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Renato Jones 1. Saison une : Les Un%

19/03/2018 1716 visiteurs 7.0/10 (1 note)

R enato Jones a un vieux différent à régler avec les Uns %, cette frange de la population qui - à elle seule - possède autant que les 99% restants ! Tant de richesses dans si peu de mains induit inévitablement une certaine propension à se croire au-dessus des lois qui régissent le commun des mortels. Le problème, pour eux, c’est que Renato Jones veut leur faire rendre gorge pour leur suffisance et leurs excès. Pourquoi ? Voilà une très bonne question !

Attendue fin 2017, voici que la version française de The One % se retrouve dans les bacs de librairies.

Alors si le fond de l’histoire trouve en ces périodes de recomposition électorale un écho dans l’actualité, la solution proposée s’avère plus que radicale. « Faire payer les riches » un slogan remis au goût du jour par Kaare Andrews qui s’emploie vraiment à la chose, par dessins interposés, il s’entend ! Toutefois, que personne ne s’y trompe, il ne s’agit pas d’un énième remake de Robin des bois, puisqu'ici, entre la bourse ou la vie, c’est cette dernière qui est volée… Alors si le jaune de la couverture et une relative facilité à tailler dans le vif ou à tirer dans le tas peuvent rappeler la frénésie d’un Tarantino, le rôle de justicier tourmenté n’est pas , non plus, sans présenter certaines similitudes avec quelques comics, mais avec un côté mauvais garçon nettement plus marqué et assumé. Cependant, afin de ne pas se laisser gagner par un manichéisme réducteur entre le Bien et le Mal, une kyrielle de seconds rôles vient équilibrer et relativiser la croisade de Renato Jones. Du philosophique ? Peut-être ! Du politique ? Pourquoi pas ! Mais avant tout, et surtout, une sacrée dose de second degré, de régressif et de transgressif à souhait. Flinguer à tout va de vrais salauds tout en se donnant bonne conscience… quoi de mieux ?

Graphiquement, le résultat est plus contrasté. Frôlant le "génial" tout en ne pouvant s'éviter des planches à la composition un tantinet brouillonne, ce premier volume souffle le chaud et le froid mais ne peut laisser insensible. Si l’implication et la force mises dans cet exercice altèrent parfois la fluidité de lecture comme la compréhension du récit, il ne peut être retiré à l’ensemble un impact visuel qui doit beaucoup à la culture tant cinématographique que graphique de Kaare Andrews.

Alors comme à l’accoutumée sur ce type d’album, les avis seront contrastés. Quoi qu’il en soit à la fin de cette Saison une, il n’y a aucune raison de ne pas rempiler pour la suite !

Par S. Salin
Moyenne des chroniqueurs
7.0

Informations sur l'album

Renato Jones
1. Saison une : Les Un%

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L'avis des visiteurs

    Shaddam4 Le 26/08/2018 à 10:05:25

    Lors de la sortie de l'album l'éditeur Akileos, plutôt doué pour dénicher des perles souvent assez graphiques, avait mis le paquet en com' et le relais blogs et réseaux sociaux avait été excellent. L'ouvrage étant lu en numérique grâce à ma collaboration avec l’éditeur, je ne peux pas faire de commentaire sur la fabrication. Le travail de maquette et de mise en page (de l'auteur) en revanche est particulièrement recherché et vire même presque au concept (on retrouve un peu la démarche de Nicolas Petrimaux sur Il faut flinguer Ramirez), avec de fausses publicités et des doubles pages très design qui débordent très largement les pages de titres de parties.

    Renato Jones est l'héritier d'une grande fortune... sale. Vivant dans le monde des 1%, un monde de cynisme, de violence et de plaisirs orgiaques, il assume également le costume de justicier parti en croisade pour éliminer ces abus. Et pour éliminer il faut tuer!

    Graphiquement Kaare Kyle Andrews est dans une filiation assez directe du Frank Miller de Dark Knight et Dark Knight returns... ce qui implique un trait assez années 80. La filiation ne s'arrête pas là et je qualifierais directement l'auteur de fils spirituel du dessinateur de Sin City, aussi paradoxalement que cela puisse paraître: si Miller est connu pour ses positions réactionnaires qui avaient fusionné avec les options expéditives du Batman dans les années 80, Andrews se cale dans le sillage d'Occupy Wall Street en proposant avec Renato Jones une des BD les plus politiques qui soient! C'est d'ailleurs la principale qualité de cet album que sa radicalité totalement punk à une époque d'ultralibéralisme triomphant.

