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Toute la bande dessinée

Charly 9

21/11/2013 17952 visiteurs 7.3/10 (8 notes)

« - Combien ?
- Tous ! Tous ! Les hommes, les femmes, les enfants, les infirmes, les vieillards ! Tuez-les, mais tuez-les tous, qu'il n'en reste pas un seul pour venir un jour me le reprocher.
- Le Roi le commande, c'est la volonté du Roi !
 »
Pauvre Charly. Poussé à bout par sa Médicis de mère, son trop maquillé frère Henri et une cohorte de conseillers, voilà qu'il vient d'endosser la responsabilité de la Saint-Barthélémy en prononçant cette phrase apocryphe qui le marquera pour les siècles à venir du sceau de l'infamie. Il n'a pas fini de voir rouge, au sens propre du terme. Rongé par la culpabilité, le monarque aux étranges manies se laisse peu à peu dévorer par sa psychose. Il a 22 ans et il n'a plus qu'un an à vivre. Du sang, partout...

Charly 9, à en croire son titre, ne parait pas être un ouvrage très sérieux. Or, ceux qui connaissent Jean Teulé, auteur du roman éponyme dont s'inspire cette bande dessinée, reconnaîtront son traitement irrévérencieux mais bien documenté de l'Histoire. S'appuyant sur des faits exacts et utilisant à bon escient les clichés, rumeurs et légendes de l'époque (telle la mort de Charles IX, parée d'une aura de damnation par ses ennemis, ou le fameux « Tuez-les tous »), il passe le célèbre massacre des huguenots à la moulinette comique façon Histoire de France selon Bérurier. C'est la thèse traditionnelle reprise par Michelet qui est mise en scène : celle du complot dirigé par un prince fanatique, désormais contestée par de nombreux experts. En effet, cette action va totalement à l'encontre de la politique menée par la reine-mère et son fils depuis des années : celle d'une réconciliation nationale autour de la personne royale. Les premiers actes et écrits du souverain et de la régente traduisent un total dépassement. Pour ne pas perdre la face devant leur peuple et les cours étrangères et ne pas avouer qu'ils ne contrôlent plus leurs sujets, ils n'auraient pas eu d'autre recours que de revendiquer le crime. Le choix historiographique étant complètement assumé, il ne reste plus qu'à se laisser porter par le travail admirable de Richard Guérineau. Respectant le ton moqueur de l'original, il surprend par cette étrange expérience graphique qui consiste à changer de style de dessin en cours de récit, alternant planches académiques aux portraits fidèles, ligne claire, trait minimaliste en variation de gris sur fond rouge, ainsi qu'une incursion incongrue dans le monde de Peyo ou de Morris. Il délivre ainsi une parfaite reconstitution romantique de l'ambiance mystique et sectaire de cette fin sale et obscurantiste de la Renaissance, truffée d'anecdotes vraies ou jaillies de l'imaginaire des manuels scolaires du XIXe siècle.

Une adaptation en tout point remarquable qui offre une initiation parodique et cultivée aux guerres de Religions.

Par M. Leroy
Moyenne des chroniqueurs
7.3

Informations sur l'album

Charly 9

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L'avis des visiteurs

    Shaddam4 Le 17/09/2018 à 10:32:18

    Les couvertures de Guerineau n'ont jamais été particulièrement bien inspirées, comme quoi on peut être un très grand dessinateur et pécher sur la couverture. L'image est du reste parlante même si, selon moi, pas forcément percutante. L'ouvrage est au format quasi-comics de l'excellente collection Mirages de Delcourt (que je vous recommande vivement d'explorer), papier épais. Pas de bonus particulier.

    A 22 ans le jeune roi Charles IX, soumis à sa mère la redoutable Catherine de Medicis, ordonne les massacres de la Saint-Barthélémy, événement sans commune mesure dans l'histoire du royaume. Hanté par son acte, il finira son règne entre les poèmes de Ronsard et une gestion de la vie et de la mort immorale...

    J'avais découvert Guérineau sur le Chant des Stryges, série sur les premiers cycles desquels il a fait montre d'un art du cadrage, du rythme et des encrages redoutables. Je dirais ensuite que sa finesse s'est usée, sans doute à l'usage d'une série très longue qui ne lui a que peu laissé le temps d'expérimenter d'autres univers. J'avais lu le très bon (et contemplatif) western Après la nuit ainsi que son XIII mystery très politique il y a quelques temps et espérait qu'il se produise sur des one-shot. Cela semble chose faite et maintenant que les Stryges le laissent en paix il ne semble aucunement lassé du dessin et enchaîne ce qui ressemble à une série sur les rois de France: Charles IX puis Henri III dans son récent Henriquet, l'homme-reine dont le personnage est issu du précédent. Étonnant aléa je lis cet ouvrage juste après la formidable adaptation de Jean Teulé (encore) Je, François Villon par Luigi Critone, où l'on retrouvait déjà la violence brute, l'indolence du personnage principal et une certaine expérimentation visuelle. Il semble que Jean Teulé ait inspiré le même genre de visions aux deux auteurs...

