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Théodore Poussin 13. Le dernier voyage de l'Amok

16/04/2018 1571 visiteurs 7.0/10 (2 notes)

V oilà quelques mois que le capitaine Crabb a dérobé son île à Théodore Poussin. Il s’y terre avec une bande de malfrats ivres du matin jusqu’au soir pendant que plantations et bâtiments se dégradent. Mais le héros tient à ce petit bout de terre, quelque part au large de Singapour. Déterminé à le récupérer, il achète un navire, le rebaptise L’Amok (folie meurtrière), puis recrute une trentaine de marins, tous plus louches les uns que les autres. Avec un tel équipage, il est difficile de savoir qui sera loyal, qui trahira à la première occasion et qui se révélera à la solde de l’ennemi.

Le scénario de ce treizième épisode s’avère somme toute minimaliste. L’action prend beaucoup de temps à se mettre en place et lorsqu’elle accélère, il ne se passe finalement pas grand-chose. Au-delà d’une véritable histoire, cet album propose une ambiance ; celle des ports et des bars louches, celle des marins et des pirates.

Le personnage principal a une belle profondeur, l’amateur le découvre paumé, amer, revanchard et prêt à tout. Il n’hésite pas à mentir, manipuler, menacer ou frapper. Au fil du temps, il gagne en assurance… même si les mains lui tremblent après qu’il se soit adressé à ses troupes. Son acolyte, Monsieur Novembre, demeure mystérieux et en retrait pour tirer les plus improbables ficelles.

Cette série s’est toujours démarquée par la qualité des textes et cet opus ne fait pas exception. Le ton se montre souvent poétique (« Ici les fortunes se font et se défont avec la brutale soudaineté des orages tropicaux, et par la suite de miracles dont il est préférable d’ignorer tout. »), les dialogues percutants (« Merci Sir Carey, mais les excellents garçons sont justement ceux que nous n’engageons pas. ») et l’humour pince-sans-rire (« Je commence par claquer les doigts, et si tu n’obtempères pas, c’est toi qui claque. »), bref, un bon travail d’écriture.

Le dessin de Frank Le Gall conserve son charme. Avec son trait semi-réaliste, il rend l’esprit et les contrastes des colonies orientales des années 1930 : tripots et grands hôtels, bourgeoisie occidentale et plèbe locale, frêles jonques et puissants bateaux à vapeur, etc. Le visage rond, lisse et inexpressif du héros présente peu de caractère. Il est néanmoins intéressant de constater que derrière ce masque enfantin se cachent des motivations complexes. Les cases sont nombreuses ; de formes et de formats variés, elles donnent beaucoup de dynamisme au découpage. Enfin, il y a peu à dire sur la mise en couleurs, sinon qu’elle est bien faite. Généralement lumineuse, elle contraste agréablement avec un propos dans l’ensemble plutôt sombre.

Un livre qui respire la nostalgie, les voyages au bout du monde et les vies qui se réinventent.

Par J. Milette
Moyenne des chroniqueurs
7.0

Informations sur l'album

Théodore Poussin
13. Le dernier voyage de l'Amok

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Note: 4.4/5 (11 votes)

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L'avis des visiteurs

    L'ELEVE MOINET Le 31/05/2018 à 14:32:12

    Le plus beau come-back depuis le retour de la Femme du boulanger. Le genre de chose improbable quand on vient de s’infliger les suites de Twin Peaks, Trainspotting et Tournez manège (8 ans déjà !)
    Celle qui vous fait croire que votre ex, qui vous a largué il y a 20 ans va frapper à votre porte, là, dans deux minutes, et vous dire : Je suis désolée, tout est de ma faute. Regarde, je n’ai pas changé, mais je ne veux pas te déranger, je te laisse finir ton livre tranquillement…Je vais faire un peu de ménage sans faire de bruit, en attendant.
    Le dernier voyage de L’Amok, à lire et à relire les yeux fermés.

    kurdy1207 Le 02/05/2018 à 08:04:56

    Dans ce nouvel album, nous découvrons une autre face de Théodore Poussin. Celui-ci rumine sa vengeance depuis plusieurs mois et va engager une troupe de baroudeurs pour arriver à ses fins. Pour cela il lui faut de l’argent et il va trouver un stratagème qu’il ne dévoilera à ses amis qu’une fois arrivé sur l’île qu’il souhaite récupérer, du moins c’est ce que tout le monde pense.

    Cet album sent l’aventure à plein nez. Monsieur Novembre, une fois de plus, est le personnage le plus complexe. Nous ne savons pas vraiment ce qu’il veut, ce qu’il pense et où il souhaite en venir. La fin de l’histoire laisse perplexe et je ne crois pas un instant que… (mais laissons le suspense en suspens pour ceux qui n’ont pas encore lu ce merveilleux 13ème tome).

