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OmS en série 1. Terr, sauvage

15/10/2012 10225 visiteurs 7.8/10 (4 notes)

P our Tiwa, créature de la planète Ygam mesurant une douzaine de mètres, Terr est un animal de compagnie, un minuscule être, aussi amusant qu’anecdotique. Le petit Om n’a rien de terrible (le terme à l’origine du diminutif devenu son patronyme) et pour les Draags, les figurines vivantes telles que lui sont inoffensives et dénuées de la faculté d’apprentissage. Un Om qui donne des signes d’intelligence, comme Terr, constitue nécessairement un cas unique mais ne saurait représenter une menace. Et pourtant…

Oms en série est publié en même temps que Niourk et propose un autre aperçu du talent de Stefan Wul. À coup sûr, les gigantesques extra-terrestres à la peau bleue, aux yeux rouges et aux ouïes en forme de nageoires ne seront pas étrangers à une certaine catégorie d’âge.

Il reviendra en effet à l’esprit des cinéphiles l’adaptation du roman original faite par René Laloux et Topor en 1973 sous le titre de La planète sauvage et peut-être plus encore à celle des téléspectateurs assidus de La Séquence du spectateur qui diffusait assez régulièrement une dizaine de minutes de ce long métrage.
Comme à l’accoutumée chez Wul, différents thèmes sont abordés, tant mieux pour le lecteur. Il faut dire que la première partie de l’album, quasiment consacrée au sort incongru réservé aux anciens habitants de la planète Terra, lasse assez rapidement. Question d’époque sans doute, car le sentiment de franche indignation causé par le traitement réservé à nos congénères se trouve légèrement émoussé (la sensation est renforcée par des dialogues parfois un peu fades). Traiter l’homme comme un animal domestique causerait-il désormais moins d’émotion qu’il y a un demi-siècle ? L’opposition entre la candeur cruelle des jeunes enfants et le laisser-faire désinvolte des adultes ne suffirait pas non plus à fournir un plat de résistance assez conséquent.

Heureusement, deux autres sujets (au moins) sont abordés dans cet album scénarisé par Jean-David Morvan : l’organisation des Oms pour tenter de s’affranchir de leur situation d’hommes-objets et le crève-cœur de Terr, qui après avoir été séparé de son frère jumeau est rejeté par une mère qui semble avoir oublié son existence. L’absence de solidarité initiale entre les communautés de rescapés humains et le rôle de procréatrice en série réservé à une femme ayant renoncé à sa personnalité en échange d’un confort matériel sont des pistes de réflexion consistantes. C’est à cette manière d'aborder différentes questions en extrapolant à partir de certains faits de société, y compris pour en exacerber les outrances, que les plus belles pièces d’anticipation sont reconnaissables.

L’autre point fort ce premier tome est bien entendu le traitement graphique et la mise en couleurs concoctés par Mike Hawthorne. Le dessinateur, dans un registre très différent de Queen & Country ou de G.I Joe : Origins, propose une immersion dans un univers où les plongées et contre-plongées alternent en fonction du point de vue des protagonistes, de tailles radicalement différentes. Les plans rapprochés dynamisent l’action au même titre que les perspectives, jusqu'à donner le vertige dans des décors aux dimensions hors normes. Oubliez cette fois les souvenirs de paysages arides, dépouillés et volontairement ternes laissés par la vision de Topor. Les couleurs, sans être criardes, sont ici omniprésentes, la faune et la flore variées et denses : dépaysement et bond dans un monde connoté « futuriste façon 70’s » garantis. Bien sûr, par rapport au long métrage, il manque l’admirable musique composée par le talentueux Alain Goraguer, aux accents psychédéliques et progressifs d’époque, mais rien n’empêche de trouver une bande originale dans ses trésors personnels.

Comme pour son comparse Niourk, la dernière page d'Oms en série se tourne avec la conviction que ce récit s'enrichira, se densifiera un peu plus encore avec la découverte des volets suivants. Deuxième album dans « Les univers de Stefan Wul » et deuxième réussite : voilà une collection bien née !

Par L. Cirade
Moyenne des chroniqueurs
7.8

Informations sur l'album

OmS en série
1. Terr, sauvage

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Note: 3.8/5 (50 votes)

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L'avis des visiteurs

    Erik67 Le 22/11/2020 à 18:43:32

    Après avoir découvert Niourk en bande dessinée, je poursuis l'exploration des oeuvres imaginées par Stefan Wul. Ce dernier a écrit 11 oeuvres majeures de 1956 à 1959 qui vont bouleverser la science-fiction et surtout inspirer beaucoup d'auteurs que ce soit dans la littérature ou dans le cinéma. C'est drôle comme un chirurgien-dentiste peut s'adonner à une passion cachée pour l'écriture et l'évasion dans des mondes extraordinaires.

