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Giant 1. Giant 1/2

29/05/2017 7841 visiteurs 6.7/10 (3 notes)

G éant, un adjectif parfait pour cette ville en pleine croissance qu'est New-York, fourmillante et bruyante en ce début des années trente. Idéal aussi pour qualifier ces buildings qui poussent comme des champignons, émaillant de hautes carcasses en ferraille et de tours de briques le sol des différents quartiers. C'est enfin le surnom de cet irlandais à la carrure de boxeur, avare de mots mais pas de cœur. Comme nombre de ses compatriotes, il travaille sur les chantiers où les accidents sont monnaie courante, la vie ne tient souvent qu'à un geste. Lorsque vient son tour de s'occuper de l'annonce du décès d'un collègue, il décide d'épargner la famille en masquant la vérité. Il envoie de l'argent et entretient la correspondance avec Mary Ann, la veuve. D'abord laconique, il développe petit à petit des mensonges dorés qui animent les journées de la jeune femme, rendu difficile par la guerre civile et l'IRA qui se déchaine. Mais un jour, plus de lettres...

L'idée de départ de ce diptyque provient d'un cliché représentant une brochette d'ouvriers assis sur une poutre au-dessus du vide. Mikaël (Promise) s'en inspire pour créer une histoire riche en contrastes. D'abord Dan Shakelton, bavard comme une pie, dont la personnalité sémillante égaie Giant, son ami taciturne et secret. Puis les landes vertes et venteuses d'Irlande, où la nature règne en maître, opposées au métal gris de la cité et de sa foule bigarrée. Enfin, la verve chaleureuse de Mary Ann qui pallie à la brièveté dactylographique de son correspondant de substitution. Le point commun de tout, le ciel, immense. Non sans rappeler la série Blue note par l'ambiance de la Grande Dépression en toile de fond, ce premier épisode met en place le contexte riche de l'époque : la politique tendue avec la fin du mandat de Hoover, les conflits en Eire, les relations électriques entre les différentes nationalités (italienne notamment), le cinéma... Le train-train des artisans est bien dépeint, entre les cadences infernales, le danger permanent, les distractions dans les combats sportifs, les nouvelles du pays trop rares, les prostitués et l'ivresse de l'alcool. Le récit, habile, fait se dévoiler de façon progressive et subtile le héros pour qui le passé représente manifestement un fardeau, comme le trahit son mutisme indécrottable. La tension s'invite pas à pas pour s'imposer dans les dernières pages, provoquant le drame.

Également en charge du dessin, l'artiste illustre le quotidien à l'aide de gaufriers classiques aux cases sans paroles, en alternance avec des planches aux cases asymétriques. Le graphisme semi-réaliste est agréable et expressif. Le travail de recherche sur l'architecture transpire au travers des vues urbaines avec ses ruelles étroites, les bars et bien sûr les immeubles. Les couleurs sobres ont un rendu de photos aux tons passés, projetant le lecteur en cette période.

Chronique d'une tragédie annoncée dont la suite est prévue pour janvier 2018, Giant a tout d'un grand.

Par L. Moeneclaey
Moyenne des chroniqueurs
6.7

Informations sur l'album

Giant
1. Giant 1/2

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Note: 4.2/5 (69 votes)

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L'avis des visiteurs

    Shaddam4 Le 06/05/2019 à 15:41:24

    J'avais vu passer à sa sortie ces très belles couvertures inspirantes, montrant le travail des noirs de l'auteur et le contexte de la grande Dépression à New-York. Ayant lu auparavant l'excellent Blue Note portant un peu sur le même thème (la destinée d'un costaud mystérieux dans le New-York de la Prohibition) je me suis laissé tenter par cette série aux très bons échos presse et dont la fausse suite, Bootlack, sort ce printemps chez le même éditeur.

    Dans la Dépression il y a des hordes de chômeurs et d'immigrants attirés par les feux de l'Amérique, mais il y a aussi des riches qui mènent une course aux plus hauts grattes-ciel. Cela fait de l'emploi, dangereux mais rémunérateur et crée des sociétés d'ouvriers rassemblées par nationalité. Parmi eux il y a "Giant", l'irlandais quasi muet. C'est son histoire qui nous est contée...

