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2014. Nelson 1er a succédé à Benoît XVI. Le premier Pape noir d’origine africaine est en terre américaine pour y rencontrer le Président Obama et pour aller au devant du peuple venu nombreux se masser dans l’enceinte qui accueille le Saint Père. Un millier de policiers répartis sur le trajet, dix mille hommes à pied d’œuvre sur le site pour sécuriser l’évènement. Les hôtes n’ont pas lésiné non plus sur les moyens matériels. Pourtant, au moment de la bénédiction, Nelson 1er s’écroule. Une détonation ? Plusieurs ? Un tireur ? Plusieurs ? Qui est l’agent Jackson, que le FBI vient tirer de son quotidien rythmé par les réunions des Alcooliques Anonymes pour tenter de résoudre cette affaire ? Une question plane au-dessus de toutes les autres : qui a donné l’ordre ?

Après L’homme squelette, adaptation assez peu passionnante d’un roman de Tony Hillerman publiée l’an dernier, Will Argunas livre avec In the name of une création nettement plus enthousiasmante. Libéré du carcan imposé par le respect dû à l’œuvre d’un auteur disposant d’une cohorte de fans, il propose un album qui porte indéniablement sa « patte », solidement étayé par ses points forts. Depuis Missing qui marquait un virage dans ses créations (symbolisé par l’adoption d’un pseudo flambant neuf), Arnaud Guillois peut être présenté comme un expert ès interrogatoires de flics dans un univers graphique jouant massivement sur les hachures pour exprimer nuances et relief, tout en étant on ne peut plus économe en effets chromatiques (ici, principalement de l’ocre tirant sur le sépia – et inversement – incrustés de quelques inserts incandescents). Jouant dans un premier temps avec l’intervention des médias pour délivrer un contenu informatif en lieu et place d’une voix off trop classique, son récit est rythmé par des incursions sur les différents théâtres des opérations : car feutré de «pèlerins» béats à l’idée de faire la rencontre de leur vie de fidèles, stade bondé et surchauffé par une foule au bord de la transe, salles d’interrogatoire fermées où explosent des éclats de voix, alcôve de repentance collective pour poivrots associés, coulisses du pouvoir… Tout est construit pour que le lecteur, vite pris à l’hameçon, ne lâche plus l’intrigue avant que le voile sur le complot soit levé.

Mais tout n’est pas que suspens et pied au plancher. Il y a également de quoi s’amuser. Notamment lorsqu’il s’approprie quelques évènements historiques ou autres éléments appartenant à la mémoire collective, y compris dans ce qu’elle recèle de plus fantasmatique. Il n’y a qu’un cheveu entre Dallas en 1963 où est tombé le chantre de la Nouvelle Frontière et Houston en 2014 où décède l’apôtre sur Terre de la paix et de la lutte contre les injustices. La théorie des tireurs multiples et du complot est elle aussi mise au goût du jour et « tordue » avec enthousiasme. Tout comme l’argument final qu’il faut voir avec la même distance et une bonne dose de second degré plutôt que de se limiter à le trouver un rien réchauffé depuis le gavage au Da Vinci code ou au Triangle secret et à leurs multiples resucées. Comme dans tout polar respectable, des faits qui ont alimenté l’actualité sont présents et ils sont distillés tout au long de la centaine de pages du livre (scandale des prêtres pédophiles américains par exemple), et leur inclusion se fait de façon plus convaincante que dans Bloody september où la richesse de la documentation finissait par être trop visible.

Pendant douze saisons et 261 épisodes de New York Police Blues, il y a eu de quoi se régaler avec les joutes musclées entre Andy Sipowicz et des suspects qui finissaient par rendre les armes devant son savoir-faire et sa « force de persuasion » pour décrocher leurs aveux. Même s’il serait injustement réducteur de limiter les histoires de Will Argunas à ces séquences, force est d’admettre que le lecteur peut aussi ouvrir ses albums pour ça et s’en réjouir. De plus, comme une satisfaction n’arrive jamais seule, il y a d’autres choses positives dans cette création « noire ». À égrener comme un chapelet, mais sur un mode agnostique et désabusé.

Par L. Cirade
Moyenne des chroniqueurs
7.0

Informations sur l'album

In the name of...

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L'avis des visiteurs

    Erik67 Le 05/09/2020 à 00:27:13

    La logique binaire par opposition est si fréquente (le blanc ou le noir ? La droite ou la gauche ? L’émotionnel ou le rationnel ? Paris ou la Province ? Le chien ou le chat ? Le thé ou le café ? Le slip ou le caleçon ? Et l'on en passe...) qu'il est réjouissant de constater que les opposés peuvent également s'exprimer sans se nuire mais tout au contraire en jouant vis-à-vis de l'autre le rôle de catalyseur de goût.

    C’est un peu le rôle joué par cette bd d’une fiction politique assez réaliste prenant comme idée de base l’idée d’un pontife noir succédant par opposition aux bourdes commises par Benoît XVI. Le début est un véritable documentaire comme une espèce de messe célébrée en plein air et retenant l’attention du monde entier.

    Cette longue introduction va laisser place à une enquête menée par un flic intègre mais avec un lourd passé d’alcoolique justifié par un drame intime. L’enquête va s’avérer passionnante car on va être baladé par les fausses pistes disséminées ici et là. Et des scènes en apparence anodines vont se révéler dans un final assez surprenant. Sans doute trop surprenant jusqu’à une toute dernière image frisant l’indigestion de ce qui est acceptable. La crédibilité de l’ensemble pourra en prendre un sacré coup. C’est un peu comme si on perdait subitement la foi…