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« De profondis clamavi ad te : Père, pourquoi les quatre innocents ont-ils péri noyés ?»

Cette phrase, jaillie des lèvres diaphanes du fantôme invoqué de Léopoldine, morte dix ans plus tôt, est destinée à son père, Victor Hugo. Sur le continent, l'Empire est rétabli depuis un an et l'écrivain, hanté par le deuil maladif de son aînée, a choisi l'exil à Jersey. Tourmenté par un affreux doute, le proscrit décide de s'embarquer clandestinement pour se rendre sur les lieux de l'accident et rouvrir l'enquête. En parallèle, John Tapner mène sa pauvre vie dans un ménage à trois, entre sa femme et la sœur de celle-ci, tandis que Napoléon III resserre les liens entre la France et l'Angleterre. A priori, trois pistes de récit qui n'ont rien à voir entre elles... mais c'est sans compter l'ironie du destin...

Les éditions Daniel Maghen sont réputées pour leur goût des belles planches, Victor Hugo, aux frontières de l'exil ne fait pas exception : c'est une somptueuse édition qui est proposée à la convoitise des lecteurs. Dès les premières cases, Laurent Patureau compose une ambiance authentiquement romantique : ciels tourmentés, vagues qui se brisent, un écho au célèbre tableau de Caspard David Friedrich (le Voyageur contemplant une mer de voyage) et à l'Ophélia de Millais, les visages et particulièrement les beautés féminines qui évoquent le trait des Académiques, jusqu'à la colorisation assombrie teintée de smog, l'emblématique brouillard sale de la révolution industrielle. En compagnie de leur illustre enquêteur, les auteurs transportent leur lectorat dans un Paris aujourd'hui inimaginable, fait de ruelles crasses, de baraques branquignoles et d'une population gouailleuse. C'est la capitale obscure et foisonnante d'Eugène Sue, la cité populeuse des Misérables qui est restituée.

À la plume, Esther Gil maîtrise à merveille son sujet en mêlant plusieurs thèmes dans son intrigue : une véritable énigme policière avec un soupçon de paranormal, littérature et poésie, contexte diplomatique et historique, psychologie des personnages. Elle n'oublie pas les aspects sombres de son héros et décrit en quelques scènes ses relations avec ses femmes qui virent à la cruauté désinvolte : la destruction psychique de sa fille Adèle, par son indifférence et sa façon de jouer avec la jalousie de Juliette Drouet, sa maîtresse en titre. En filigrane, la scénariste rend compte de l'obsession de son célèbre personnage envers Napoléon III, le noircissant, faisant de lui un tyran impopulaire, responsable de la flambée d'attentats. Or, la terreur anarchiste frappera indistinctement monarques et présidents dans tous les États européens jusqu'en 1914. D'ailleurs, en cette même année 1853, François Joseph d'Autriche échappe de justesse à la lame d'un couteau. Leur affrontement par tiers interposés, qui vire au duel antique, transpire tout au long du volume. In fine, devant la vérité sur la disparition de Léopoldine, l'écrivain, ardent partisan de l'abolition de la peine de mort, devra confronter ses pulsions naturelles à ses convictions les plus intimes et rassembler ses forces pour un énième combat contre sa Némésis.

Sur la base d'un scénario solide et bien documenté, Victor Hugo se révèle comme un passionnant polar protéiforme, explorant de multiples voies, aux frontières du poétique et du fantastique. Superbe en tout point, un hommage intelligent à un incontournable de la littérature, à lire de toute urgence.

Par M. Leroy
Moyenne des chroniqueurs
8.0

Informations sur l'album

Victor Hugo, aux frontières de l'exil

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Note: 4.3/5 (24 votes)

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L'avis des visiteurs

    Hugui Le 27/04/2014 à 13:38:24

    Un très bel ouvrage, avec des dessins qui sont de vrais tableaux, les femmes sont sublimes et on comprend l'amour que leur porte Victor Hugo. L'histoire est ancrée dans le réel et permet de découvrir l'ambiance et certains événements de l'époque. La partie romanesque est par contre un peu artificielle et peu réaliste, mais ne trahit pas ce que l'on croit savoir du caractère de Hugo.
    A lire et à contempler.

    meuillot Le 13/11/2013 à 16:43:46

    5/5, 10/10, 20/20, Quelque soit le barème défini, la note maximale s'impose pour ce splendide ouvrage à la mémoire d'un homme célèbre.

