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Abélard 2. Une brève histoire de poussière et de cendre

06/10/2011 7786 visiteurs 8.1/10 (7 notes)

- On est bien, ici, hein ?
- On est bien, ici, hein ?
Cette même interrogation, qui ouvre et qui conclut l’album, appellera pourtant une réponse différente, à la mesure du chemin parcouru par les deux héros de cette fable bouleversante. Gaston est un gros nounours misanthrope et renfrogné, peu soucieux du monde depuis qu’un drame passionnel l’a chassé loin de sa ville et des beaux yeux de la si désirable Epilie. Cette même Epilie dont Abélard est éperdument amoureux, un amour si pur et intense qu’il l’a jeté sur les routes dans une quête chimérique : offrir un bouquet d’étoiles à la belle – seul présent digne d’elle selon lui.

Abélard. Un fragile volatile d’une ingénuité abyssale, grattouilleur de banjo à ses moments perdus, dévoué compagnon et rêveur impénitent. Le premier tome l’avait vu quitter ses amis et la vie paisible de son marais bucolique – par amour, donc -, pour s’en aller vers l’Amérique, pays de tous les possibles et des machines volantes, qui lui permettront, il en est certain, d’atteindre les étoiles. Ce premier tome se dévorait le sourire aux lèvres, tant il regorgeait de merveilleux, de fantaisie, de drôlerie, de belles rencontres, illuminé par la naïveté d’Abélard, enchanté par la pertinence des aphorismes de son chapeau à proverbes (oui, il possède un chapeau qui lui délivre une maxime quotidienne sous forme de petit billet) et les couleurs chaleureuses de Christophe Bouchard.

L’entame de ce second volume est encore plus lumineuse : avec son compagnon Gaston, le naïf emplumé découvre l’océan, et c’est l’occasion d’une scène réjouissante de poésie, inondée de soleil. Au lecteur de s’y attarder, car la suite du voyage s’annonce autrement sombre. Changement radical de ton sur le bateau chargé d’émigrants où Gaston – ouvrier aux machines - et Abélard – passager clandestin – ont finalement embarqué. La misère, les miasmes, la promiscuité, useront peu à peu l’optimisme du héros, son innocence allant s’effilochant au rude contact des réalités terrestres. La tonalité du coloriste épouse celle du récit en devenant obscure, froide, gris-brun, là où la première partie baignait dans une atmosphère dorée.

Quant au dessin de Renaud Dillies, il semble s’être encore bonifié, son encrage au pinceau alliant une liberté, une souplesse audacieuse, et une sensibilité, une expressivité saisissante. Les sentiments sont ainsi rendus avec justesse mais aussi une grande simplicité de moyens. Et toujours cette inventivité dans les angles de vues, ces gros plans sur les faciès des personnages, et ces larges paysages silencieux invitant à la contemplation. Mais le plus remarquable dans cette aventure reste peut-être la manière dont Régis Hautière s’est véritablement approprié l’univers de Renaud Dillies, fait de héros fragiles, d’amitiés improbables et de passions impossibles, pour en faire ce conte si drôle, si cruel, si beau, si touchant, cette valse des émotions orchestrée sans fausse note.

Après un premier opus plein de charme et de fantaisie, porté par la désarmante candeur d’Abélard, les auteurs continuent de prendre le lecteur par les sentiments en brassant les thèmes universels des amours contrariés et des destins implacables. Entre sourire et larmes, une œuvre belle, malicieuse, tendre et émouvante. Un pur bonheur, avec ce qu’il faut de mélancolie pour le magnifier.

Par O. Boussin
Moyenne des chroniqueurs
8.1

Informations sur l'album

Abélard
2. Une brève histoire de poussière et de cendre

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L'avis des visiteurs

    curefab Le 01/12/2012 à 10:44:00

    Délicat récit initiatique. Le sujet est beau et triste comme un jour qui déborde.
    Ambiance graphique surannée, tendresse "sauvage". Que de délicatesse et de désespérance dans ces pages... Une oeuvre à lire, un auteur à suivre.

    Hugui Le 26/11/2011 à 20:08:05

    Lu les deux tomes d'un coup, ce qui est assez sympa.
    Dessins très appréciés, une douceur qui colle bien au récit au début et qui savent se durcir à la fin.
    Un premier tome en couleur chaude, un deuxième en couleur froide (au moins pour la couverture) qui reflète bien le changement de tonalité.
    Un charme certain et une émotion qui sait se manifester, mais au total un récit que j'ai trouvé un peu simpliste.
    A lire donc au calme quand on a l'esprit assez ouvert pour se laisser saisir.