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« Je m'appelle Amélia Earthart, je suis née le 24 juillet 1897 dans le Kansas et j'ai disparu en mer le 2 juillet 1937. En quarante ans de vie, je suis devenue une pionnière de l'aviation civile, battant des records de vol en altitude et repoussant sans cesse les limites : première femme à traverser l'Atlantique en avion en tant que passagère, je réussis également cet exploit en solitaire, le Pacifique, le tour des États-Unis puis ma tentative de tour du monde, ma vie ressemble à une course effrénée dans les airs, mon élément. Ceci est mon histoire.»

À l'image de Nungesser (Fred Bernard et Asyen chez Casterman) et de L'enragé du ciel (Joseph Safieddine et Loïc Guyot chez Sarbacane) parus l'an dernier, les biographies de pilotes donnent souvent lieu à des bandes dessinées de qualité. Et Amélia Première dame du ciel n'échappe pas à la règle. Il faut dire que la vie de cette aventurière vaut le détour : femme de tête, elle fut une pionnière dans l'aviation et n'eut de cesse de repousser les limites et d'explorer les cieux. S'attachant à la longue liste de ses exploits sans s'attarder outre mesure sur son enfance, Arnü West opte pour un récit à la première personne. Il en découle une narration saccadée, voire par moments hachée, mais d'une force indéniable. Toutefois, loin d'en faire une simple énumération, le scénariste parvient à mettre du liant entre ses prouesses. Suivant un ordre chronologique, il égrène les événements marquants de la vie de son héroïne, notamment le baptême de l'air en 1920 qui servit de déclencheur et éveilla en elle cette folle passion (deux ans plus tard, elle battait son premier record !). Il décrit également ce qui anime Amélia «Meelie» Earthart : une volonté farouche de montrer aux hommes et au monde que ces exploits étaient aussi à la portée des femmes. Féministe donc - elle participa à la création de The Ninety-Nines Inc., l'association internationale des femmes pilotes - mais pas seulement. L'importance que joua sa rencontre avec George P. Putnam, qu'elle épousa en gardant son nom de jeune fille, est également mise en avant. La relation qui les unit sert ainsi de fil rouge au récit, montrant l'opposition des caractères, lui en charge de financer les expéditions de son épouse, pragmatique et un rien affairiste, elle entièrement absorbée par sa soif d'aventures.

Pour habiller cette épopée, l'auteur opte pour des teintes sépia. Celles-ci enrobent le livre d'une ambiance mythique, historique, comme un album souvenirs ou un bouquin d'histoire que l'on feuillette. Le soin apporté aux avions, le trait fin - malgré quelques proportions disgracieuses - et les couleurs à l'aquarelle participent pleinement à cette sensation. Certains paysages de nuit ou vus du ciel sont vraiment réussis. Enfin, la mise en page, inventive et variée, parvient à maintenir une immersion constante tout au long des 96 planches.

Aviatrice au destin hors norme, Amélia Earthart se voit offrir une mise en lumière à la hauteur de son existence : aérienne et pleine de vie. Malgré quelques défauts, Arnü West réussit à mettre en lumière cette héroïne méconnue en proposant une bande dessinée captivante entre témoignage et hommage.

Par M. Moubariki
Moyenne des chroniqueurs
6.0

Informations sur l'album

Amélia Première dame du ciel

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