    Pour l'habillage, Renato Jones est un Batman politique et politiquement incorrecte, totalement émancipé du comic code authority, un Batman que même un Alan Moore n'aurait pas fait. Milliardaire incarnant ce qu'il traque, il est formé par le majordome pour venger les pauvres et assassiner les plus démoniaques des 1%.

    Andrews est énervé et entre des fausses publicités pour objets de luxe en mode photo (très drôles) il propose des scènes de massacres au découpage apocalyptique, pas toujours évident à lire avec son trait parfois grossier, mais terriblement imaginatif et recherché! L'album (et son justicier) est très poseur (on reste dans le style super-héros) et le jeu sur les plans, les contrastes et les textures est vraiment remarquable. Je ne dirais pas que Kaare Kyle Andrews est un grand dessinateur (son trait reste assez grossier, comme celui de Miller) mais il est un remarquable maquettiste et designer. Par exemple l'ensemble des séquences présentant l'enfance de Renato sont habillées de trames et fausses pliures qui donnent un aspect de vieille BD et qui ajoute de la classe à la lecture.

    Honte d'être riche? C'est lui qui vous jugera... Renato Jones, justicier de luxe"

    Le discours en mode Punisher pourra choquer certains même si les personnages éliminés sont tout abominables. Mais l'auteur assume son propos: nous avons affaire à des vampires assoiffés de sang, de sexe et de pouvoir que rien ne peut arrêter. Face au mal il ne faut pas tergiverser. Dans un scénario sommes toutes assez linéaire la subtilité arrive avec l'amie d'enfance du justicier, fille d'ultra-riche et totalement aliénée par son univers fortuné. Renato se retrouve à aimer une personne incarnant ce qu'il abhorre... La fin de l'album, très maîtrisée, donne envie de lire la suite et posant un rebondissement un peu tardif selon moi.

    Ce premier volume très rafraîchissant montre (comme un Lupano en rogne) que la BD peut être un loisir tout en prenant position dans le monde cynique qui nous entoure. Graphiquement original bien qu'imprécis, Renato Jones apporte la même nouveauté de ton et de traitement que le Dark Knight de Frank Miller Jadis. D'une lecture un peu complexe du fait d'un découpage haché mais diablement intelligent, il me fait penser, dans un genre moins intello, au récent Black Monday Murders, pour sa puissance évocatrice et sa capacité à proposer un album sorti de tout compromis. Une belle découverte.

    Lire sur le blog:
    https://etagereimaginaire.wordpress.com/2018/08/20/renato-jones-1

    Franckchen Le 17/02/2018 à 16:44:37

    Ce qui est sympa avec ce comic, c'est qu'on a affaire à une œuvre d'un seul et unique artiste. Bon, après c'est peut être exagéré et il en joue, déjà sur la couverture : [quote]créé, écrit, dessiné, colorisé et [b]possédé [/b]par Kaare Kyke Andrews[/quote].

    Il a donc les pleins pouvoirs et peut faire transpirer à 100% ce qu'il a souhaité réaliser. Même si cela peut tourner un peu au narcissisme...

    Concernant le fonds, le fait d'attaquer les ultra-riches est un prétexte pour faire voyager le lecteur dans un univers élitiste poussé à l'extrême. Ce n'est (heureusement ?) pas un pamphlet communiste-gauchiste car les ficelles sont trop grosses pour être crédibles. Le message politique est donc à mettre de côté. Et c'est tant mieux.

    J'apprécie plus le fait que l'ouvrage mêle la réalité de ce monde (les 1%) avec toute la décadence nauséabonde liée à l'avarice et la quête de richesse sans objet altruiste ou sociétal in fine. Dès lors, notre justicier - plus ou moins masqué - Renato Jones va se faire un malin plaisir à remettre les pendules à l'heure.

    Plutôt original et rigolo comme approche pour justifier une belle boucherie ! Andrews ne dénonce donc pas la richesse, mais joue plutôt sur l'extravagance et l'utilisation de l'argent par certains très, très riches pour faire n'importe quoi. Mais vraiment n'importe quoi... Ce qui pousse encore l'effet comique du comic, loin du côté donneur de leçons moraliste.

    A côté de cet univers réaliste, quelques débordements "super héroïques" accentuent encore l'aspect purement fiction du récit. Et pour alléger le tout, et appuyer le fait que ce comic est avant tout une pure distraction, de superbes pubs bling-bling sous forme de photos "réelles" agrémentent l'aventure. Ce qui met bien le lecteur dans l'ambiance des "un%".

    Bref, selon moi, la mission du 4ème de couverture est rempli.

    Je serai de l'aventure du tome 2.
    A voir comment la narration évolue et va susciter l'envie de suivre toute la série.