    Par rapport à Niourk, c'est un cran en dessous. Le graphisme très désuet y est sans doute pour quelque chose. Au niveau du scénario, il n'y a rien à redire. J'ai bien aimé cette inversion des rôles entre l'homme et l'animal. Un jour, une civilisation extra-terrestre nous considérera également comme des insectes. Doit-on alors continuer à envoyer des signaux dans l'espace ?

    Cet auteur a fait un long silence radio après avoir écrit ses meilleures oeuvres. C'est dommage d'avoir arrêté car le génie était à ce moment précis absolument incontestable. On le découvre maintenant et c'est une bonne chose. J'attends avec impatience La Peur Géante et Piège sur Zarkass.

    Megalito34 Le 17/03/2020 à 19:42:23

    Adaptation réussie du classique de Stefan Wul, que j'ai préférée finalement au dessin animé bien connu. On ne s'ennuie pas tout au long des 3 tomes, je les ai dévorés...
    C'est peut-être l'adaptation que j'ai le plus aimée de toute la bonne collection "Les Univers de Stefan Wul"...

    Arkadi Le 10/05/2016 à 17:27:27

    Attention culte !!!

    « Oms en séries » l’est assurément autant qu’il est considéré comme un classique de notre science-fiction franchouillarde ! Et il est bien vrai que cet œuvre mérite tous ces éloges car elle était incroyablement novatrice pour 1957 et demeure toujours aussi étonnante aujourd’hui !

    D’ailleurs, René Laloux ne s’y ai guère trompé en empruntant sa première moitié pour construire son dessin animé « La planète sauvage », prix du jury du festival de Cannes en 1973. Cet OVNI filmique, aux dessins brulants et sexués de Roland Topor, allie la lente contemplation, l’expérimentation visuelle post soixante-huitarde et les émotions poétiques. Mais « La planète sauvage » n’est pas « Oms en séries » car le roman, lui, s’attèle à la survie d’un peuple « fourmi » d’humains face à une civilisation Draag en déliquescence. Et Terr, le héros, est tout à la fois un Spartacus et, un Périclès moderne, alors que le dessin animé privilégie les Draags…

    Morvan revient, au contraire de Laloux, en la fidélité du roman qui n’a guère besoin de modernisme tant il l’était déjà. Toutefois, le scénariste rajoute un propos filial fort salutaire entre la mère et le héros qui débute et clôt ce premier tome et qui donne la juste mesure de l’asservissement et du renouveau des Oms. Morvan ne cherche d’ailleurs pas à inscrire sa patte personnelle dans cette adaptation : il est au service de l’univers Wulien (et de son roman) qui n’a ni faille, ni vide (à part peut-être les rapports humains un peu trop vague et lapidaire dans le roman) contrairement à beaucoup d’autres œuvres de Stefan Wul.

    Hawthorne, lui, ne rend pas hommage à Topor. Ses couleurs glacés sont aux antipodes des couleurs brulantes du dessin animé. Et c’est, à mon avis, préjudiciable pour la bonne immersion rapide du lecteur dans ce monde….Toutefois, le classicisme de sa plume sert merveilleusement l’histoire…Et la narration visuelle est de toutes les réussites : Les Draags sont superbes tout comme leur civilisation et leur « home, sweet home »…

    Ce premier tome est une belle adaptation, sans parti pris nouveau et risqué certes, mais le roman étant suffisamment dense pour ne pas en rajouter, le découpage et les choix de mises en avant de certains propos romanesques plutôt que d’autres par Morvan sont judicieux et percutant.

    L’homme connaît son boulot pour nous faire aimer Stefan Wul.

    duncan89 Le 21/10/2015 à 16:13:51

    Un album d'introduction à l'univers des Oms plutôt réussi, l'adaptation est plutôt fidèle au roman. On découvre avec intérêt l’interaction entre les draags et les Oms.
    La mise en case est plutôt classique mais efficace, le dessin de hawthorne est d'un bon niveau avec des influences de Caza et moebius. La gestion des perspectives et différences d’échelles est très bien rendue. La colorisation typée seventies rend homogène l'ensemble.
    Un bon moment de lecture.