    Ayant eu la chance de me procurer la version Canal BD, je n'avais plus qu'à me délecter d'une histoire aussi passionnante qu'instructive tout en savourant ce dessin magistral dont L. Paturaud est l'auteur (& incontestablement, un de mes favoris...).

    Victor Hugo : c'est de l'homme & ses émotions dont il est question. Bien que de nombreuses références littéraires s'insèrent habilement dans cette fiction (Vidocq, l'inspiration d'Hugo pour Javert, Les Misérables & Gavroche), Esther Gil dresse une intrigue imaginée avec brio sur la cause réelle du décès de la fille tant aimée de V. Hugo, Léopoldine.

    Ainsi se dépeint l'existence d'un être triste (face à la mort de sa fille), aimé & aimant (Juliette Drouet & Léonie d'Aunet superbement illustrées), tourmenté dans une France du XIXème régnée par Napoléon III "Le Petit", mais aussi révolté face au destin tragique de John Tapner...

    On sent l'énorme effort de documentation dont on fait preuve les auteurs pour faire partager aux lecteurs cette ambiance, certes, où la fiction est présente, mais la réalité est telle qu'on se laisse embarquer avec une grande ferveur.

    Merci E. Gil & L. Paturaud pour ce formidable voyage. Amis bédéphiles, ne passez pas à côté de ce qui devrait être une des BD de l'année !

    herve26 Le 30/09/2013 à 19:09:46

    J'ai attendu que les éditions canalbd sortent enfin ce tirage de luxe pour me plonger dans cette aventure.
    Il s'agit là certainement de l'un des albums les plus intelligents et remarquables qu'il m'est été donné de lire en cette rentrée.
    Explorant les failles de Victor Hugo (son désespoir après la mort de Léopoldine, son goût des séances de spiritisme, son aversion contre l'Empire), Esther Gil nous propose un scénario finement ciselé, très éloigné d'une biographie classique. En effet, c'est une véritable énigme policière que l'on suit tout au long de ces 93 pages, énigme policière ponctuée d’événements et d'autant de personnages qui alimenteront l’œuvre de l'écrivain. On y croise en effet,Gavroche, Vidocq (qui deviendra Javert sous la plume de Victor Hugo) mais nous assistons également à la célèbre scène de fuite dans les égouts de Paris que l'on retrouvera dans "les Misérables" mais aussi en toile de fond, nous découvrons l'histoire de John Charles Tapner, dont s'inspirera Victor Hugo pour son pamphlet "le dernier jour d'un condamné à mort". Et l'auteur ose même une explication assez personnelle du port de la barbe par le Poète.
    Cet album s'inscrit dans la droite ligne du combat de Victor Hugo contre Napoléon III, avec un empereur plus vrai que nature sous les traits de Laurent Paturaud.
    Car la force de cet album réside sans doute dans les magnifiques planches de Laurent Paturaud, aussi à l'aise pour nous décrire la cour de l'Empereur, que les bas fonds de Paris.Mais il excelle dans les personnages, surtout les personnages féminins, qui sont de toutes beautés sous ses pinceaux. Il suffit pour s'en convaincre de vous plonger dans la cahier d'esquisses, qui est presque trop court!
    Pour les amateurs, je vous conseille les éditions canalbd qui proposent un dossier historique (en plus des esquisses) reprenant les personnages et événements présents dans cet album.
    Bien sûr, vous ne pouvez refermer ce livre sans découvrir ce poème que tout les écoliers ont appris, sous un autre angle:
    "Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
    Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends
    ..."

    roch59 Le 15/09/2013 à 17:20:43

    l'album est très bien scénarisé et somptueusement mis en couleur...C'est dommage que le dessin manque un tout petit peu de dynamisme (l'avant dernière page, nous livre le malheureux Tapner dans une position où le tragique n'est pas révélé dans toute son horreur, tant le dessin est statique et plat...), mais il demeure de très belle qualité...Les esquisses en fin d'album sont superbes...Très très bel ouvrage...

    watchman Le 15/09/2013 à 15:22:53

    Indispensable? Pourquoi:
    1. Le traitement, intelligent. Le scénariste utilise les zones d'ombres de l'histoire, la vraie. Et ma foi, c'est plausible.
    2. Le graphisme: somptueux.
    3. Le déroulement de l'histoire, donc le scénario. Fluide, comme je l'aime.
    4. La conception des "bonus" en fin d'album: les explications sur l'histoire réelle et les zones d'ombre dans lesquelles s'est engouffré le scénariste. Très didactique. Les esquisses en toute fin d'album rajoutent un plus à un très bel ouvrage.