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A u fil des saisons, quelque part dans la campagne russe, des Moujik sèment, labourent et récoltent leurs champs. Même si le sol est clément, il n'est pas rare d'avoir des difficultés à joindre les deux bouts et de laisser les bêtes « déborder » un peu pour aller paître là où l'herbe est plus verte. Empiéter sur les terres de la noble Barynia est devenu une habitude ; elle est compréhensive et ferme les yeux sur ces légers abus. Jusqu'au jour où son fils, de passage, décide de mettre de l'ordre en nommant un intendant : plus question pour les paysans voisins de profiter indûment des terres de sa mère, de s'accaparer les fruits de ses champs ou spolier son domaine. Et gare aux resquilleurs, les amendes seront de mise ou, au choix, les coups de fouet. Pacôme, père de famille sérieux et travailleur, est malheureusement de ceux-là...

À partir de la nouvelle éponyme de Léon Tolstoï (publiée en France en 1916 dans le recueil À la Recherche du Bonheur par les éditions Perrin), Martin Veyron jette un regard féroce sur le parcours d'un homme - et avec lui des agriculteurs et d'une large fraction de ses congénères - en quête de tranquillité que le goût du confort et l’appât du gain vont mener à sa perte. Avec douceur, il dépeint des paysanss volontaires dans une campagne rude où l'on sait pouvoir compter sur son voisin pour aider à la tâche lorsque le besoin s'en fait sentir. Toujours avec humour, il décrit, par saynètes, les petits arrangements que chacun s'autorise lorsque le lésé est supposé posséder plus : le ver est dans le fruit... Croquant des personnages truculents aux visages burinés et gouailleurs, l'auteur de Bernard Lermite montre comment, au bar du village après une longue journée de labeur, les travailleurs se retrouvent, parlent de leurs problèmes, mettent en avant leur soucis pour se convaincre de ce qui doit être fait pour le bien de tous.

Intemporelle, cette fresque, l'est encore plus grâce au soin apporté aux dialogues : modernisés, alternativement plein d'esprit, de fatalisme ou de bon sens, ils sont toujours percutants et confèrent au récit un rythme totalement actuel qui permet une lecture fluide. Grâce à son sens de la dérision, il montre les contradictions de son personnage central face aux réticences et aux nombreuses interrogations de sa femme ou face aux reproches de ses voisins à mesure qu'il bascule de l'autre côté, celui des possédants. Son comportement évoluera jusqu'à son départ chez les Baschkirs et à une triste conclusion.

Pour mettre en image cette histoire, l'auteur semble s'être offert une véritable récréation : ses « coloriages » comme il les nomme, offrent un doux contraste face à la force et la dureté de ce récit. Sortant de son cadre habituel, salons et rues parisiennes, il est visiblement très à l'aise dans ces décors naturels ou pour peindre les animaux. Le plaisir pris à varier les tons au gré des saisons est patent.

Martin Veyron livre une belle adaptation en forme de réflexion philosophique sur la frontière entre besoin et envie de plus. Terriblement dans l'air du temps, il moque cette société individualiste, tournée vers toujours plus de profit qui fonce vers la même fin. Drôle et à la fois pathétique.

Par M. Moubariki
Moyenne des chroniqueurs
7.5

Informations sur l'album

Ce qu'il faut de terre à l'homme

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L'avis des visiteurs

    Erik67 Le 08/11/2020 à 13:40:46

    Nous suivons les aventures d’une famille de paysan russe à la fin du XIXème dont le patriarche se met à rêver à un agrandissement de son domaine agricole. Cette idée n’est pas venue tout de suite car il était heureux et auto-suffisant. Il aura fallu les arguments du beau-père baigné dans le capitalisme ou encore celui d’un entendant zélé n’hésitant pas à se servir du fouet.

    L’écrivain russe Léon Tolstoï nous montre dans cette nouvelle que ceux qui rêvent de changer le monde tombe finalement dans les mêmes travers que ceux qu’ils dénoncent. Nous avons malheureusement chaque jour des exemples à travers le monde. J’ai adoré la fin de ce conte moral car cela montre que la cupidité et l’ambition ont des limites. Certes, c’est très abrupt et pas très bien amené, mais c’est finalement assez salutaire. On comprendra aisément le titre à savoir ce qu’il faut de terre à l’homme.

    Une bd qui a finalement été bien adapté. Il est vrai que je ne connaissais pas l’œuvre de Tolstoï mais que ce nouveau format qu’est la bd apporte véritablement quelque chose. Maintenant et c’est ce que je dis, avoir de l’ambition n’est pas aussi mauvais que cela tout au contraire.

    MediathequeMonaco Le 30/10/2017 à 11:09:43

    Dans un style plus classique, du moins dans la narration, plutôt que dans le dessin, voici l’adaptation très réussie d’une nouvelle de Léon Tolstoï : … . Réflexion universelle, sur l’argent et tout son corpus… Sa valeur (ou non), la richesse et la pauvreté, l’appât du gain et la nécessité d’en avoir, un peu ou beaucoup plus…. Excellente Bd, primée elle aussi au festival de BD d’Angoulême 2017 : Prix spécial du jury. Nathalie

    Au Fil des Plumes Le 03/07/2017 à 12:08:56

    Cette BD était depuis longtemps sur ma liste. Et là, soudain, je suis tombée dessus à ma médiathèque. Ni une, ni deux, j'ai foncé tête baissée. 

