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U n riche palais de la région de Palerme, 1770. Après plusieurs jours d’agonie sous le regard impuissant des médecins, la jeune Rosalia part rejoindre sa mère, morte en couches quelque seize ans plus tôt. Écrasé de chagrin, son père Raimundo, Prince de Sansevero, se met en tête de faire revivre sa fille par tous les moyens, fussent-ils inavouablement occultes. Il fait alors appel à l’énigmatique Salerno, l’alchimiste ténébreux à qui il avait commandité ses célèbres machines anatomiques humaines représentant le système sanguin, qui lui valurent la reconnaissance de ses pairs maçons et de tout ce que l’Europe comptait de savants, des années auparavant. Le noble napolitain, effrayé par les méthodes funestes employées pour figer les dépouilles, avait fini par rompre avec Salerno au moment où celui-ci envisageait une toute autre entreprise : insuffler la vie dans un corps inanimé…

Inspiré d’une légende populaire – elle-même basée sur des faits historiques – encore vivace, tant à Naples que dans les cénacles ésotériques, le scénario concocté par Pierre Colin-Thibert s’attache avant tout aux relations ambiguës unissant l’anatomiste et son riche mécène, faisant de celui-ci un personnage un peu falot. Vivant son amour des sciences par procuration, il devient finalement le jouet des sombres visées du démiurge dont il a facilité l’émergence. Faire du duo un précurseur du docteur Frankenstein égaré en plein siècle des Lumières est un angle de vue original, le récit adoptant un ton résolument scientiste. Ici, point d'étalage de grimoires secrets, gardiens mystiques et autres complots théologiques improbables, c’est la technique qui guide les travaux du Prince et de son complice.

Transposant sous le soleil éclatant de l’Italie du sud un genre habituellement dévolu aux cités industrielles blafardes et aux caves enténébrées, Stéphane Soularue compose une partition idoine, par son trait intensément dramatique, comme par ses couleurs flamboyantes. Le crayonné est léger, parfois absent, disparaissant sous les lavis bruns soulignant les ombres. Mais l’essentiel du graphisme est traité directement à l’aquarelle : des ocres éclatantes, des blonds mordorés, pour figurer la lumière méridionale. Et puis, en communion avec le titre, débordant de chaque case, chaque planche, dominant comme rarement la tonalité d’un album, la plus éloquente palette de rouges qui se puisse imaginer. Une gamme sanglante allant du carmin le plus délicat au pourpre le plus rageur. Quelques larges vues d’intérieurs aristocratiques richement ornés viennent aussi agréablement flatter le regard.

Rompant radicalement avec l’ambiance fuligineuse de leur opus précédent (Des chiens et des loups, Sarbacane), les deux auteurs ont cette fois-ci trempé leurs plumes et pinceaux dans le sang, s’emparant d’un fait divers qui intrigue depuis plus de deux siècles pour en imaginer les ressorts secrets. Un traitement audacieux qui ne réserve pas ce copieux one-shot aux seuls amateurs d’énigmes historiques.

Par O. Boussin
Moyenne des chroniqueurs
7.0

Informations sur l'album

La loge Écarlate

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