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Abymes 1. Première partie

17/01/2013 11694 visiteurs 7.8/10 (4 notes)

H onoré de Balzac met la dernière touche à la conclusion de son dernier feuilleton, La peau de chagrin, qu’il doit livrer sans tarder à La revue de Paris. À la limite de l’euphorie, l’auteur déchante bien vite lorsqu’il apprend que Pichot, propriétaire du journal, a choisi, sans l’avertir, de remplacer sa création par un autre récit à épisodes avec lequel il est convaincu d’augmenter ses tirages. L’histoire, transmise par un anonyme, dresse une biographie détaillée et impertinente de Balzac et dévoile même les réactions de celui-ci, en temps réel voire avec un coup d’avance… Qui peut bien être cette troublante plume ?

Après le défi relevé avec Denis Bajram pour Trois Christ qui consistait à raconter trois variations autour d’un même fait en utilisant quasiment les mêmes cases et les mêmes dialogues, Valérie Mangin se lance dans un nouveau challenge, celui de composer trois scénarios basés sur la mise en abyme. Avec ce procédé, l’auteure insère une série d’épisodes appartenant à un récit annexe dans l’intrigue principale, au point de constituer une chambre d’écho ou même un élément influant sur le comportement des protagonistes. Bien vite, l’assurance de l’écrivain se trouve entamée par les révélations de son mystérieux biographe qui étale sur la place publique des détails, souvent intimes et loin d’être glorieux, pour le plus grand plaisir des habitués avides d’indiscrétions croustillantes. L’entourage, en premier lieu son épouse, s’interroge et le presse de questions. De quoi le pousser à mener l’enquête et orienter l’album dans une autre direction, pour installer une touche de suspens qui permet de lui donner une saveur supplémentaire et de ne pas en rester à l’exercice de style.

Et, avant que le risque de lassitude pointe à mesure que le désarroi de Balzac semble atteindre son paroxysme, un autre virage est entamé. Pour confirmer des doutes et des hypothèses venus à l’esprit du lecteur, probablement, mais, avec la méthode employée par la scénariste qui rappelle que c’est elle qui mène la danse jusqu’à son terme, ce dont son personnage ne peut se vanter.

Ce sens du rebond et la précision de la mécanique n’auraient pas la même portée sans l’écrin graphique conçu par Griffo. Les intérieurs chaleureux qu’il a bâtis, les acteurs de cette mascarade bien-portants et au verbe haut qu’il croque avec une gourmandise communicative, la façon de présenter le premier d’entre eux, imposant et rustique, roulant des yeux, mèches en bataille et moustache massive, sont autant d’arguments pour plonger dans cette élégante machination.

Cette ouverture - qui se suffit à elle-même - tout juste refermée, la curiosité est grande de découvrir ce que réservent les deux suivantes, mises en image par Loïc Malnati et Denis Bajram. L’attente sera de courte durée puisque les volumes consacrés à Henri-Georges Clouzot à l’œuvre sur un film consacré à Balzac (bien sûr…) puis à Valérie Mangin (tiens donc) sont annoncés en février et mars prochains.

Si ce n’est pas tous les jours que l’envie de relire un exercice de style vient à l’idée, ce Balzac précipité au bord du gouffre en donne l'envie, ainsi que celle de se jeter la tête la première dans les Abymes suivants.

Par L. Cirade
Moyenne des chroniqueurs
7.8

Informations sur l'album

Abymes
1. Première partie

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Note: 3.0/5 (67 votes)

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L'avis des visiteurs

    Erik67 Le 01/09/2020 à 19:11:27

    Abymes est encore une série à concept pour le moins intelligent. Pour autant, j’ai l’impression que Valérie Mangin ne sort pas de son thème favori qu’est l’uchronie. En l’occurrence, elle s’applique au destin d’hommes célèbres ayant marqué la littérature ou le cinéma. Je ne vais pas critiquer car j’aime également ce genre de thèmes. Le talent de la scénariste fait que c’est bien exploité. J’ai toujours du plaisir à lire ces œuvres.

    Le second tome nous transporte après la Seconde Guerre mondiale et l'épuration qui a suivi en France. Un réalisateur de film semble être dans le collimateur. Henri-Georges Clouzot sera surtout la victime d'une sombre machination alors qu'il est entrain de tourner un film sur la vie de Balzac. On voit forcément le lien avec le premier tome. La mise en abyme est encore une réussite.

    Le troisième tome réserve d’ailleurs une surprise de taille puisque l'auteur elle-même se met en scène et que c’est son célèbre mari qui est au dessin. Il est vrai que dernièrement, une autre série à concept à savoir Trois Christs m’avait fortement déçu. Là, le rattrapage est plutôt réussi.

    L’exercice consiste à s’amuser de la mise en abyme. Cette trilogie avec 3 dessinateurs différents est très intéressante avec un scénario inventif et une cohérence digne de ce nom. Au niveau de la qualité, cela ira en crescendo avec une tension entre réalité et fantastique qui semble brouiller les pistes.

    Rody Sansei Le 07/12/2015 à 12:19:11

    Beau mais bien trop classique.

    Une histoire cousue de fils blancs. Dommage, il y avait vraiment matière à la rendre très intéressante. Rien à redire sur le dessin qui est superbe.

    luuna38 Le 04/10/2014 à 11:12:34

    Une histoire sur Balzac, sans vraiment de plus.
    Le truc de "l'abymes" de l'auteur, bin c'est mal développé, on vois pas vraiment ce qu'elle veux raconter.

    Moyen (et pourtant c'est le meilleur des 3) !

    nestilpas Le 25/05/2013 à 15:23:13

    Les personnages, dont celui de Balzac, virevoltent dans tous les sens. On apprécie la restitution de cette ambiance électrique. Néanmoins, le scénario n'évolue pas. Le même gag est répété maintes fois. On voit arriver dès le début l''impasse du scénario.

    dorsetshire Le 13/01/2013 à 15:32:28

    Balzac est furieux. Non seulement la Revue de Paris a suspendu la publication de La peau de chagrin, mais en plus celle-ci a été remplacée par un feuilleton anonyme qui raconte dans un style tout balzacien la vie, et donc les turpitudes, d'un certain... Honoré de Balzac. Tout ce que l'écrivain a cherché à cacher avec le plus grand soin tout au long de son existence se retrouve exposé au grand jour, au risque de ruiner sa vie sociale, sa carrière, et même de le mener en prison ! Prêt à tout pour découvrir l'auteur de ce canular, il s'engage dans une quête qui le mènera au bout de lui-même. Un récit brillant, entre enquête policière, conte philosophique et farce macabre, au coeur de la vie mondaine et littéraire du XIXè siècle.
    Le tout relevé par le talent de Griffo. Je me réjouis déjà de lire les prochains tomes.