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Carnets de thèse

11/05/2015 4393 visiteurs 6.0/10 (1 note)

P rofesseur en collège de ZEP, Jeanne Dargan a l'idée enthousiaste d'envoyer valser l'Éducation nationale pour se lancer dans une thèse sur Kafka non rémunérée. Pas de panique, malgré un taux d'échec qui frise les 60% en littérature, elle est certaine de finir en 3 ans... D'embûches en désillusions, commence un long chemin de croix, ou comment la passion prend son sens premier.

En cette période de remise en question utilitaire d'une tradition universitaire millénaire, Tiphaine Rivière utilise sa propre expérience pour décrire l'enfer du doctorat. Souvent méconnu et vu comme futile, l'exercice est au-delà du difficile: il faut sans cesse repousser les limites : celles de la connaissance bien sûr, mais surtout, l'école doctorale est une lutte perpétuelle contre soi et le monde. Contre soi, car le thésard est seul, face à lui-même, contraint à l'auto-discipline de la pensée, seul rempart contre le foisonnement anarchique des idées. La dessinatrice utilise des métaphores graphiques assez éloquentes pour décrire l'élaboration de son texte : un palais à l'architecture folle qui ne cesse de s'étoffer au mépris de toutes les lois de la gravité, un monstre protéiforme et boulimique. Jeanne se noie dans ses mots, dans ses concepts et n'arrive toujours pas à écrire une ligne au bout de plusieurs années. Elle doit faire face aux railleries d'une société qui n'a que faire de la recherche fondamentale et exige des résultats immédiats, à l'incompréhension des proches qui ne comprennent pas ce qu'ils considèrent comme un caprice d'étudiante attardée.

Pour compliquer la chose, il faut faire avec le mépris d'une administration cruelle qui refuse de payer six mois de service faits sur des prétextes fallacieux, d'un directeur de thèse je-m’en-foutiste qui jette ses élèves comme des toutous, à la jalousie et à la concurrence des autres étudiants. Le monde universitaire est dépeint comme il l'était déjà au temps de la scolastique, lorsque Rabelais raillait le mandarinat des facultés. Entrer en bac+8, c'est un sacerdoce à la gloire du savoir, souvent non payé, sans débouché, un sacrifice monacal de la vie privée. Jeanne vit, mange, respire, rêve thèse. La recherche finit par envahir complètement son esprit et sa vie et anéantit chaque parcelle de son ego. Pourtant, paradoxalement, ce marathon hors norme, qui dépasse très souvent les trois ans, garde une fascination intacte, l'attractivité du défi. C'est une compétition qui ne dit pas son nom, une expérience intellectuelle et physique unique.

Drôle, cinglant et cruel, Carnets de thèse jette un regard lucide sur le diplôme le plus élevé de France. Mais malgré la dureté de l'expérience, cette version papier d'un blog BD réussit à ne pas décourager la fascination pour l'épreuve et donnerait presque envie de se lancer dans cette véritable ascension solitaire de l'Everest.