    Le scénario de ce roman graphique traite de l'ambition des Hommes, de leur cupidité, de leur égoïsme. La BD nous montre clairement la noirceur de l'âme lorsqu'il s'agit de territoire ou d'argent. Franchement, c'est pas beau à voir! Je n'ai pas complètement adhéré à l'histoire. J'ai été rebuté par ce constat négatif et sans appel. Aucune clarté, pas de rédemption, seulement des Hommes...

    Les personnages sont antipathiques, colériques et vraiment pas attachants. Violents, ripailleurs, ambitieux, méchants, saoulards... Bref... Cette BD c'est un condensé du pire de l'humanité. Et surtout, dans ce livre, pas de place pour les femmes qui sont reléguées au second plan, un peu comme de la déco Ikea mais en plus méprisé.

    Alors soyons franc, Martin Veyron n'est en rien responsable du côté histoire et personnage puisqu'il s'agit en fait de l'adaptation d'une nouvelle de Tolstoï (que je ne lirai pas sous peine de faire une dépression par la suite). Par contre, il est entièrement responsable de l'esthétique de cette BD. Je ne sais pas si c'est le fait que je n'ai pas aimé tout le reste, mais l'esthétique un peu trop classique ne m'a pas plu. Les couleurs sont ternes. Les traits sont épais et peu séduisants.

    http://aufildesplumesblog.wordpress.com

    Hugui Le 12/03/2017 à 23:17:55

    Qualité Veyron au dessin, donc super, mais l'histoire est un peu moralisatrice, un peu trop longue.
    Mais la conclusion est irréfutable.

    Bourbix Le 15/12/2016 à 22:00:17

    Une excellente adaptation qui répond très justement à la question de ce qu'il faut de terre à l'homme. Vous ne ressortirez pas indemne de cette lecture, et c'est sur un inattendu Martin Veyron aux manettes que vous y réfléchirez.
    A lire absolument et à partager.

    kurdy1207 Le 01/02/2016 à 08:47:40

    Un chef d’œuvre de Léon Tolstoï en BD. Des paysans vivant de leur travail et se satisfaisant de ce qu’ils puisent de la terre. Bien sûr ils profitent un peu des terres d’une Comtesse pour récupérer un peu de bois, quelques pommes ou pour faire paître les troupeaux.
    Seulement un jour, le fils de la Comtesse de visite, en provenance de Moscou, va nommer un intendant impitoyable pour que ces petits larcins cessent enfin. L’intendant va faire son travail distribuant coups de fouet ou amendes pour ceux qui peuvent payer. Les paysans s’appauvrissent ne pouvant plus bénéficier de la manne provenant des terres de la Comtesse.
    Mais un jour, la Comtesse décide de vendre ses terres. L’intendant est prêt à les racheter, mais, mené par Pakhomm, fermier des plus ambitieux, l’ensemble du village décide d’aller voir la Comtesse et de lui proposer une somme plus importante. Le pari est gagné. Seulement, tout ne se passe pas comme chacun l’aurait souhaité. Et les querelles entre voisins ne cessent de croître.
    Pour résoudre ces conflits, Pakhomm décide d’aller voir son beau-frère en ville pour qu’il lui prête de l’argent afin de racheter les anciennes terres de la Comtesse au village. Cette opération effectuée, Pakhomm peut dès lors réaliser tous ses projets. Seulement, chacun continu de profiter des terres riches. Et Pakhomm, va réagir exactement comme le faisait l’intendant bien qu’il ait auparavant subi ses exactions.
    La colère des paysans monte alors contre Pakhomm. Un jour un voyageur lui fait miroiter la possibilité d’obtenir des terres immenses sur le territoire des Bachkirs pour la somme de 1 000 roubles. Pakhomm part alors en charrette vers le lointain pays des Bachkirs laissant femme et enfant derrière lui.
    Une fois arrivé, on lui propose, contre la somme convenue, un domaine qui correspondra à ce qu’il peut faire en journée à pied, du lever au coucher du soleil. Pakhomm accepte. Mais la soif du gain le fera aller toujours plus loin. Un morceau de terre un peu plus fertile, un petit bois, un point d’eau… Mais il faut faire demi-tour. Alors une course contre la montre débute. Il commence par marcher plus vite, puis par courir, puis par enlever ses vêtements car la chaleur l’empêche de respirer. Il arrivera à temps mais tellement épuisé qu’il succombera. Alors on l’enterrera avec pour derniers mots : « Voilà ce qu’il faut de terre à l’homme ».
    L’âpreté au gain a toujours mené et mènera toujours la plupart des hommes. Ce satisfaire de ce que l’on a, est-ce si dur ? Pourquoi, par son égoïsme, faut-il rendre malheureux ceux qui nous sont proches. Ce conte nous propose mille questions plus fondamentales les unes que les autres. Oui, c’est un véritable chef d’œuvre et c’est depuis de très nombreuses années mon livre de chevet. Martin Veyron nous propose l’histoire un peu modifiée (par exemple dans la nouvelle Pakhomm part avec son serviteur qui l’aidera à poser les jalons alors que dans la BD le chef des Bachkirs lui propose deux hommes pour l’aider). Mais l’esprit est conservé et c’est très bien dessiné. Pour moi, c’est tout simplement MAGISTRAL.