    Ce qui marque dans cet album, c'est la très grande liberté d'un auteur qui s'assume comme tel et le sentiment que les contraintes de la série commerciale avec scénariste avait impliqué un besoin de grande respiration. On a toujours chez ce dessinateur un pessimisme noir sur l'humanité et une approche politique appuyée. Le point de départ, crime originel est la Saint-Barthélémy, qui entraîne une foule de réflexions en mode humour noir sur le pouvoir, la folie des guerres de religions et de monarchies consanguines, dégénérées et hors sol. La quatrième de couverture incite à la compréhension envers ce roi qui est néanmoins présenté comme un tyran, fou au milieu des fous. Pour illustrer cette désarticulation Guerineau alterne des planches assez classiques (et très belles), des expérimentations contrastées de rouge et de noir, des délires en mode Peyo,... Ce qui est perturbant ce ne sont pas les séquences en rupture graphique brutale mais l'alternance entre des planches encrées et d'autres bien moins travaillées sans que l'on comprenne bien pourquoi. Mais l'ensemble est particulièrement inspiré et sort tout à fait de l'ordinaire des albums BD.

    Sur le plan du scénario, Guérineau se cale dans les pas de Dumas et la Reine Margot, ou de son adaptation magistrale par Patrice Chéreau au cinéma. Ainsi de l'hypothèse d'une Catherine de Medicis castratrice avec un roi terrorisé à l'idée de perdre son amour, ainsi surtout de l'idée d'un empoisonnement du roi par sa mère elle-même, scénario développé par Dumas mais ne reposant que sur de faibles supputations historiques. Nous sommes donc bien dans un objet immaginaire, fantasmé et réapproprié par un auteur. Le point de départ est cette séquence terrible en huis clos, ce tribunal où pour la seule fois le roi nous paraît humain. Après quoi il nous sera présenté comme un adolescent attardé, fuyant sa responsabilité en des jeux tantôt mortels, tantôt cruels, mais toujours violents.

    BD inattendue pour moi, Charly 9 me donne très envie de lire la suite Henriquet et probablement les futurs one shot d'un illustrateur décidément très élégant et qui désormais loin des projecteurs rivalise avec la coqueluche du moment, un certain Ralph Meyer.

    Lire sur le blog:
    https://etagereimaginaire.wordpress.com/2018/09/14/charly-9

    Hexelizane Le 15/03/2017 à 22:15:22

    C'est vraiment excellent.
    On découvre le faible Charles IX qui est très réaliste. On meurt de rire et pourtant à le fin on est vraiment triste. Mais ça donne une mauvaise image de Catherine de Médicis, qui avait pourtant tenté la réconciliation des catholiques et des protestants, sans succès. Mais c'est une bd tellement géniale qu'on excuse ce petit arrangement avec l'histoire. Tout est tellement crédible, noir, psychotique et grossier. Tout en étant drôle et triste. Bravo aux auteurs !

    Rody Sansei Le 07/12/2015 à 11:06:43

    Passionnant de bout en bout.

    Je ne connais pas le livre dont est tiré ce roman/fiction dessiné, plutôt moyennement apprécié semble-t-il.

    Ma lecture de la BD sur passionnante, de bout en bout. Très bien dessinée, magnifiquement mise en scène, on suit les péripéties de ce roi maudit, qui a enchaîné erreur sur erreur durant toute sa courte vie. Les routes de l'enfer sont pavées de bonnes intentions, comme on dit...

    De l'humour (pas mal), de la noirceur (beaucoup) et un livre au final qu'on a envie de relire aussitôt fermé. Vraiment superbe.

    sulli Le 29/06/2014 à 16:15:53

    Charly 9 est l’adaptation d’un roman de Jean Teulé sur la courte vie, mais non moins passionnante de Charles 9. Entre récit historique et invention littéraire, on suit le parcours d’un jeune homme devenu roi contre sa volonté, et qui, hanté par "son" massacre de la Saint Barthélémy, sombra dans une folie sanguinaire. Richard Guerineau a pris le parti de rendre le lecteur à chaque page un peu plus proche de ce jeune homme fuyant, haï par sa cour et ses sujets. Malgré les anecdotes cruelles et les choix absurdes qui l’accablent, Charly se révèle être un jeune homme attachant.

    Guerineau s’amuse avec brio avec les références anachroniques et les légendes fondées ou imaginaires. Il a néanmoins réussi à traduire de manière très fluide l’évolution du personnage ; la folie qui gagne son esprit, la maladie qui détruit son corps… jusqu’à ce qu’il meure à la tête d’un royaume exsangue et déchiré par les guerres de religion.

    C’est piquant et captivant !

    http://bdsulli.wordpress.com/

    Ninjal Le 09/02/2014 à 14:26:44

    Si j'avais pu résumer mon avis en un mot celà j'aurais choisi : jubilatoire ! ... Cette BD me semble indispensable pour les amoureux d'une époque sombre de l'Histoire de France, où l'on croise la reine Margot et les poisons ''Médicissiens". Que le Pouvoir est destructeur ! ...

    kennedej Le 16/12/2013 à 08:47:47

    Magnifique album qui se dévore. On voit le roi sombrer peu à peu dans une folie irrémédiable. De jolis clins d'oeils qui permettent une "respiration" dans cette époque si trouble et sombre.

    24aikido Le 14/12/2013 à 09:33:37

    CHARLY 9....Une grande claque.
    Une adaptation très réussie du roman de Jean Teulé.
    Le graphisme et les couleurs collent au scénario.Et quel scénario.
    Déjà sur les bancs de l'école, je me souviens du massacre de la St Barthélémy et du dégoût de cette époque. Au nom de quel dieu pouvait-on agir de la sorte. La folie des hommes n'a aucun égal.
    450 ans après, quoi dire de plus. Les époques changent mais l'Homme, lui ne retient rien de son passé.
    Au top 10 des mes BD préférées

    FIFI1970 Le 13/12/2013 à 07:54:10

    Attention BD de l'année !!! Intelligente, drôle, instructive, et servie par une remarquable mise en images, vraiment un beau cadeau, merci MM Guérineau et Teulé !