Cher lecteur de BDGest

Vous utilisez « Adblock » ou un autre logiciel qui bloque les zones publicitaires. Ces emplacements publicitaires sont une source de revenus indispensable à l'activité de notre site.

Depuis la création des site bdgest.com et bedetheque.com, nous nous sommes fait une règle de refuser tous les formats publicitaires dits "intrusifs". Notre conviction est qu'une publicité de qualité et bien intégrée dans le design du site sera beaucoup mieux perçue par nos visiteurs.

Pour continuer à apprécier notre contenu tout en gardant une bonne expérience de lecture, nous vous proposons soit :


  • de validez dans votre logiciel Adblock votre acceptation de la visibilité des publicités sur nos sites.
    Depuis la barre des modules vous pouvez désactiver AdBlock pour les domaine "bdgest.com" et "bedetheque.com".

  • d'acquérir une licence BDGest.
    En plus de vous permettre l'accès au logiciel BDGest Online pour gérer votre collection de bande dessinées, cette licence vous permet de naviguer sur le site sans aucune publicité.


Merci pour votre compréhension et soutien,
L'équipe BDGest
Titre Fenetre
Contenu Fenetre
Connexion
  • Se souvenir de moi
J'ai oublié mon mot de passe
Toute la bande dessinée

Blackbird

25/04/2011 6875 visiteurs 7.5/10 (2 notes)

Ça commence tranquillement : des copains s’adonnent à la réalisation de bandes dessinées, notamment par le biais du fanzine Blackbird qu’ils auto-éditent. Peu importe le contenu, seul importe ce qu’il symbolise : une certaine idée de la liberté d’expression. Jusqu’ici, tout va bien. Le vote d’une loi aux apparences vertueuses qui abroge la loi Lang et interdit ce mode de diffusion va avoir l’effet d’une douche froide pour le groupe. Rappelez-vous : tout d’abord, ils s’en prirent aux Juifs ; n’étant pas concerné, je ne bougeai pas. Puis ce fut au tour des Tziganes, des homosexuels, des communistes... Toujours pas concerné, je ne bougeai pas davantage. Puis ils s’en prirent à moi. Tout peut aller très vite si l’on n’y prend pas garde.

En plantant son histoire dans un monde contemporain tout ce qu’il y a de plus classique, avant de basculer sans avoir l’air d’y toucher vers quelque chose de plus totalitaire, Pierre Maurel brouille ingénieusement la frontière entre la réalité et la fiction (d’un côté, comme une mise en perspective, avant d’être publié par la maison d’édition L’employé du mois, Blackbird a été auto-édité en six numéros. De l’autre, la loi du 14 avril 2011 relative à la garde à vue ne va pas dans le sens de ce qui est décrit dans l’album). Le procédé est malin, car ce flou artistique qui est entretenu d’un bout à l’autre de ce qu’il raconte n’est pas sans questionner, à travers le prisme de l’auto-édition, sur notre époque, sur la culture de masse. Sans y paraître, il pointe ainsi du doigt de nombreuses thématiques, sans pour autant délivrer de réponses toutes faites - comme une invitation à réfléchir.

Si le rapport au livre est au centre de toute chose (certains penseront très fort à « L’Association se refusant à imprimer sur ses livres des « codes barres » tout aussi esthétiquement disgracieux qu’éthiquement déplaisant... »), le fil rouge n’en est pas moins prenant (d'autres penseront là au groupe de Tarnac). La résistance de plusieurs protagonistes face aux dérives liberticides, leur entrée dans la clandestinité, tout cela est amené avec une justesse de ton qui évite l’écueil d’une vision trop binaire. Le graphisme, dans un format et un noir et blanc qui n’est pas sans parfois faire écho aux flyers distribués lors de concert de la scène alternative, traduit l’urgence immanente qui anime le groupe. Pas d’images chocs et d’uniformes bruns, la volonté de rester dans le domaine du possible demeure de bout en bout, l’étau qui se resserre autour des jeunes gens est bien crédible, sent le vrai. Oppressant ? Pas tant que ça, le narrateur insuffle de ponctuelles bouffées d’oxygène à son propos grâce à d’étonnantes séquences de skateboard qui témoignent de ses talents de dessinateur pour fixer l’arrêt sur image. Il est tout aussi doué pour exprimer le mouvement, son album vit dans et entre les cases, pour ce qu’il dit, pour ce qu’il raconte.

Blackbird pourrait être pessimiste, et pourtant, l’impression qui prédomine est que l’auteur, toute colère rentrée, y délivre des choses positives, comme un passage de témoin.

Lien vers : le site de Pierre Maurel

Par F. Mayaud
Moyenne des chroniqueurs
7.5

Informations sur l'album

Blackbird

  • Currently 3.85/10
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6

Note: 3.8/5 (13 votes)

Poster un avis sur cet album

Votre note :
Vous devez être connecté pour poster un avis sur le site.