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« J’ai tué ma mère à la naissance ». Ne croyez pas que par ces mots, le gamin qui habite un trou perdu où personne ne s’arrête jamais cherche à exprimer un quelconque sentiment de culpabilité ou une circonstance atténuante. Non, il s’agit d’un simple constat. Il se définit comme « un enfant qui tue les gens » et ne cache pas son objectif de dépeupler ce bled jusqu’au dernier de ses habitants.

Un léger bruit dans le moteur, une sacrée secousse pour le lecteur. Avec cette adaptation d’un roman de Jean-Luc Luciani, Gaet’s et Jonathan Munoz donnent dans le sordide de haut vol. Si ce n’est leur talent à tracer une trajectoire meurtrière exécutée sans état d’âme et brosser le portrait d’une galerie de dégénérés de tous âges, il n’y a rien à sauver dans ce qu’ils montrent. En premier lieu, pas le gamin, bourreau d’animaux puis qui s’en prend à ses semblables, de sa taille dans un premier temps (sa première victime est son demi-frère, fracassé au pied de la balançoire du jardin) et ensuite aux adultes. Ce qui lui vaudra de mettre en pratique quelques talents pour la ruse et la manipulation.

Parlons-en de ces adultes, dont les comportements tranchent singulièrement avec certains réflexes de bigots hérités d’une pratique de la religion plus pavlovienne qu’innée, tant leur manque d’humanité est flagrant. Au village, la dernière étincelle de génie ne doit pas dater d'hier et, pire, aucune âme ne devrait trouver directement la porte du Paradis. Racistes, teigneux, aliénés, cupides au point d’ériger l’escroquerie en pratique courante plutôt que de travailler, primairement libidineux jusqu’à pratiquer l’inceste ou la pédophilie : l’assemblée est répugnante. Et les représentants de la morale (institutrice, abbé) sont dans un tel état de décrépitude qu’ils ne sont plus les garants de quoi que ce soit.

La force du récit réside dans le fait qu’il est narré à la première personne par un gamin qui ne s’embarrasse pas de cas de conscience. Lorsqu’il est éveillé, il poursuit son dessein. Le fait d’être sujet à quelques cauchemars lorsque son esprit se relâche le temps du sommeil ne le fait pas dévier de son projet. Il passe bien du temps à jouer avec les rares autres mômes, mais il s’agit tout au plus d’une occupation, rien qui puisse créer de l’empathie à leur égard. Il n'y a tellement rien à faire ici, quel que soit l'âge que l'on a. Seule Laurie, martyre locale, jouit d’un statut légèrement différent, sans que son destin soit plus enviable.

Outre le coup qu’il donne à l'estomac du fait de son sujet et de l’agencement de son déroulé (c’est un soulagement également de n’apercevoir aucun ressort plus ou moins fantastique ou de coloration démoniaque), l’album est marqué par le travail graphique de Jonathan Munoz. Essentiellement baignée dans une quasi-bichromie alternant jaune verdâtre et bleu nuit, sa partition est irréprochable. Ses villageois ont des gueules qui n’inspirent aucune charité, ses paysages sont soignés et les textures laissent pantois. Le cahier graphique en fin d’album n’a que le défaut de donner un sentiment de frustration de ne pas pouvoir le découvrir en intégralité sous forme de crayonnés.

En dépit du sentiment de malaise qu’il peut faire naître, associé à une once de culpabilité de s’être donné un rôle de voyeur durant sa découverte, Un léger bruit dans le moteur est une franche réussite proposée par les éditions Physalis. Le fait de se sentir un peu mal à l’aise, de réprimer quelques grimaces ou sourires durant la lecture en est probablement le signe le plus révélateur.

Par L. Cirade
Moyenne des chroniqueurs
8.0

Informations sur l'album

Un léger bruit dans le moteur

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L'avis des visiteurs

    Thomaswae Le 18/03/2020 à 21:56:10

    Une claque visuelle qui colle parfaitement à la noirceur du récit
    Ce plan machiavelique d’un enfant de 8ans fait froid dans le dos et se lit rapidement

    yopinet Le 17/02/2018 à 21:35:43

    7/10
    Un album qui se dévore vite, trop vite peut-être. Le récit est fluide, et sans fioriture, le dessin est redoutable et les couleurs sépias donnent toute la noirceur nécessaire à ce slasher.
    Seul bémol, cette histoire aurait mérité 2 tomes. Cela aurait permis d'approfondir la psychologie des personnages, qui sur ce format court, manque un peu de profondeur.

    meuillot Le 16/03/2015 à 13:02:14

    Waouh ! Un one-shot à ne pas mettre entre toutes les mains ! Et pourtant, je le mets assurément dans mes "indispensables".