    Le problème avec les BD dont on parle beaucoup c'est qu'on attend un chef d'oeuvre à chaque fois. C'est parfois le cas, mais la plupart du temps on a "juste" de très bonnes BD... C'est un peu ce qui se passe avec ce diptyque Giant qui emprunte un chemin déjà très balisé, celui de la Dépression américaine dont l'iconographie a été allègrement diffusée par la photo et le cinéma. Difficile ensuite de trouver un élément qui justifiera cette énième vision, tant ces plans de gamins jouant dans le jet des bouches d'incendie, ces ouvriers en salopettes trop grandes et ces villes entre noir et miroir font partie de l'imaginaire collectif!

    L'ouvrage commence d'ailleurs sur ce cliché mythique d'ouvriers déjeunant sur une poutre suspendue pendant la construction du Rockfeller Center et c'est le point de départ de cet album qui vise à nous conter les dessous de l'image: qui était le photographe, qui étaient les ouvriers, quelle était leur vie et le pourquoi de leur arrivée à New-York. En prenant pour focus un colosse mystérieux, l'auteur instaure un mystère nécessaire au déroulement de sa photographie. L'homme qui manie le pistolet pneumatique destiné à enfoncer les rivets est de celui que l'on ne titille pas. Il sait être protecteur avec son nouveau partenaire d'équipe, un jeune idéaliste beau parleur, pour peu qu'on ne lui pose pas de questions sur son passé. C'est à ce moment que l'on découvre une correspondance avec Mary-Anne, une irlandaise restée au pays et dont les lettres indiquent une grande proximité. Mari? Frère? Le lecteur est titillé par de nombreuses questions que Mikaël délie subtilement tout au long de ses deux tomes. Sur ce plan le scénario est très habile et parfaitement rythmé.

    Côté dessin j'ai été un peu déçu en comparaison de l'album de Mickaël Bourgoin, dont le trait est plus organique, plus râpeux et reflète ces espaces sales d'une Amérique à peine sortie du tiers-monde. Intrinsèquement il n'y a rien à reprocher à Mikaël, qui propose des planches aux beaux plans très encrés, suffisamment proches de nos attentes sans tomber dans le fan-service. Simplement, comme dit plus haut, il arrive après beaucoup de très bons travaux et pour comparer à l'album précédent on constate sans doute la différence entre un auteur autodidacte et un autre formé à Emile Cohl.... le diable est dans les détails.

    Giant propose une bonne histoire, une époque et un lieu passionnants, dispose de bons dessins et de deux couvertures très marquantes. Il rate néanmoins l'excellence par un petit manque d'originalité, par une touche d'auteur qui permettrait à l'album de dépasser la carte postale. Par de nombreux moments (lorsqu'on aborde la photographe) on n'en est pas loin. Mais ce Giant reste trop longtemps une image, une figure manquant un peu de contenu qui empêche le lecteur de s'impliquer dans sa lecture. Je recommande néanmoins ce diptyque qui est une très bonne lecture pour qui s'intéresse à ce sujet, mais qui n'est pas l'ouvrage majeur dont certains ont parlé.

    Lire sur le blog:
    https://etagereimaginaire.wordpress.com/2019/05/01/giant

    bd91130 Le 12/07/2018 à 13:36:52

    Je ne bouderai pas mon plaisir, je ne ferai pas la fine bouche.
    Trop long disent certains, il ne se passe rien dans le tome 2 ajoutent-ils parfois. C'est vrai, on n'est pas en pleine guerre ou dans un polar bourré de meurtres et de cambriolages. Il y a juste.... la grande ville, les ouvriers, le rêve américain, la misère, les déboires et les espoirs, un vague parfum de Gangs of New-York, les Irlandais, les autres... Et puis il y a cette mise en couleur, légère, touchante, aux frontières du sépia et de quelques pâles couleurs dominantes.
    Je dis : Bravo, Magnifique !

    Ricou76 Le 26/02/2018 à 17:36:34

    Diptyque magnifique : une histoire originale au service d'illustrations exceptionnelles . On vit pleinement cette période de crise à hauteur des hommes qui paradoxalement s'élèvent au dessus du quotidien . Les dessins sépia sont époustouflants et rendent compte de la dure réalité comme des photos d'archives . Du grand art.

    Cellophane Le 03/02/2018 à 13:28:00

    Eh ! Ben voilà un bel ouvrage !

    Alors au début, j’ai trouvé ça gentillet.

    Ok, on suit un type qui arrive dans la construction de building, dans les années 30, pour glisser lentement vers un autre personnage, Giant.

    C’est très bien fait mais ça donne plus l’impression de voir un documentaire BD sur l’époque, tout est simple, c’est la vie, voilà tout.

