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"Les autres me trouvent maigre mais je me sens si grosse. Vite, toucher les os sous ma peau pour me rassurer. Je dois tout contrôler, surtout les calories que j’ingurgite sans plaisir. Je déteste mon corps et le livre sans retenue à des inconnus de passage qui en abusent. Ça m’est égal. Pourquoi suis-je comme ça ? Je n’en sais rien. Papa aurait souhaité avoir un garçon et m’a toujours considéré comme tel. Maman répète à ses amies que j'avais déformé sa jolie silhouette lors de sa grossesse. Et alors ? Mais non, ça n'a rien à voir ! Je trouve ça marrant…

Aujourd’hui, c’est jour de crise. Toujours le même rituel. J’ouvre les placards de la cuisine pour y prendre à peu près tout ce qui me tombe sous la main, tout ce que je m’interdis d’habitude. En quelques minutes, j’avale l’équivalent de deux ou trois repas puis, détail important, un litre et demi d’eau tiède. Je me sens si mal… Je pars aux toilettes pour me purifier, pour vomir tout ce que je viens d’absorber. Je me déteste. C’est promis, demain j’arrête."

Dans la plupart des albums de bande dessinée, ou d’autres media d’ailleurs, chaque lecteur peut trouver un élément qui va éveiller sa conscience ou faire appel à son vécu ou à sa propre expérience : un lieu, une époque, un personnage… Il en existe d’autres, plus rares, qui abordent des sujets plus intimes, presque confidentiels. Ceux-là s’adressent à un public plus restreint, composé de curieux, bien sûr, mais surtout d'individus dont le thème va droit au cœur. Un public plus exigeant aussi, dont le sentiment oscille entre l’excitation de la découverte et la peur de la déception.

Les premières pages de la Chair de l’araignée ne laissent pas planer le doute très longtemps. Quatre vignettes constituant une planche muette, aux couleurs très douces, et le décor est planté : un être, asexué par sa forme trop longiligne, marche dans une rue dont les murs sont couverts de publicités vantant les régimes minceur. Il porte un sac contenant une boîte de petits pois dont la valeur énergétique est clairement mentionnée. En terme de qualité narrative, l'entame est parfaite.

L’anorexie, car c’est bien cela dont il s’agit, est incarnée par deux personnages, un garçon et une fille, qui partagent leur lente descente aux enfers. Hubert relate leur parcours avec pudeur et retenue, mais n’hésite pas non plus à décrire de façon précise la « crise » qui les secoue régulièrement, un voyeurisme nécessaire pour comprendre ce que les mots ne font qu’esquisser. L’utilisation de symboles, un peu à la manière de David B dans l’Ascension du Haut-Mal, permet de traduire en images toute une palette d’émotions et d’apporter une touche poétique, salutaire, pour traiter d’un sujet aussi grave.

Le dessin de Marie Caillou est d’une sobriété exemplaire. Après un léger temps d’adaptation à sa curieuse façon de représenter le nez, sorte de tache marron au milieu du visage, l’immersion dans une ambiance douce et froide est totale. Les lignes sont droites, la typographie à l’avenant, la vie des deux jeunes adultes n’admet aucune fantaisie. Ces derniers sont parfois difficiles à distinguer même si le message est clair : l’extrême maigreur efface peu à peu la personnalité propre à chacun et atténue les différences physiques. D’ailleurs, à aucun moment du récit, leur nom n’est évoqué.

Les deux auteurs ont réalisé un remarquable duo de funambules en réussissant la prouesse de ne jamais sombrer dans le misérabilisme ou le morbide. La Chair de l’araignée est un magnifique ouvrage dont les vertus, réunissant tolérance, pédagogie et ouverture d’esprit, vont bien au-delà de la simple découverte culturelle.

Par L. Gianati
Moyenne des chroniqueurs
6.5

Informations sur l'album

La chair de l'Araignée

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