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No sex in New York

30/12/2004 16615 visiteurs 3.6/10 (5 notes)

N ew-York, capitale du monde, ville de tous les fantasmes pour l'occidental moyen. Quel théâtre plus prestigieux pour un album de bande dessinée ? Des buildings vertigineux, des personnalités à chaque coin de rue, une densité de névrosés au kilomètre carré jamais atteinte, une telle diversité d'ambiances, de climats, de cultures, de sons, ... Voici réunis les ingrédients d'un album potentiellement explosif. Potentiellement...

No sex in New-York est une commande faite à Riad Sattouf pour le journal Libération. La chose vous sera amplement expliquée par l'auteur lui-même en première page. Aussi explicite qu'inutile. Ainsi mandaté par le quotidien, R. Sattouf sera chargé de fournir un récit illustré de son périple new-yorkais durant l'été 2004.

Périple est sans doute un terme surfait. Sauf si l'on considère le trajet Aéroport JFK - Queens - Central Park - aéroport JFK comme une aventure digne d'être posée sur le papier. Jamais une situation ne prendra réellement son envol (NDA:et pourtant c'est émouvant quand cela arrive, l'envol d'une situation). Beaucoup d'entre elles manquent pour ainsi dire d'intérêt. Le graphisme, même s'il n'est pas attractif, parvient néanmoins à installer un rythme qui vous emmènera au bout de l'album.

Il était difficile de faire d'une escapade à New-York un récit ennuyant. Riad Sattouf y est parvenu. Loin de la poésie dégagée par Sempé dans sa correspondance new-yorkaise (Par avion), l'auteur nous impose ici un album-photo peuplés de personnages insipides, quand ils ne sont pas antipathiques. Prisonnier d'un cercle de relations franco-françaises, il semble être passé à côté de l'essentiel. Voici une belle non-rencontre avec l'Autre.



Par flocon

Fin de printemps 2004. Riad Sattouf passe quelques jours à New York. Les traces de ces instants seront publiés dans Libération avant de paraître en album.

No sex in New York n’est pas un carnet de voyage, ni de croquis. La carte de la ville exécutée en ouverture d’album est à ce niveau on ne peut plus éloquente. Qu’on se le dise, nous ne sommes pas dans le même registre que le New York Carnets de Dupuy – Berberian, Par avion de Sempé ou encore Le pays des cow-boys de Blain à découvrir ce mois-ci dans Capsule cosmique (achetez-le !).

Le domaine d’excellence de Riad Sattouf c’est la conversation sans fond, l’art de donner la parole à ceux qui ne disent jamais rien d’inoubliable, trop occupés qu’ils sont à sonder leurs plus insignifiants symptômes existentiels, leurs bénins soubresauts libidineux, leurs nombreuses et minables frustrations. Surtout celles qui trouvent leur épicentre en dessous de la ceinture.

Après Les aventures de Jérémie dont le tome 1 nous avaient amusé et le tome 2 consterné par son condensé de clichés banlieusards, Riad délaisse donc le déguisement de Grand Duduche du début de XXIème siècle pour se mettre lui-même en scène, moins entomologue que témoin d'un échantillon de faune new yorkaise contemporaine. Voici donc une succession de saynètes à l’origine commandée par le quotidien Libération, toujours à la recherche de jeunes auteurs en vogue et « symboles de quelque chose » (cf. le "j'aime / j'aime pas de La Lettre Dargaud n°76). Ainsi donc vous voulez du branché façon « Chronique du quotidien ordinaire », éh bien vous allez être servis ! Mais on parle à peine de la Grosse Pomme, luxueuse et unique scène reléguée en toile de fond, on fréquente à peine les indigènes si ce n'est pour évoquer les « people » et les usages (aberrations ?) locaux. Le statut de musulman et le traumatisme post 11 septembre sont toutefois effleurés. Les vedettes, ce sont des trentenaires français venus occuper des emplois de bureau ou de restaurant ici plutôt qu’ailleurs, plus passifs qu’intrépides, plus contemplateurs de leurs nombrils qu’aventuriers. De la veine de ceux pour qui « Les nouvelles frontières » de Jacques Maillot sont plus éloquentes que celles de JF Kennedy. Une sorte de « Génération perdue des enfants de l’atone ».

A se demander si l’auteur n’aurait pas pu écrire l’album en puisant dans le fichier des abonnés de son commanditaire. Pourtant, point de fiel ou de second degré dévastateur, le ton est à la dérision et au ridicule… qui ne tue pas. Il est à celui de la médiocrité confondante affichée par les personnages. A aucun moment, le risque de l’identification ne guette, tant la caricature est évidente. Quoique…

En fait, la principale qualité de ce No sex anywhere est bien sa fluidité sans faille, une constante chez Sattouf. Il serait assez dommage de découvrir cet auteur auquel on prête un potentiel avantageux avec cet album. Ceux publiés chez Bréal jeunesse (Mémoire d’un puceau, Ma circoncision) comme Les aventures de Pipit Farlouze (in Capsule cosmique n°1 à 4), ou encore les scénarios qu’il a signé pour la série de dessins animés Petit vampire sont bien plus intéressants. Un peu comme si, pour l’heure, le discours destiné aux enfants était plus maîtrisé et séduisant que celui qui cible leurs aînés. Au final, on sera tenté de dire que NSINY est une oeuvre de commande dans un genre qui plaît mais dans lequel il aurait tort de s'enfermer.

Par Nerhu
Moyenne des chroniqueurs
3.6

Informations sur l'album

No sex in New York

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Note: 2.4/5 (67 votes)

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L'avis des visiteurs

    minot Le 15/11/2017 à 21:55:20

    J'ai plutôt pas mal de sympathie pour l'ami Sattouf, mais alors là, j'avoue être passé complètement à côté. Tout ça manque cruellement d'intérêt à mes yeux, l'humour est poussif, les dialogues sont plein de clichés et à vrai dire inintéressants ... Bref, rien de très folichon. Une histoire quelconque, servie par un dessin quelconque.