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Trilogie du Moi 1. Moi, assassin

02/10/2014 9077 visiteurs 7.6/10 (5 notes)

P rofesseur d’Histoire de l’Art, Enrique Rodriguez Ramírez est fasciné par la violence, et plus précisément par la représentation de la cruauté dans la peinture occidentale. Ses recherches l’amènent à s’intéresser de près aux pulsions morbides et mortifères qui, selon lui, animent tout un chacun. Sans doute est-ce dans cette fascination que se trouve l’origine de sa vocation de tueur.

L’assassinat élevé au rang d’art. Tel est le postulat de cet album dans lequel Antonio Altarriba se permet pas mal d’outrances, à l’image d’un héros qui varie ses exécutions. Ce personnage central reste longtemps une énigme, la froideur se mêlant à un emportement, une passion qui dévoilent chez l’homme la présence de sentiments très forts. Il y a une certaine rigueur, aussi, l’obéissance à des codes, à des valeurs morales. Une forme d’intégrité, en somme. Le plaisir éprouvé à le suivre non seulement dans ses dissertations théoriques (longs textes d’apparence académique), mais aussi dans ses actes (nombreuses scènes où le texte, généralement disert, s’éclipse devant l’image) relève d’une sorte de voyeurisme qui peut prendre des proportions malsaines. On serait parfois tenté de prendre fait et cause pour cet être qui, l’air de rien, intrigue et émeut.

Formellement, la symbiose entre récit et dessin est parfaite. Le noir et blanc de Keko instaure une distance tout en semant l’inquiétude et permet aux rares incursions de couleur rouge de mieux sauter aux yeux. L’effet est saisissant, tout comme des décors qui, par instants, s’apparentent à de vieilles gravures. Il en ressort quelque chose de solennel, impression renforcée par de véritables tableaux qui font leur apparition au milieu des planches.

Proposant une hybridation pour le moins réussie entre un thriller psychologique et une étude relativement poussée sur l’art et sa portée, ainsi que sur l’organisation de la recherche dans un domaine qui échappe à toute interprétation définitive, Moi, assassin est un livre captivant qui propose une expérience de lecture inoubliable.

Par D. Wesel
Moyenne des chroniqueurs
7.6

Informations sur l'album

Trilogie du Moi
1. Moi, assassin

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Note: 3.8/5 (34 votes)

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L'avis des visiteurs

    jbge Le 30/01/2019 à 15:18:37

    Cet album a des qualités indéniables... mais le sujet traité est tordu et malsain. La note qui en ressort est donc contrastée.

    Yovo Le 10/11/2016 à 21:57:34

    J’avais commencé à rédiger un avis plutôt littéraire et copieusement argumenté pour parler de "Moi, assassin" ; mais j’efface tout et reprends à zéro. Inutile d’en faire des tonnes.

    C’est tout simplement une BD intense aux qualités rares : un scenario dérangeant par ses éclats de violence et son amoralité mais particulièrement élaboré et haletant ; un dessin stupéfiant aux noirs et blancs tranchants comme des lames, parsemé de détails rouges sang (à noter l'étonnant réalisme des décors ) ; mais surtout l’éblouissant charisme de son héros, redoutable psychopathe sous les atours d’un prof de fac brillant mais vieillissant, aussi habile que retors dans l’exercice de son "art" de tuer. Tantôt pitoyable, tantôt flamboyant… Quelle classe et quelle gueule !

    Bref, vous l’aurez compris, je considère ce roman graphique comme un chef d’œuvre total, exigeant et vénéneux mais indispensable !

    meuillot Le 21/10/2015 à 15:25:59

    Frustrant. Sentiment de ne pas avoir apprécié pleinement cet album. La faute à mes lacunes sur l'Espagne, son histoire, son architecture, ses conflits, ses richesses. Qui plus est, je ne suis pas un fana d'Art dit de peintures, tableaux ou autres réalisations sur ce type de mise en scène.

    Je m'attarde donc sur la psychologie du personnage. Enrique est un homme érudit, respecté mais aussi controversé. Il attire et fait fuir la gente féminine. Il a ce côté passionnant et repoussant à la fois. Une attitude assez schizophrénique en somme.

    Qu'il ne dénigre à aucun moment d'ailleurs. Son côté sombre lui sert à accomplir de terribles actes sanguinaires au service de l'Art... Son intelligence sans faille lui permet de passer inaperçu et de ne pas endosser le rôle d'un serial-killer. Profil qu'il trouve bien trop prévisible et faible pour que quelqu'un comme lui puisse s'en emparer...

    Incontestablement, tuer est un Art, un tableau vivant. Il le nous démontre à travers ses divers meurtres. Méthodique, méticuleux, imprévisible, il arrive à justifier chacun de ses actes comme un service rendu à la victime. Et selon lui, son mode opératoire est... beau.

    Antonio Altarriba réalise un album atypique et saisissant. Pour peu que l'on soit issu ou adepte de la culture espagnole, on doit aisément ajouter des points supplémentaires à ma note attribuée...

    Il faut absolument mettre en exergue le dessin exceptionnel de Keko. Un noir et blanc jamais vu auparavant. Peut-être un soupçon du Sin City de Miller. Non, Keko a vraiment sa propre "patte". Un graphisme totalement adéquat à l'histoire. Où seul le rouge apparaît ici et là pour traduire la violence, le sang voire le narcissisme.

    C'est un bon one shot. Mais encore une fois, ma note n'est certainement pas représentative de la qualité de celui-ci.

    abel.gance Le 07/03/2015 à 15:40:13

    Très belle critique de Pokespagne, pas grand chose à rajouter. Pas fan du trait gothico-charbonneux de Keko mais il est parfaitement adapté à cette histoire et l'idée du rouge parcimonieux est vraiment intéressante. Après son "art de voler" Altarriba me ravit pour la seconde fois. Je me questionne juste sur la vision unilatérale (manichéenne?) de la problématique basque. Fin frustrante je suis aussi d'accord qui empêche l'accession aux cinq étoiles.

    pokespagne Le 05/01/2015 à 19:38:43

    Je dois avouer à ma grande honte que je ne connaissais ni Antonio Altarriba, ni Keko, et je me suis donc pris ce "Moi Assassin" comme une grande claque autant esthétique que conceptuelle. Le remarquable travail en clair obscur de Keko combine un réalisme quasi photographique des lieux (les amoureux de Madrid ou de la Place des Vosges en seront enchantés) avec la profondeur métaphysique que nécessite le sujet du livre. Mais c'est surtout le scénario et le récit de Atarriba qui font de ce livre une oeuvre marquante, voire exceptionnelle : au delà des délires artistico-criminels de son personnage principal, Altarriba nous livre une description minutieuse et cruelle du petit monde de l'université et de l'art espagnol, déchiré par des conflits politiques (la question basque, blessure ouverte dans le flanc de la démocratie espagnole) autant que par les ambitions personnelles et les inévitables mesquineries entre collègues et concurrents. La construction du livre, entre flashbacks illustrant les théories du professeur Ramírez et ses crimes inventifs, et chronique précise de la dérive d'une vie qui s'effondre progressivement, avec l'implacabilité du destin typique du roman noir, conduit le lecteur vers une fin peut-être un peu frustrante mais parfaitement logique.