Cher lecteur de BDGest

Vous utilisez « Adblock » ou un autre logiciel qui bloque les zones publicitaires. Ces emplacements publicitaires sont une source de revenus indispensable à l'activité de notre site.

Depuis la création des site bdgest.com et bedetheque.com, nous nous sommes fait une règle de refuser tous les formats publicitaires dits "intrusifs". Notre conviction est qu'une publicité de qualité et bien intégrée dans le design du site sera beaucoup mieux perçue par nos visiteurs.

Pour continuer à apprécier notre contenu tout en gardant une bonne expérience de lecture, nous vous proposons soit :


  • de validez dans votre logiciel Adblock votre acceptation de la visibilité des publicités sur nos sites.
    Depuis la barre des modules vous pouvez désactiver AdBlock pour les domaine "bdgest.com" et "bedetheque.com".

  • d'acquérir une licence BDGest.
    En plus de vous permettre l'accès au logiciel BDGest Online pour gérer votre collection de bande dessinées, cette licence vous permet de naviguer sur le site sans aucune publicité.


Merci pour votre compréhension et soutien,
L'équipe BDGest
Titre Fenetre
Contenu Fenetre
Connexion
  • Se souvenir de moi
J'ai oublié mon mot de passe
Toute la bande dessinée

Industriel

04/06/2012 9304 visiteurs 8.7/10 (3 notes)

T out est exprimé dans le titre : c'est un monde industriel, froid et déshumanisé, que Zezelj décrit dans ses deux nouvelles, simplement numérotées "Industriel 1" et "Industriel 2". Où est la place de l'homme dans ce chaos métallique de la Babel new-yorkaise où s'affrontent possédants et prolétariat ? Une échappée hors des fabriques dantesques est-elle offerte aux réfractaires ? L'auteur finit par ouvrir les portes du grand large dans les ultimes images d'un album entièrement muet, dont les hurlements sont pourtant audibles.

Qu'y a t-il de vivant dans cette jungle des villes brechtienne où l'acier des décors submerge l'horizon, sinon quelques regards d'êtres menacés et de rares silhouettes féminines ? L'expressionnisme domine sur fond de lutte des classes entre aristocratie fascisante et parti révolutionnaire, grâce au rendu brutal du trait en forme de balafres et d'encrage noir éclaté, fendillé, éparpillé au gré de l'action. Ce sombre désordre monochrome sur fond blanc ne s'ordonne que pour exposer de majestueux félins protecteurs, ou une baleine melvillienne fascinante de blancheur.

La menace de destruction est partout, dans les combats de rue, dans les ateliers-bagnes et les recoins architecturaux comme abris dérisoires. En saturant de noir ses compositions, Zezelj contraint le lecteur a accoutumer son regard à cette apparente obscurité, jusqu'à discerner choses et êtres cachés jusqu'alors dans les entrelacs du dessin. Seule cette lecture à lente progression autorise la compréhension des intrigues, aussi simples dans leur déroulement que complexes dans leur représentation. Un tour de force qui inscrit Industriel dans la grande tradition des histoires muettes qu'un Moebius inaugura en son temps. Mais la parabole sur l'humaine condition nous immerge ici dans un Futuropolis langien où l'individu n'a qu'une issue : la fuite ! In fine, le salvateur règne animal, chéri par l'auteur, déboulonne l'univers riveté des humains.

Zezelj est donc un faux pessimiste. À sa virtuosité graphique, qui l'apparente à un Breccia, se mêle la nostalgie des grands espaces sauvages où régnaient, il y a peu, King-Kong, Shere-Khan et Moby Dick, ces formidables machines à rêver.

Par J-F. Douvry
Moyenne des chroniqueurs
8.7

Informations sur l'album

Industriel

  • Currently 4.20/10
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6

Note: 4.2/5 (5 votes)

Poster un avis sur cet album

Votre note :
Vous devez être connecté pour poster un avis sur le site.

L'avis des visiteurs

    snip Le 22/06/2017 à 14:02:04

    Un travail de dessin type graph. toujours aussi bluffant. C'est extrêmement graphique, poétique et engagé. on retrouve les types physiques d'une BD à l'autre de Zezelj, par exemple la femme brune.
    Il n'y a pas de bulles, donc soit un trouve ça un peu sec ou dur à suivre ou soit on se laisse porter.
    Ca peut ne pas plaire à tout le monde, mais c'est indispensable pour moi !