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L ’été, la mer, une crique où il fait bon lézarder au soleil en famille et construire un château de sable en attendant que l’eau vienne le ronger petit à petit, que le temps fasse son œuvre. C’est là que vont se retrouver une pléiade d’anonymes, le temps d’un instant où tout se fige sauf le temps, justement, qui file à toute vitesse sans que l’on puisse l’arrêter et qui fait des ravages. Une journée va s’écouler comme un demi-siècle pour Robert, Marianne et leurs deux enfants, la jeune dévergondée Sophie et ses parents, Henry Lascaride l’écrivain, Amasan l’Algérien qui attire les foudres … et les caractères vont se révéler. Rêve ou réalité ?

Frédérik Peeters semble avoir choisi la voie de l’irréel. Après Pachyderme, conte fantasmagorique, sa collaboration avec Pierre Oscar Levy flirte avec le fantastique bien que le sujet principal soit ailleurs. La forme n’est qu’un prétexte pour servir le fond. Retenir un groupe hétéroclite en un lieu clôt et paradisiaque, cela à tout de Koh-Lanta sur le papier, sur le papier seulement. Pas d’épreuve ni de conseil à l’horizon mais plutôt une mini communauté sous pression progressive, sujette à une accélération de l’horloge biologique, accompagnée des changements morphologiques et la révélation de la nature profonde des protagonistes que cela entraîne. Nul n’est plus à nu que dans les moments de stress intense ou de bouleversement soudain. Deux groupes s’opposent alors. D’un côté les adultes qui refusent l’inéluctable en se raccrochant à leur passé et leurs souvenirs, tels des morts en sursis. De l’autre, les enfants qui vont savourer chaque minute et vivre pleinement leur maturité galopante.

Peeters maîtrise admirablement l’évolution physique de ses personnages, surtout par petites touches quasiment imperceptibles. Exercice difficile à l’opposé de l’habituel travail préparatoire qui consiste à noircir de crayonnés des pages blanches pour arriver à stabiliser un visage, une expression, un corps qui vont servir tout au long d’une aventure. Une étape supplémentaire dans le processus de mobilité constante de l’univers et de la technique narrative mise en œuvre par l’auteur. Sa volonté de ne pas rester cantonné dans un style figé quitte à surprendre, voire à décevoir. Un seul leitmotiv : le plaisir et l’intérêt ou comment vaincre l’immobilité. C’est le talent en mouvement ! Cet esprit d’évolution, associé à l’imaginaire du documentariste Pierre Oscar Levy, façonne un récit équilibré, édulcoré des parasites du sentimentalisme bon ton. Pas de pathos mais une lucidité froide pour certains et une légèreté propre à l’abandon dans les bras du plaisir pour les autres. Le message est clair : carpe diem ! Le cycle naturel de la vie ne permet pas de s’attarder sur les soucis quotidiens, mot qui ici prend tout son sens, générés par notre éducation classique et/ou notre carcan culturel. L’insouciance est le maître mot. Les touches d’humour de certaines situations, via quelques dialogues savoureux, permettent d’alléger le propos que la fin inéluctable leste d’un poids accablant. Ce huis-clos générant par ailleurs des comportements caricaturaux et excessifs. Est-ce crédible ? Les réactions dans une situation comme celle-ci, si elle pouvait exister, seraient-elles identiques ? Pendant que les adultes s’enlisent dans des tentatives effrénées de compréhension, de justification et de fuite en gaspillant leur temps, les jeunes vivent leur vie. C’est ce qui se produit bien souvent dans la réalité de tous les jours. Bref, une belle vision propre à mener une réflexion sur le sens de l'existence.

Château de sable est un livre pour les enfants, ceux que nous sommes ou que nous devons rester pour garder une dose de candeur et le plaisir de l’instant présent, celui où tout est simple, au risque qu’il soit trop court.

Par T. Pinet
Moyenne des chroniqueurs
8.4

Informations sur l'album

Château de sable

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Note: 4.2/5 (152 votes)

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L'avis des visiteurs

    Erik67 Le 25/11/2020 à 17:49:07

    Les premières pages ont l'air intrigant à mesure que l'on se rapproche du lieu de ce récit étrange. Il s'agit d'un coin de côte assez escarpé qui pourrait se situer un peu partout dans le monde. Une première famille débarque puis une seconde.

    Les dialogues m'ont paru tout d'abord assez rébarbatifs puis on va se rendre compte qu'il y a un lien avec ce qui va se passer par la suite. A mesure que le récit avance, cela gagne en intensité jusqu'à la fin qui paraît inéluctable.

    On va passer un bon moment de lecture mais on va tout de suite regretter de ne pas avoir de réponse à nos questions. Qui est ce petit José, fils de l'hôtelier, qui court pour les rejoindre et qui disparaît comme par enchantement ? S'agissait 'il d'une expérience liée avec le temps ? etc...

