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Toute la bande dessinée

Les damnés de la Commune 1. À la Recherche de Lavalette

01/12/2017 2107 visiteurs 7.0/10 (1 note)

L e narrateur découvre par hasard qu’une figure de la Commune de Paris, Charles Lavallette, a habité dans son immeuble de Belleville. À la bibliothèque, dans les archives de la Ville, de la police et de l’armée, il reconstitue minutieusement la vie de cet individu qui a joué un petit rôle dans l’insurrection, mais que les historiens ont oublié. À travers son héros, le bédéiste relate, jour par jour, parfois heure par heure, les événements les plus significatifs du soulèvement, particulièrement sa violente répression par les autorités.

Il y a deux narrations dans cet ouvrage. L’une racontée dans les cartouches crème (la voix du chroniqueur), l’autre dans les cartouches blancs (celle des participants à la révolte). La première décrit la démarche du chercheur, sa quête et ses difficultés à trouver des bribes d’information; la seconde conte un chapitre charnière de l’histoire française. Au final, le bédéphile reçoit un album bien documenté, peut-être un peu longuet quand l’auteur insiste trop lourdement sur sa pratique, puis franchement intéressant lorsqu’il dévoile le quotidien des révolutionnaires.

L’élément le plus fascinant de cette entreprise est le traitement graphique. Toutes les illustrations sont tirées de gravures ou d’extraits de journaux de l’époque. Certaines sont complètes, d’autres recadrées, découpées en lamelles, disposées de telle façon qu’elles évoquent la chute, les tombes dans un cimetière ou les barreaux. Avec ce matériau forcément restreint, l’artiste accomplit le tour de force d’illustrer un récit dynamique et avec peu de redondances. La contrainte impose tout de même ses limites ; alors que certaines reproductions sont d’une qualité exceptionnelle, d’autres sont correctes, mais sans plus. L’illustrateur aurait certes pu nettoyer les images et retracer les traits effacés par le temps, mais un tel travail de reconstruction aurait été contraire à l’esprit du projet.

Raphaël Meyssan entre dans le monde de la bande dessinée par la grande porte en réalisant un exercice de style remarquable.

Par J. Milette
Moyenne des chroniqueurs
7.0

Informations sur l'album

Les damnés de la Commune
1. À la Recherche de Lavalette

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    pierryves Le 28/11/2017 à 17:09:08

    LES DAMNES DE LA COMMUNE de Raphaël Meyssan est un projet imaginé comme une enquête au cœur du Paris post-Second Empire pour retrouver la trace d'un célèbre inconnu, un certain Lavalette.

    Raphaël Meyssan, auteur complet de l'album, a découvert par hasard un jour de pluie qu'il habitait dans le même immeuble qu'un certain Lavalette, personnage totalement inconnu aujourd'hui mais qui eut son importance au temps de la Commune de Paris en 1871. Il s'est donc mis à chercher des informations sur cet individu et sur ce que fut sa vie dans le contexte de la célèbre révolte parisienne. Au cours de ces recherches, il découvre également le récit d'une contemporaine des événements qui décrit la vie au quotidien dans l'atmosphère tragique de la poudrière qu'est devenue Paris. Meyssan met les deux parcours en résonance et livre ainsi un album très riche et finalement très bien documenté, fascinant et passionnant.

    La méthode déroute cependant parfois : lorsqu'on passe de l'époque du récit à celle du commentateur (c'est-à-dire la notre) qui sont toutes deux illustrées par des gravures de la fin du XIXe siècle, il faut quelques pages pour s'adapter au procédé, mais finalement, la lecture se fait sans peine.
    Car, là aussi, Meyssan fait preuve, sinon d'originalité, en tout cas d'humilité et d'honnêteté lorsqu'il dit lui même qu'il ne sait pas dessiner (combien d'auteurs de BD célébrés érigent leur manque de capacités graphiques en genre ou en style ?) Lorsque, après avoir recueilli toutes les informations nécessaires durant six ans, il s'est dit qu'il devait faire partager ses travaux, Meyssan a naturellement pensé le faire sous forme de bande-dessinée, mais ne sachant pas dessiner, il a eu l'idée excellente d'utiliser les gravures de l'époque – qu'il a retravaillées – pour l'illustrer. Et le résultat constitue une incontestable réussite.

    On plonge dans le livre et au cœur des événements presque comme si on y était. Ces gravures (splendides – on ne soulignera jamais assez le talent des illustrateurs de l'époque qui agrémentaient la presse quotidienne de leurs œuvres) ont le pouvoir de vous attirer dans l'univers tragique de ces temps révolus. On regrettera cependant toutefois certains commentaires et raccourcis orientés de l'auteur (il chante L'Internationale), notamment sur la vision simpliste des raisons de la guerre de 1870 qui selon lui n'aurait uniquement été déclenchée par Napoléon III que pour écraser un mouvement social parisien. Comme dit plus loin dans le livre, il y a eu l'histoire de la succession au trône d'Espagne qui n'était pas une mince affaire, et la fameuse dépêche d'Ems, mais surtout il ne faut pas confondre Napoléon III et son oncle. Le neveu n'était pas un belliciste. Il serait d'ailleurs temps qu'on sorte de la vision caricaturale de ce personnage depuis la perte de l'Alsace-Lorraine.

    Pour le reste, LES DAMNES DE LA COMMUNE est un beau livre, pas simplement une bande-dessinée, qui parvient à aspirer le lecteur dans ses pages. On est frappé par la tragédie que vit Victorine et par l'enchaînement des événements qui conduiront à la Semaine sanglante, et lorsque se tourne la dernière page de ce tome 1/3 intitulé A LA RECHERCHE DE LAVALETTE (qui concerne en fait les prémisses de la Commune - le livre se termine le 18 mars 1871, premier jour de l'insurrection), on n'a qu'une hâte : découvrir le tome 2 de ce documentaire savamment illustré, mais il faudra attendre une année pour pouvoir la lire.