    Frank Le Gall nous offre une myriade de personnages qui viennent bonifier cette histoire servie par des dessins magnifiques. Que dire de plus ? Excepté que j’ai adoré. Le personnage et la série prennent une autre dimension. J’espère que l’auteur ne nous fera pas attendre de trop pour le prochain volume.

    pierryves Le 07/04/2018 à 23:02:46

    C'est après treize années d'attente que la patience du lecteur assidu de THEODORE POUSSIN se voit récompensée par la parution du DERNIER VOYAGE DE L'AMOK, treizième tome des aventures du rejeton du capitaine Steene.

    Théodore Poussin est devenu avec le temps un personnage incontournable de la bande-dessinée française. Son allure rondouillarde aux traits simples a priori l'ont souvent fait passer, pour ceux qui se contentaient de l'apercevoir sur les couvertures de ses albums, pour un genre de Tintin binoclard au gros nez, affublé du pull marin du capitaine Haddock.
    On est pourtant bien loin des AVENTURES DE TINTIN, tant d'un point de vue graphique que narratif, car Teddy est beaucoup plus proche de CORTO MALTESE que du célèbre reporter à houppette.
    Il est d'ailleurs fortement recommandé à ceux qui ont parfois ressenti l'appel du grand large, ainsi qu'aux amateurs des grands récits de voyage de Joseph Conrad, Rudyard Kipling ou Hugo Pratt de lire d'affilée les sept premiers albums de THEODORE POUSSIN : un récit parfaitement maîtrisé, inspiré de la vie réelle de Théodore-Charles Le Coq, grand-père de Frank Le Gall. C'est grandiose.
    Les tomes suivants (8 à 12) ont quelque peu marqué le pas. Faits de bonnes intentions, garnis de bonnes idées, mais manquant cruellement du souffle qui avait fait la force des six premiers albums (le septième – indispensable lorsqu'on a lu les précédents – est à part).

    LE DERNIER VOYAGE DE L'AMOK fait suite à LES JALOUSIES, dont l'histoire se déroulait quelques mois auparavant. Il est donc conseillé de le relire avant de découvrir le nouvel album, histoire de bien situer des personnages qu'on peut avoir oublié depuis 2005 (Buck et Coudreuse, en particulier).
    Qu'en est-il donc de ce tout nouveau et tout frais THEODORE POUSSIN ?
    Eh bien, c'est incontestable, on est happé par la lecture dès le début. On s'immerge dans le récit sans la moindre peine. Tout semble évident, couler de source. On suit les personnages dont on se demande en quoi consiste leur but, et celui de Teddy en particulier, vu que c'est le meneur et le (anti-)héros. Les dialogues sont particulièrement bons, les répliques bien tournées. On sent que Le Gall a tenu à soigner son écriture. On lui reprochera juste l'emploi agaçant de l'anglais ("schooner") pour désigner l'Amok, le voilier de Poussin. Pourquoi ne pas simplement utiliser "goélette" comme le font tous les marins français du monde ? Encore cette fascination pénible pour les anglicismes inutiles. Mais passons, car les qualités de ce récit sont suffisamment nombreuses pour faire oublier ce navrant écart.
    Le Gall crée de nouveaux personnages tour à tour inquiétants (Colombe), attachants (Mickymos) ou rappelant simplement – et subtilement – le passé (Harmonie). Il a pris plus de soin également à dessiner ses planches. On le constate particulièrement lorsqu'on lit l'album à la suite des JALOUSIES, dont le trait était souvent plus heurté et moins peaufiné. Ici, Le Gall se montre plus fin, précis et soigné.

    Mais il y a malgré tout un problème avec LE DERNIER VOYAGE DE L'AMOK : c'est la justification finale donnée par Teddy du périple qu'on a dévoré durant les cinquante-deux pages précédentes. Les dix dernières pages semblent effectivement bien maigres, en quantité et en qualité, pour justifier tout ce qu'on a lu depuis le début. Tant que Théodore garde ses intentions secrètes, l'histoire tient très solidement. Mais lorsqu'il nous révèle le fin mot de celle-ci, le pourquoi de l'expédition, on se demande alors pour quelle raison il a embarqué un équipage dans cette affaire. Le personnage se révèle alors beaucoup moins mûr qu'on ne croyait car tout n'est en fait que question d'orgueil et de dernier mot.

    Au bout du compte, l'album demeure un réel plaisir de lecture malgré cette fin maladroite. Frank Le Gall annonce un album à suivre qui devrait se dérouler en Europe. Espérons donc qu'il ne faudra pas attendre quatorze ans pour découvrir le quatorzième tome des aventures de Théodore Poussin.