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Winter Road

05/09/2016 3079 visiteurs 6.3/10 (3 notes)

D ans une petite ville paumée de l’Ontario, un homme taciturne, accoudé au bar, trinque à la santé de l’ennui. Encore. Mais prudence, il ne faut pas le chercher ! Car Derek, ancien joueur de hockey, est peut-être devenu un loser mais il cogne facilement. Depuis l’ « accident » à la patinoire, la colère ne le quitte plus. Le retour inopiné de sa sœur va lui redonner un but. Partie soudainement treize ans auparavant, elle revient sans bagages mais traîne derrière elle un gros paquet de problèmes que son grand frère va se charger de régler.Cela lui suffira-t-il pour trouver, au bout de la route de l'hiver, la délivrance ?

Scénariste fécond, dessinateur plus occasionnel, Jeff Lemire endosse ici les deux casquettes pour donner libre court à tout son talent. Comme dans Essex county), son premier roman graphique, l’intrigue se déroule au Canada, son pays natal. La neige omniprésente, la forêt dense, ses bouleaux nus, toute la nature participe grandement à la pesanteur de l'atmosphère. Les principaux thèmes de prédilection de l'auteur forment la structure de Winter road : les relations familiales (le père autoritaire notamment), la vengeance, la quête identitaire (les origines indiennes), la rédemption par le don de soi. Sur fond de tragédie, il les développe en profondeur grâce à des personnages à l’âme blessée. Derek abrite plusieurs archétypes : il passe du rebelle au martyr, de l'ange gardien au héros. L'identification et l'empathie viennent de façon instinctives et nous touchent naturellement.

Dès les premières planches, la précision du cadrage est frappante : une véritable immersion dans un film. Ce sont d'ailleurs des termes empruntés au cinéma qui viennent à l’esprit : plan fixe, travelling, ellipse, répétition, ralenti, zoom… Les onomatopées ne se lisent pas, elles s'entendent. Les cases (souvent peu nombreuses) sont distillées intelligemment, de manière à faire monter lentement la tension et imposer des temps morts. Un drame va arriver : mais quand ? comment ?

La colère froide, le dégoût, l’amertume, s'opposent à l'innocence, la tendresse maternelle et la fureur explosive. Le récit est ponctué de flash-back. Par le biais d'ambiances chromatiques différentes pour le présent et les souvenirs (respectivement bleu délavé et couleurs vives à l'aquarelle) illustre le contraste des époques. Au fur et à mesure, les ambiguïtés comportementales se lèvent. Le trait brut, simple en apparence, est terriblement expressif. Les décors sont dépouillés, focalisant ainsi l’attention sur l'essentiel. Les visages sont durs, reflétant l’âpreté de cette vie et les marques des traumatismes personnels. Ils ne sont pas beaux, juste réalistes. Rien de superflu, chaque scène a son importance, même les pleines pages contemplatives et les focus récurrents (pieds qui avancent, chien qui aboie, arbre solitaire) agissent comme des échos visuels.

Le titre original est Roughneck (voyou). Futuropolis a préféré un intitulé plus contemplatif. Cet épais one-shot se lit d’une traite mais se savoure, se vit jusqu’au dénouement terrible, inattendu. Il faut alors attendre quelques instants pour que l'émotion se dissipe, car là réside la grande force de Jeff Lemire : redonner l'espoir dans un monde perdu.

Par L. Moeneclaey
Moyenne des chroniqueurs
6.3

Informations sur l'album

Winter Road

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