    Et puis quand vient le premier rebondissement, on se dit que c’est assez classique, déjà vu – ce qui n’empêche pas de continuer à tourner les pages parce que c’est bien réalisé.

    Mais on s’y glisse, dans cette force tranquille, cette vie « banale » qui s’écoule. Lentement, on se prend d’affection pour Giant, pour les autres personnages.

    Tout ce qui se passe, si ça reste classique, n’en est pas moins logique. Et on s’enfonce inexorablement dans cette histoire, réagissant à chaque nouvelle révélation.

    Au final, j’ai passé un très agréable moment à suivre cette histoire.

    Le trait vif rend parfaitement les mouvements et postures des personnages. Plus encore, la couleur et les cadrages nous immerge totalement dans l’époque.

    Très bon.

    herve26 Le 04/11/2017 à 12:51:59

    Il faut reconnaitre que le dessin de Mikaël sur cet album est superbe. Il décrit parfaitement l'atmosphère de la Grande Dépression des années 30. Le dessin est sombre et reflète assez bien le quotidien des bâtisseurs de buildings à New York (la photo en introduction de l'album est assez édifiante!)
    Cependant, je n'ai pas été embarqué par ce récit, qui à mon avis, traine parfois en longueur. Ces échanges épistolaires sur fonds de crise en Irlande et aux Etats Unis, ne m'ont guère touché,même si l'idée de départ est séduisante.
    Je lirai sans nul doute le second volume de ce diptyque au vu de la dernière page qui annonce un rebondissement presqu'attendu, tout de même.

    canarenchaine Le 21/10/2017 à 22:19:49

    Superbe travail graphique et de mise en couleur de Mikaël(se rapporter à la critique de L. Moeneclaye).
    Pour le scénario, j'attends le 2 pour me prononcer. Le contexte est cependant intéressant avec un personnage principal quasi mutique, plutôt asocial dans un New-York qui construit ses gratte-ciels au début des années 30.
    Par contre, lui, a priori peu concerné par les autres, se fourvoie dans une correspondance avec une veuve irlandaise (qui ne sait pas qu'elle est veuve) en se substituant au collègue décédé. Comment l'auteur va gérer cette intrigue un peu mièvre et pour le moins convenue ? Et les conséquences puisque celle-ci apparaît avec ses enfants sur un bateau en approche de N-Y sur l'avant-dernière case. Et elle est sur la couv du T2 non encore paru.
    Ca n'empêche qu'il serait dommage de passer à côté de ce T1, pourvu d'un cahier graphique démontrant le talent de cet auteur.

    Yovo Le 21/08/2017 à 22:40:23

    Début des années 30 à New York : une ville en construction, quelques hommes humbles et rudes, puis... un concours de circonstance dont profite l’un d’eux… Voici l’histoire simple de "Giant", magnifiée par un dessin impeccable. Les couleurs, les ambiances, les lumières sont simplement superbes.
    Quant aux décors, qu’il s’agisse des rues, bagnoles, malfrats ou du chantier pharaonique du Rockefeller Center, ils sont détaillés, documentés et bien mis en page.
    Bref, une bien belle BD dont je recommande la lecture.

    Hublot Le 09/07/2017 à 14:03:35

    Superbe ! Bd d'une rare élégance. Le dessin est splendide, et le scénario excellent. Dans l'impatience du tome 2. Sur le podium des meilleurs bd de l'année 2017.

    duncan89 Le 13/06/2017 à 18:44:50

    Une superbe couverture, un récit prenant qui nous immerge dans le New-York en construction sur fond de crise financière.
    Ce premier tome pose des bases solides tant au niveau graphique que scénaristique.
    Le dessin est précis, le travail sur l'architecture est impressionnant et la lecture est fluide.
    Au niveau scénario c'est assez lent mais ce n'est pas gênant dans le sens ou il y a un coté contemplatif et immersif assumé par l'auteur.
    La colorisation est élégante, sobre et renforce l'ambiance assez dure et froide de l'histoire.
    Un album magnifique qui appel une suite et une fin à la hauteur de mes attentes...

    judoc Le 08/06/2017 à 23:07:30

    Un New York des années 30 magnifié par un dessin vigoureux et une colorisation subtile qui retranscrivent à merveille les rues sombres et froides de la grande cité.

    Du métal, des quartiers crasseux, des chantiers dantesques, des hommes et des femmes qui tentent de s'en sortir... Le décor est planté pour un scénario qui prend son temps et qui introduit une intrigue que l'on devine dramatique.

    Un superbe album dont la suite se fait déjà attendre.