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Batchalo

17/09/2012 8153 visiteurs 6.0/10 (1 note)

U n soir de février 1939, un petit village tchécoslovaque est en émoi. Deux gosses, Johann et Roman, ont disparu. Pour les habitants, pas de doute : ce sont les Tsiganes, installés dans le coin, qui les ont enlevés. Pourtant, au campement, les nomades leur disent que dix des leurs sont également introuvables. Si les villageois refusent de les croire, Josef, père de Roman et policier, décide de leur faire confiance. Ensemble, ils se lancent sur les traces des enfants et, glanant des informations de-ci de-là, finissent par apprendre que les garçons ont été emmenés par des nazis. Alors que la guerre fait entendre ses rumeurs funestes, les Tsiganes et Josef parviennent à la frontière avec l’Allemagne. Là, ils sont arrêtés et envoyés dans un camp. L’enfer de l’internement, des privations et des vexations s’ouvre devant eux, tandis que, à quelques lieues de là, Roman et Tchavo, le frère de la belle Silenka, se font passer pour des jumeaux auprès de médecins sadiques et avides d’expérimenter leurs théories douteuses sur ceux qu’ils jugent « inférieurs ».

Coïncidence ? Alors que les éditions 12 Bis publient Zigeuner de Nathaniel Legendre et Jordi Planellas - mettant en scène le boxeur gitan Johann Trollman -, Batachalo, signé Michaël Le Galli et Arnaud Bétend, paraît simultanément chez Delcourt. Si les histoires ne sont pas les mêmes, l’époque qui les inspire, elle, l'est, puisque les deux albums évoquent un thème bien peu abordé : porajmos, le génocide qui coûta la vie à des dizaines de milliers de gitans entre 1933 et 1945. Une déportation méconnue et souvent oubliée en comparaison de l’Holocauste et de ses six millions de victimes juives. Pourtant, ces deux albums sont là pour la rappeler à nos mémoires et, ne serait-ce que pour cela, sont méritoires.

Du mérite, Michaël Le Galli en a aussi puisqu’il propose un récit original et plutôt bien documenté qui, factuellement, est très valable. En effet, l’histoire qu’il développe lui permet de montrer les différents aspects de l’arrestation et de l’internement de la population gipsy d’Europe, considérée comme « asociale » et « inférieure », ainsi que les différentes exactions dont les Tsiganes ont été victimes. Le lecteur apprend ainsi que les familles n’étaient pas séparées et vivaient dans des camps insalubres, mais aussi que leur extermination massive, dans les chambres à gaz, n’a vraiment débuté « qu’en » 1942. Il est aussi largement question des expériences subies par les porteurs du triangle brun – enfants et jumeaux en tête – et menées par les médecins Robert Ritter et Josef Mengele. Outre ce tableau sur le sort des gitans, le scénariste dépeint également les coutumes de ce peuple, tout en enrobant son propos d’une romance tragique et d’un thème universel : le désespoir des familles face à la disparition de leur progéniture.

Si le récit possède un cachet d’authenticité souligné par l’usage de termes roms ponctuant les dialogues, il ne s'avère guère émouvant ni touchant, malgré le sujet. Ce manque d’empathie vient peut-être d’une narration trop linéaire ou d’une voix-off, celle de Josef, qui semble bien distanciée de ce qui est raconté et montré. C’est un peu comme si la tragédie, pourtant bien présente, était reléguée au décor et non au fond du propos. C’est bien dommage, car, ce faisant, l’impact de la lecture est moindre. En cause, également, la façon d'agir de Silenka, de même que quelques improbabilités - des nazis feraient des dizaines de kilomètres en Bohême pour y enlever des enfants, avant même que la guerre n'éclate et alors que l'Allemagne ne manque pas de Tsiganes ; difficile à croire. Heureusement que le dessin d'Arnaud Bétend vient contrebalancer ce défaut. Rehaussé de couleurs sépia cadrant parfaitement avec l’époque évoquée, son trait s'avère expressif, tandis que son découpage soigné assure une bonne dynamique des planches et une lecture aisée.

Abordant un sujet (trop) peu traité, Batchalo laisse une impression mitigée : celle de n'avoir fait qu'effleurer la surface quand le lecteur espérait un témoignage plus marquant, à défaut d'être poignant.


À lire en complément du dossier historique de huit pages en fin d'album :
>>> Le genocide des tsiganes européens

Par M. Natali
Moyenne des chroniqueurs
6.0

Informations sur l'album

Batchalo

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L'avis des visiteurs

    Armand Raynal de Maupertuis Le 29/11/2018 à 11:09:39

    Très bonne BD qui retrace quelques années de la vie d'un clan de roms durant la guerre accompagné d'un "gadjo". La couleur peut rebuter mais correspond très bien à l'histoire. A lire également le dossier final.

    6350frederic Le 12/11/2018 à 17:31:56

    J'ai bien aimé , même si la couleur surprend au début on s'habitue et on apprécie , cette Bd est un bonheur d'histoire parfaitement mené , à lire pour le plaisir

    sulli Le 26/01/2013 à 10:28:03

    Les roms ou l’histoire d’un génocide méprisé -

    Manouches, bohémiens, gitans, tziganes ou romanichels… autant de noms pour désigner des roms qui se retrouvent autour d’une langue, de croyances et d’un mode de vie communs. Accusés de méfaits réels ou de crimes imaginaires, ils partagent une mauvaise réputation et également une histoire méprisée ou inconnue. Comme pour combler cette lacune, « Batchalo » ouvre une lucarne sur leur histoire marquée par la persécution. Les auteurs nous emmènent sur les chemins de l’horreur nazie et nous font découvrir le terrible traitement des roms pendant la seconde guerre mondiale. Une fiction basée sur un génocide dont la mémoire collective peine à se souvenir.

    Le récit débute en 1939. La guerre sévit en Europe et dans un petit village de bohème, des enfants ont disparu. Les coupables sont tout trouvés : il ne peut s’agir que de ces tziganes installés de nouveau aux abords du village. Pourtant, eux aussi prétendent que leurs enfants sont introuvables. Joseph, dont le fils compte parmi les disparus, est le seul à les croire innocents. Il décide de s’associer aux tziganes pour retrouver les enfants.

    Ensemble ils prennent la route qui est de moins en moins sûre depuis que l’Europe est sous domination nazie. Et rapidement les traces révèlent que les mystérieux kidnappeurs sont des soldats allemands. Joseph et ses compagnons d’infortune sont très inquiets, mais ils sont encore loin d’imaginer les horreurs que les nazis – au nom de leur théorie sur les espèces inférieures – vont faire subir aux roms, enfants comme adultes.

    Le dessin est entièrement réalisé dans un ton sépia qui fait référence bien évidemment à l’idée du passé. Un parti pris et un trait réaliste qui lui confèrent aussi beaucoup de caractère et d’émotion.

    En résumé, une BD forte et utile.

    roch59 Le 15/12/2012 à 19:12:35

    One shot de très grande qualité, dialogues émouvants sans sombrer dans les clichés, des couleurs qui collent au scénario...Une très très belle réussite.