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D ans un article du journal du soir, des mots forts et violents interpellent Béatrice. Son père ayant participé à la guerre d'Algérie, elle se sent naturellement concernée par ce sujet qui remue manifestement de sombres souvenirs. Mais quand elle interroge ses parents, seule sa mère accepte de s'ouvrir. Un tabou, une loi du silence que « l'enfant d'appelé » va finalement transgresser en allant directement sur les lieux afin de découvrir les multiples facettes de ces terribles combats. À travers le destin de cinq algériennes qui se sont croisées sans le savoir, l'histoire montre bien que la vérité, loin d'être unique, est avant tout une question de perspectives et de ressentis.

Swann Meralli déclare qu'il ne connaissait pas grand-chose à ces événements avant de s'y intéresser. Sa contribution est, à partir d'une enquête personnelle, de créer des personnages fictifs dont le portrait a été brossé à partir de témoignages réels. Leur point commun ? Des femmes, peu importe de quel côté elles se sont trouvées, ce qu'elles ont fait, vu ou entendu, mais le résultat est que leur vie a été marqué de manière indélébile, dans leurs chair et leur esprit. Elles racontent et expriment leur opinion en tant qu'épouse, fille de Harki ou de Pieds-noirs, militante ou combattante. Avec pudeur et un ton juste, le scénariste laisse place aux émotions des personnes concernées : Lucienne, Malika, Djamila, Bernadette et Saïda. Sans monter aux créneaux ni émettre de jugement, il permet simplement aux faits et à l'émotion d'agir. Le côté politique est peu abordé, se focalisant sur l'humain et évitant ainsi d'alourdir le propos ou d'en dévier la portée. L'aspect choral est ce qui fait l'intérêt du récit, chaque camp se défendant et prétendant la légitimité avec lui.

Deloupy propose une mise en images puissante et expressive grâce à son trait réaliste épais, déjà aperçu dans son précédent ouvrage Love story à l'iranienne. Aux scènes crues de torture et d'attentats s'opposent les décors chatoyants du pays, accentuant le contraste d'ambiance. Illustrant le discours le plus honnêtement possible, sans fard et sans effet, le résultat est efficace.

La guerre des femmes dans la guerre des hommes. Elles y étaient, ont participé ou subi le conflit algérien. C'est ce que raconte ce roman graphique passionnant et édifiant.

Par L. Moeneclaey
Moyenne des chroniqueurs
7.0

Informations sur l'album

Algériennes 1954-1962

  • Currently 4.33/10
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Note: 4.3/5 (3 votes)

  • Deloupy
  • Deloupy
  • 01/2018 (Parution le 31/01/2018)
  • Marabulles
  • 978-2-501-12100-2
  • 128

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L'avis des visiteurs

    Erik67 Le 30/08/2020 à 14:23:20

    C’est vrai que lorsqu’on parle de l’Algérie, on préfère changer de sujet. Il y a eu une colonisation de la France dès 1830 avant même que la Savoie ne rejoigne la France. Les français qui y ont habité depuis plusieurs générations et qui ont été contraint de partir en 1962 ont beaucoup souffert car ils avaient perdu leur pays sans véritablement se sentir chez eux dans la Métropole.

    Une fille d’un soldat ayant fait la guerre d’Algérie se rend compte de l’opacité qui règne sur ce sujet. Aussi, elle décide de mener sa propre enquête qui l’a conduit naturellement dans l’Algérie actuelle du président à vie Bouteflika. La vision sera centrée sur celle des femmes ayant participées car elles sont souvent omises au profit d’une société très masculine.

    J’ai bien aimé ce qui ressort de ce roman graphique qui fait un peu documentaire grâce aux témoignages recueillis. On se rend compte que les livres d’histoire ne sont pas vraiment dans la réalité même si certains essayent de tendre vers une opinion neutre et nuancée. Au final, je retiens qu’il y a du bon et du mauvais dans chaque camp mais surtout que cela a entrainé des souffrances de part et d’autre. La relation de la France avec ce pays ayant acquis chèrement son indépendance sera toujours particulière.

