.Houriez
Moyenne des chroniqueurs
6.3

Informations sur l'album

Le chemisier

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L'avis des visiteurs

    Rody Sansei Le 15/09/2018 à 08:49:11

    C’est du Vives que je déteste : du cul pour du cul.
    Là où « la décharge mentale » était fait pour le fun (certes très crétin, mais plutôt drôle au final si on ne le prend pas au premier degré - et j’en connais qui l’ont pris comme ça, si si), ici on a droit à une histoire sérieuse, simpliste, sans grand intérêt (comme le titre, en fait). Pas de second degré, juste une histoire de cul faite pour placer quelques scènes glauques (et sans intérêt toujours), des fantasmes qu’on raconterait à son psy (pour s’exorciser ?) - mais ici plutôt que de coûter de l’argent ça en rapporte.
    Seul point positif en ce qui me concerne : je commence à me faire au dessin de l’auteur, toujours sensuel, même si j’avoue avoir encore un peu de mal avec le manque de finition (c’est toujours trop stylisé pour moi par moments).

    biggyjay Le 15/09/2018 à 00:24:43

    « Le Chemisier », dernier album en date de Bastien Vivès, le plus hype des auteurs BD du moment. Alors ? Est-ce une réussite ou un four ? Certainement pas une réussite...
    « Une sœur » m’a déplu mais j’ai adoré « Polina », cet album est entre les deux. On y trouve un postulat de départ des plus classiques avec une héroïne quasi-transparente mais ça sonne juste. Un événement va l’amener à porter un chemisier de soie qui va littéralement la libérer et changer totalement sa vie (sexuellement parlant, cela va de soi, c'est du Vivès). L'intrigue semble assez succincte mais surtout remplie d'un tas d'incohérences et d'éléments qui ne servent pas l'histoire.
    Au rayon des points forts, on retrouve le dessin. Le trait de Vivès a gagné en finesse, légèreté et expressivité. Il sait mettre ses personnages en valeur. Le gars maîtrise son affaire. Ensuite, on trouve la narration, sans temps mort et plutôt fluide, à quelques exceptions près.
    Pour les points faibles (et pas des moindres), il y a, d'abord, le scénario. Simple au départ, il s'enrichi de scènes plus improbables les unes que les autres qui n'apportent RIEN à l'histoire. Les événements s’enchaînent on-ne-peut-plus facilement et sans aucune limite.
    Le chemisier, au centre de l'intrigue, donne « des ailes » à l’héroïne, d’accord, mais certaines cases méritent d'être traitées différemment car on a parfois l'impression de lire un porno ! Je ne pense pas que ce soit l’envie de tous les lecteurs de romans graphiques et ce n'est clairement pas ce que je cherchais.
    Au final, on pourrait narrer cette aventure légère de manière tout aussi intense sans certaines scènes ou cases et ça relèverait le niveau général de cet album ! Je ne sais pas vers quel catégorie de BD s’oriente Vivès mais il est clair que toute la richesse de « Polina » semble bien loin et la qualité de cet album en pâtie.