    Je n'ai pas lu le roman de J.L. Luciani qui en est l'auteur. Mais ce qui est important de souligner c'est que cet écrivain est avant tout un auteur jeunesse. En s’imprégnant de cette adaptation BD, on imagine qu'il maîtrise la façon de penser des gosses mais aussi la manière de s'exprimer avec eux... Le moins que l’on puisse dire, c'est que ses conclusions accouchées font froid dans le dos !


    Car il ne faut pas attendre plus tard que la septième page de cette bd pour comprendre qu'on va rentrer dans un univers malsain, suffocant et terriblement anxiogène mais pourtant on en redemandera....

    Ainsi on suit l’histoire de ce gosse, dont ne saura jamais le nom, vivant dans ce village perdu où personne ne s'arrête et où vit une poignée d' habitants. C'est ce gamin qui nous raconte sa vie dénuée de sens et dont l'occupation principale est de tuer.

    Lorsqu'on n'a pas plus de dix ans et que l'activité la plus réjouissante entre "copains" est de souffler dans les lézards ! Lorsqu'on se sent presque fier d'avoir "tué" sa mère à la naissance.
    Lorsque le moindre papillon , escargot, être vivant, n'a aucune chance si ils croisent notre passage...

    ... On comprend qu' "Un léger bruit dans le moteur" est un titre qui aurait très bien pu être remplacé par "Un léger pète au casque" ou "Un grain dans la tête" !!!

    L'adaptation scénarisée par Gaet's tient bien la route. Du début à la fin tout concorde avec une fluidité déconcertante. Chaque page finie donnant envie de découvrir l'autre.
    Le dessin de J. Munoz est vraiment à mettre en exergue dans ce trio qui a édifié cette histoire. Les couleurs jaunes/bleues-nuit, les expressions de visage (cette petite fille avec le regard perdu dans le vide...), les décors : c'est un paradoxe mais c'est somptueux...

    Jusqu'au bout (pour ma part, une once d'espoir lorsque le gamin va se confesser auprès du curé...), on se dit que l'on se confronte à l'imagination débordante et morbide de cet enfant. Avec cette sensation de vouloir être réconforté...

    C'est un one-shot maitrisé de bout en bout. Et j'ose le dire : j'ai pris beaucoup de plaisir à le lire !

    sulli Le 25/03/2013 à 09:48:36

    Quelques dégénérés aux mœurs détestables vivent dans un village isolé de l’Amérique profonde : 4 ou 5 familles tout ou plus, un curé, une pute, une épicière et une institutrice. Parmi les habitants, un jeune garçon pour qui « ce village pue ». Il entreprend alors, de manière très naturelle, de tuer ce petit bled, au sens propre comme au figuré.

    C’est un récit bien étonnant que celui de cet enfant impassible qui explique ses motivations et ses petites stratégies. Car il fait preuve de beaucoup de débrouillardise pour accomplir son dessein meurtrier et tuer, un à un, chaque habitant du village. Mais paradoxalement, ce petit monstre garde une fraicheur infantile.

    Le dessin est tout aussi insolite. L’ambiance graphique, dans des tons verdâtres, est sale. Et elle convient tout à fait à ce conte d’épouvante et à ses personnages aux traits ronds.

    Cette adaptation d’un roman de Jean-Luc Luciani est une bonne surprise.

    http://bdsulli.wordpress.com/

    larryssa Le 27/12/2012 à 17:07:23

    A l'heure où la BD est à elle seule un microcosme de tous le genres littéraires, voici cette BD certainement dérangeante mais intéressante. Alors que l'écho narratif de cet enfant tueur parsème le livre de fautes de syntaxe et d'orthographe, le dessin soutient une histoire sombre et froide. De quoi créé un certain malaise tout en conquérant les lecteurs les plus récalcitrants...