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"Demandez-vous belle jeunesse
Le temps de l'ombre d'un souvenir
Le temps du souffle d'un soupir
Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?"

Parfait prolongement de la chanson de Brel, le livre de Daniel Casanave et Frédéric Chef propose un triple portrait : portrait de Raoul Villain, l’assassin oublié du parlementaire socialiste, portrait de Reims, ville natale du meurtrier, et portrait de la France, de la Belle Époque à la Grande Guerre. Enfant irrésolu et falot d’une mère internée et d’un père distant, Villain n’est pas présenté sous un jour très flatteur, mais les biographes s’attachent à rester objectifs, montrant une personnalité complexe, souvent insipide, médiocre, empreinte de ridicule, avec parfois des éclairs de détermination et de fermeté. D’une piété confinant à la dévotion, l’esprit farci de littérature nationaliste et revancharde, son sentiment anti-allemand le pousse d’abord à vouloir assassiner le Kaiser, avant de reporter sa haine sur Jaurès, que son imagination affuble de tous les maux accablant la France.

Les appels au meurtre du député de Carmaux abondent dans la presse patriotarde, mais ce 31 Juillet 1914, c’est bien l’ultime rempart face à la folie guerrière que Villain décide d’abattre, en conscience, sans que son geste ne soit vraiment téléguidé par les va-t-en-guerre de tous poils. Et le fait est que son acte a bien précipité l’union sacrée autour du drapeau tricolore, les socialistes se ralliant en masse à l’idée d’un conflit inéluctable. Cinq ans après son geste, l’acquittement inexplicable de l’assassin de Jaurès allait comme tuer une deuxième fois la volonté indéfectible de paix qui animait l’homme d’État, et achever de reléguer aux oubliettes de l’histoire ce triste sire au costume de criminel trop grand pour lui.

Les désastres de la guerre sont abordés sous le seul angle de la destruction quasi-totale de Reims, dressant des parallèles entre les aspirations d’une France idéalisant le conflit à venir et la réalité d’un pays ruiné et ravagé par les combats. Parti pris original de la narration, le lecteur est guidé tout au long de l’ouvrage par l’ange au sourire, sculpture fameuse de la cathédrale de Reims, témoin impavide du parcours navrant de cet enfant du pays.

Le dessin, quant à lui, s’attache à retranscrire fidèlement l’atmosphère de la Belle-époque, les messieurs à gibus, les trams, les femmes corsetées, avant de livrer une succession d’instantanés mettant en scène les destructions ahurissantes subies par la nation. Enfin, le trait anguleux de Casanave restitue parfaitement les délires enfiévrés de cet idéaliste de pacotille, ce raté devenu jouet du destin, ce subalterne qui se prit pour un premier rôle.

Au final, une évocation réussie de la trajectoire pitoyable d’un célèbre anonyme, n’existant que par son fait d’arme funeste, entré par effraction dans la grande Histoire, et une évocation tout aussi réussie des sentiments cocardiers qui enflammaient une France trop sûre de sa force et de son droit.

Par O. Boussin
Moyenne des chroniqueurs
7.0

Informations sur l'album

Villain, l'homme qui tua Jaurès

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L'avis des visiteurs

    Erik67 Le 04/09/2020 à 22:59:22

    Ce récit se consacre sur la vie d’un homme qui va commettre un crime sur une des figures les plus marquantes de l’histoire de la République française à savoir Jean Jaurès et ceci à la veille de la Première Guerre Mondiale. Villain est un nom qui est tombé dans l’oubli et c’est tant mieux car il ne méritait franchement aucune considération. Les auteurs semblent raviver de mauvais souvenirs en le mettant en lumière comme pour expliquer son acte. Il sera assez peu question de Jaurès.

    Pour autant, il n’y aura pas de parti pris pour l’assassin qui a pourtant été acquitté en 1919 lors de son procès par une justice résolument nationaliste et partisane. On se rend compte qu’il s’agit encore une fois d’un raté, d’un illuminé qui se croit investi par une foi particulière à l’image de Jeanne d’Arc et qui visiblement va être encouragé par les nationalistes épris de haine.

    Bref, cet ouvrage tente aussi d’expliquer comment celui-ci a pu en arriver à assassiner le leader socialiste à la veille de la Première Guerre Mondiale. La ville de Reims jouera d'ailleurs un rôle assez particulier dans cette tragédie.

    J’espère que cela ne donnera pas d’autres idées à des auteurs souhaitant alors raconter la vie de celui qui a tué John Lennon ou encore Martin Luther King car c’est le genre d’hommage ou de rétrospective dont au fond je me passerais bien. Pour le reste, on peut dire que cela a un intérêt historique manifeste et c’est bien cet aspect-là que je vais retenir.