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Toute la bande dessinée

Body World

10/12/2010 8548 visiteurs 6.8/10 (4 notes)

Q uel esprit tordu a bien pu concevoir pareil « livre objet » ? C’est une question que pourra légitimement se poser le lecteur potentiel en découvrant ce nouvel ouvrage de celui qui a commis il y a peu le pavé Bottomless belly button. La couverture, scintillant de mille feux, à mi-chemin entre art psychédélique et boîte pour jeu de tarot, interpelle le regard. Comme pour tout bel emballage, se pose alors la question du contenu. Une certitude, il est dans l’esprit. Pour Dash Shaw, la bande dessinée est un formidable champ d’expérimentation dont il convient de repousser les limites. Nul doute que son plaisir fut grand à la réalisation de cet album (initialement mis en ligne sur internet au fur et à mesure de sa construction) : le résultat, pris dans sa globalité, est un bel exemple de passage abouti de l'écran à l'album et témoigne d’une exploration en profondeur des possibles du 9ème art.

Pour s'offrir ce plaisir, il lui fallait trouver un terrain approprié. L’action est ainsi située en 2060, une petite plongée dans le futur offrant bien des opportunités. L’auteur opte pour une version sans soucoupes volantes (enfin si, mais c’est purement secondaire), mais bien "barrée". Certes, les apparences n’ont rien d’extravagant. Au contraire, le centre névralgique du récit n’est autre qu’un lycée américain où les jeunes mâles pratiquent un sport collectif, tout aussi primaire que complexe à expliquer, encouragés par des jeunes filles en fleurs animées par la foi que peut donner l’esprit « pom pom girl ». Le décor est planté, il est connu. C'est dans ce cadre que débarque le professeur Paulie Panther, expert en psychotropes. Il convient de préciser que ce dernier ne vient pas pour enseigner, mais pour progresser dans sa quête portant sur le recensement de toutes les substances possibles et inimaginables. Cette étude nécessite évidement de passer par l'expérimentation. C’est là le prisme utilisé par Dash Shaw pour laisser libre cours à son imagination débordante sur le papier : Paulie, l’heureux homme, découvre une plante magnifique qui provoque une défonce qui se nourrit de ce qui l’entoure. Le concept peut paraître compliqué, énoncé de la sorte, mais il est très joliment et explicitement mis en image.

Là où Dash Shaw est très fort, c’est qu’il parvient à imposer le dessin comme l’élément prépondérant de l’histoire : le délire visuel devient langage au même titre que le texte. Ce subtil dosage qui a pour leitmotiv le sensitif permet à l'auteur d'imprimer de manière étonnement prégnante dans la tête du lecteur ce que ressentent les protagonistes. Le simple cadre de l’atmosphère est résolument dépassé, et l’effet produit est impressionnant. Les dérives hallucinogènes suivent une progression artistique logique au sein d’un récit qui fourmille de bonnes idées, narré sur le ton gentiment amusé de celui qui prend de la hauteur par rapport à son propos. Pour ne rien gâter, les dialogues claquent et certaines séquences intermédiaires sans prise de toxiques sont d’anthologie (notamment, le temps d’une planche, une scène de danse surréaliste que n’auraient pas reniée Uma Thurman et John Travolta dans Pulp fiction), offrant ainsi l’oxygène nécessaire au lecteur pour repartir de plus belle dans les tréfonds du sensoriel.

Body world est une bande dessinée hors normes : les différents éléments qui la composent se nourrissent les uns les autres, la forme rejoint le fond, et le tout est cohérent. Du grand Art.

Par F. Mayaud
Moyenne des chroniqueurs
6.8

Informations sur l'album

Body World

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