    Random- Le 02/05/2018 à 16:47:07

    Après Love Story à l'Iranienne, Deloupy propose de nouveaux témoignages, historiques cette fois-ci, sur la guerre d'Algérie. Un éclairage sur les différents camps est apporté par des femmes, un parti pris très intéressant. Les différentes histoires se recoupent légèrement, mais subtilement. Cet album, qui se rapproche d'un documentaire, est une bonne occasion de s'instruire sur cette page de l'Histoire souvent passée sous silence.

    Shaddam4 Le 06/04/2018 à 16:50:26

    Une jolie édition (couverture très efficace) avec petite bio des auteurs et bibliographie très intéressante à la fin. Les auteurs avertissent le lecteur sur le  caractère fictionnel de cet album... basé sur des personnages et faits réels. On reste donc bien dans de la BD docu.

    Béatrice, fille d'appelé d'Algérie n'a jamais pu entendre son père parler de cette guerre qui a pourtant marqué la famille comme beaucoup d'autres foyers. Elle décide de partir en Algérie à la recherche de témoignages pour comprendre ce qu'a été cette guerre. Elle y découvre un versant enfoui: celui de la place et du rôle des femmes dans la guerre d'Algérie.

    Le grand intérêt de cette BD est son caractère pédagogique et le fait de traiter du rôle et de la situation des femmes dans cette salle guerre. Le scénario reprend le classique cheminement en entretiens avec différents témoins lors du voyage en Algérie que fait le personnage focus, ce qui permet à la fois de structurer le récit et de décrire différents points de vue, intelligemment reliés les uns aux autres. On suppose que cet enchevêtrement des récits est inventé mais son efficacité est pertinente en évitant que l'album ne soit qu'une succession de témoignages.

    Sous un schéma classique, les auteurs nous permettent de parcourir un plan large de ce qu'a été la guerre d'Algérie. Depuis quelques années on a un nombre non négligeable d'ouvrages, films, documentaires, articles traitant de cette dernière guerre coloniale mais la complexité qu'elle recouvre rend salutaire la démarche de Merali et Deloupy. De manière accessible, sans reculer devant la dureté de montrer (la torture, les mutilations,...), ils nous font entrer dans ce qu'ont vécu ces femmes très différentes, avec leur subjectivité. Mais la relativité des faits est une partie de la mémoire. Ce qui importe c'est la parole (ce qui ressort de tous les témoignages de périodes de génocides et de guerres). L'ouvrage s'ouvre sur les silences du père et l'on comprend très vite que tout va tourner autour du récit. L'une des femmes a été moudjahidine, a vécu la torture mais aussi les premières heures de la Nation algérienne, avec ses corruptions et sa perte d'idéal. Une autre, pied-noire restée sur place, n'a pas compris pourquoi on lui enlevait son Algérie, niant le sort fait aux indigènes. Une fille de Harki se souvient de cette fuite du rapatriement et l'internement dans des camps en Provence,... Ce sont autant de facettes de la réalité d'une guerre sale, grise, sans héros, sans victoire. Il ne manque plus que le récit de l'histoire de la colonisation, seule à même d'expliquer l'inexplicable. Ce n'était pas l'objet de l'album et aucune œuvre ne peut aborder une problématique si complexe, s'étalant sur 130 ans.

    Le prisme adopté est celui des femmes. Mais l'on comprend à la lecture qu'il aurait pu être celui des pieds-noirs ou des berbères, des enfants d'appelés,... autant de victimes de la guerre menée par des hommes chrétiens et des hommes arabes qui ont oublié pourquoi ils se battaient. Cette BD est une vraie belle action citoyenne et une très bonne porte d'entrée sur un sujet souvent évité. Une belle occasion.

    Lire sur le blog:
    https://etagereimaginaire.wordpress.com/2018/04/01/le-docu-du-week-end-3-2