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A lors même que l’intensification des actions militaires des Talibans et la question du retrait des troupes de l’Otan invitent de nouveau l’Afghanistan au cœur de l’actualité, sort donc cet intrigant ouvrage, au titre singulièrement poétique, qui nous convie à découvrir sous un jour inédit cette contrée si méconnue, bien que si médiatisée. L’auteur, travailleur humanitaire au sein d’une ONG œuvrant pour le programme de développement de la Banque Mondiale, a passé deux ans sur le terrain, entre 2004 et 2006.

À mi-chemin entre reportage et récit de voyage, Julien Lacombe livre ici, en une trentaine de courts chapitres, un panorama vivant et intimiste de son expérience au cœur de ce pays meurtri. Alternant ses impressions, parfois fugaces, à la découverte d’une culture étrangère et les transcriptions de témoignages recueillis au cours de ses pérégrinations, le scénariste joue des ruptures de tons et des changements de thèmes pour brosser une image à la fois complète et sensible de son Afghanistan. Car malgré la volonté d’intégrité de la démarche, c’est bien une vision toute personnelle que nous donnent les auteurs : pas un militaire des forces d’occupation n’apparait au fil des quelques deux cent cinquante pages du livre; le sujet semble volontairement écarté.

En revanche, la réalité profonde, familière, de la population est abordée sous une multitude d’aspects : les relations hommes-femmes, les séquelles de l’invasion soviétique, le pouvoir taliban, l’exploitation du pavot, l’organisation villageoise, l’exil, l’isolement, la culture. Autant d’éléments formant un tableau prégnant de la nation afghane. Le pendant de cette observation des structures sociales du pays est, à la manière de ce qu’un Guy Delisle propose dans ses chroniques - de Pyongyang à Jérusalem -, une évocation mi-introspective, mi-humoristique du microcosme particulier des coopérants expatriés. L’ode aux Birkenstocks, apologie drôlissime de ces sandales emblématiques de l’humanitaire de terrain, est révélatrice du ton parfois décalé adopté par le narrateur. Point de distance par contre pour transcrire les témoignages, parfois poignants, des figures de rencontre, telle l’odyssée de Nassim, correspondant local d’une ONG et ancien candidat malheureux à l’émigration vers l’Europe.

La mise en images de cette succession d’aventures et d’anecdotes est l’œuvre d’une jeune graphiste contemporaine, Sarah Arnal, venue du monde de la gravure et de l’illustration, et dont le travail très personnel sur la représentation du corps humain trouve ici un prolongement naturel pleinement fécond. À des portraits réalistes dessinés d’une plume fine et précise, succèdent des figures à peine esquissées, de simples silhouettes, allant vers une sobriété extrême, parfois jusqu’à ne représenter un personnage que comme un simple visage flottant, désincarné, ou réduit à un turban - sobre entrelacs tracé d’un pinceau souple et rapide – souligné d’une barbe sombre. L’encre se fait plus épaisse, plus organique, quand il s’agit d’évoquer les paysages montagneux et les villages poussiéreux du pays. Mais quiconque a pu parcourir les contreforts de l’Hindou Kouch reconnaitra aisément ce décor typique et les scènes familières de la rue, ses échoppes, ses costumes, l’ambiance est indéniablement fidèle, par delà cet apparent dépouillement.

Tour à tour drôle, poétique, ou émouvant, ce livre est un complément captivant au célèbre Photographe, malgré certaines maladresses narratives. Le seul regret qui subsiste chez l‘amateur épris d’analyses géopolitiques, est la relative discordance entre la réalité afghane d’alors et les incertitudes croissantes d’aujourd’hui. Néanmoins, cela reste une lecture édifiante et pleine de sensibilité.

Par O. Boussin
Moyenne des chroniqueurs
7.0

Informations sur l'album

La première fleur du pays sans arbre

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