Par M. Leroy
Moyenne des chroniqueurs
6.0

Informations sur l'album

Carnets de thèse

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L'avis des visiteurs

    belzaran Le 02/02/2017 à 08:22:50

    Passé par une thèse (dont elle n’a visiblement pas vu le bout), Tiphaine Rivière change de voie et nous propose « Carnets de thèse », un livre à charge contre le système doctoral en lettres. Au travers de Jeanne, elle narre son expérience : la difficulté de travailler seule, de ne pas être rémunérée, d’être considérée… Ce pavé de 200 pages est paru aux éditions du Seuil. C’est une adaptation d’un blog
    Jeanne est professeur de collège en ZEP. Frustrée, elle souhaite passer une thèse afin de partir enseigner à la fac. Elle est finalement acceptée pour mener une thèse sur Kafka, mais… Non-rémunérée ! Qu’importe, la jeune femme se met en disponibilité de l’Éducation Nationale : elle a trois ans pour finir sa thèse. Commence l’Enfer…
    Le postulat de départ de « Carnets de thèse » est son plus gros problème. Si on est forcément un peu scandalisé par un système qui se base sur la non-rémunération des thésards, le livre nous montre que Jeanne est au courant de tout dès le départ : 60% des thèses n’aboutissent pas, elle ne touchera pas un centime pendant plusieurs années, la plupart des thèses durent bien plus de 3 ans, elle sera seule chez elle à devoir avancer sa thèse dans son coin, les couples n’y résistent pas… Bref, elle le sait mais se dit qu’elle sera différente et que tout se passer bien. Du coup, difficile de faire preuve d’empathie pour elle. Le système est ce qu’il est, mais rien ne l’obligeait à se mettre en danger à ce point. De nombreux thésards de l’Éducation Nationale continuent à enseigner pendant leur thèse et en viennent à bout…
    C’est bien là le souci de cet ouvrage. Au-delà du système des doctorats littéraires, il raconte les ravages de la procrastination. J’ai bien du mal avec ces plaintes systématiques de notre société actuelle : « je voudrais travailler mais je n’arrive pas à me lancer. » Oui, c’est difficile. Et alors ? Même si Jeanne est esseulée et absolument pas guidée par son directeur de thèse, son attitude manque de dynamisme et d’envie. Et quand à la fin, on la voit rédiger en achetant une dizaine de bouteilles de vin au supermarché, cela laisse dubitatif…
    Côté dessin, c’est la catastrophe. Le style et les couleurs plagient les blogueuses que l’on peut voir sur internet. Le trait est vacillant, les expressions surfaites… Il y a des efforts dans les décors, mais l’auteure est trop limitée techniquement. Cela respire l’amateurisme. Cela se sent encore plus dans les couleurs sans aucune harmonie et aux effets Photoshop peu maîtrisés.
    « Carnets de thèse » trouve son intérêt dans l’aspect documentaire. Les thèses littéraires sont présentées dans leur côté le plus dur. Côté bande dessinée, on reste dubitatif. L’ensemble se lit sans grande passion, ni empathie. Jeanne est volontaire, certes, mais peu dynamique et assez antipathique finalement. Le niveau du dessin, beaucoup trop bancal, empêche le lecteur de se plonger pleinement dans l’ouvrage sans tiquer. À lire si vous voulez vous lancer dans une thèse. Sinon vous pouvez passer votre chemin.

    mesechappeeslivresques Le 16/09/2016 à 09:05:31

    Lu en une soirée, j’ai pu à travers l’humour de Tiphaine Rivière découvrir l’univers merveilleux des thésards… enfin pas si merveilleux que ça!

    L’auteur nous livre le parcours de Jeanne, qui décide de faire une thèse en 3 ans, ce qui s’avérera bien plus compliqué que prévu…

    A travers cette lecture drôle et pleine de dérision, on suit les galères de l’héroïne avec intérêt. On sourit, on découvre le chemin difficile que doit mener un thésard. La vie privée et professionnelle de Jeanne en est bouleversée. Il faut faire preuve de beaucoup motivation pour mener à bien cette quête.

    J’ai vraiment aimé les dessins et je me suis laissée embarquer avec plaisir dans cet univers que je ne connaissais pas du tout. Une vision réaliste de ce milieu (l’auteur est elle-même thésarde) et une lecture à déconseiller à tous les futurs thésards.

    Dr Tenma Le 06/03/2016 à 12:02:12

    De l'humour très fin et très subtil, je conseille vivement ce roman graphique et j'espère que l'auteure va continuer sur sa lancée. Tout comme le Commissaire Juve ci-dessous, je lui mets un 10/10 sans hésiter.

    Commissaire_Juve Le 14/04/2015 à 16:10:47

    Quelle bonne surprise !

    Ces Carnets de Thèse sont à la fois très fins et très drôles. J’ai passé un excellent moment à lire ce roman graphique. Je ne suis pas thésard ou universitaire, mais l’histoire nous accroche et nous fait rire des épreuves de l’héroïne. On sent que l’auteure maitrise son sujet à fond et cela donne un cadre et une dynamique solide à l’histoire et à toute une série de petites anecdotes plus amusantes (et terrifiantes !) les unes que les autres.

    Un 10/10 sans hésiter.