    En guise de réponse, les auteurs nous filent un conte oriental assez moraliste dont la conclusion serait de ne pas avoir peur de la mort et de vivre tout simplement. On avait compris...

    omoide Le 06/12/2017 à 22:48:51

    (9/10: excellent)

    Comment transformer un petit bout de plage en huis-clos oppressant? Comment réussir à créer un psychodrame en 100 planches exactement, tout en s'imposant le respect des 3 règles (unité de lieu, de temps et d'action)?

    Rassemblez quelques personnages aux caractères bien trempés, et tel une expérience scientifique, soumettez les à un stress de plus en plus intense. Constatez comme les convenances s’effacent, pour laisser place aux angoisses les plus primaires : la violence, le sexe, la mort.

    Le dessinateur Peeters maitrise parfaitement son art. Par exemple, les première planches, muettes, laissent planer le doute sur l'intension des auteurs. Plus loin, l'évolution physique des personnages, le soleil oppressant, tout est très bien illustré.

    cedd79 Le 09/03/2013 à 17:36:19

    Cette oeuvre est un point d'interrogation constant, une histoire dont on ne connait ni les tenants ni les aboutissants, à l'image des personnages qui vont la vivre véritablement.

    Ce huit-clos "en bord de mer" angoissant, prenant, continue d'entretenir cette ambiance pesante même après avoir refermer le livre... Alors oui, on ne comprend pas tout, oui, certains éléments ne seront jamais dévoilés (qui tire à l'arme à feu ? qui se cache dans les buissons ? de quoi est morte la jeune fille ? que fait l'inconnu sur cette plage ? pourquoi saigne-t-il ? etc.), et justement, tout l'intérêt de l'oeuvre ne réside pas dans ses réponses, mais dans ses questions et sa proposition d'envisager la vie et la mort ensemble ou dans la solitude.

    Ainsi, à la manières des personnages de cette histoire maléfique, laissez-vous glisser et happer par ce cauchemar sans aucun échappatoire, et peut être qu'il vous permettra d'envisager le temps qu'il vous reste à vivre différemment.. Toutes proportions gardées, bien évidement...

    Hugui Le 01/10/2011 à 19:44:00

    Une histoire prenante et angoissante à partir d'une journée à la plage où des personnages ordinaires vont être confrontés à la fuite du temps. Ça se lit bien, grâce notamment aux dessins, mais je ne suis pas aussi enthousiaste que certains.
    Certes c'est une allégorie réussie de la vie qui passe et de l'angoisse de la mort, mais je n'ai personnellement pas trouvé les personnages très intéressants ni leurs réactions toujours très crédibles. Et si la manque d'explications fait partie de la singularité de l’œuvre et participe à notre malaise, du coup certains évènements apparaissent tout à fait inutiles.
    Un album intriguant et original donc, à lire vu les questions qu'il suscite mais qui s'il a réussi à me remuer, n'a pas réussi à me faire aimer les personnages et donc l'histoire.

    willybouze Le 18/07/2011 à 07:53:24

    Une petite crique marine isolée, un kabyle hagard, une famille bien franchouillarde, une autre famille tyrannisée par un médecin, une jeune fille adepte des bains nus en solitaire. Réunissez tout ça, ajoutez-y une pincée de fantastique, et vous avez un cocktail au goût puissant, qui donne une bonne gueule de bois.

    Les personnages sont confrontés à la fuite du temps, inéluctable, et chacun l'aborde à sa façon, selon sa culture ou son âge.
    Dans ce huis clos en plein air, on est pris d'angoisse au fur et à mesure que l'histoire se déroule. Le cadre se fait très près des personnages, on étouffe sous les traits encrés.

    Outre l'édition très agréable (format, papier), cette BD au découpage classique ne peut pas laisser indifférent. On ne manquera pas de faire des rapprochements avec Pachyderme pour l'aspect "fantastique" du scénario, mais il y a ici une recherche sur la psychologie des personnages qui est bien propre à cette histoire et qui n'a pas beaucoup d'équivalent en bandes dessinées.

    zaaor Le 18/04/2011 à 01:06:29

    Quelqu'un dans les critiques a parlé de Sartre et j'ai trouvé que la comparaison était excellente. Un nouveau huis-clos remanié. Et s'il ne nous restait qu'une seule journée à vivre, que ferions-nous? Que ferions-nous si ne nous n'avions aucun autre choix que de le vivre avec une poignée de personnes et que la futie devenait impossible?

    Au-delà de donner des réponses aux questionnements soulevés, l'auteur promène son regard sur la différence fondamentale entre la jeunesse et la vieillesse. Alors que les uns en profitent, les autres suffoquent.

    Et lorsque ça se met à sentir, on réalise qu'il ne reste plus beaucoup de temps pour en profiter.

    Faut aimer le genre de Peeters pour le dessin mais au final, on tourne les pages les unes après les autres et voilà!

    macluvboat Le 29/01/2011 à 21:42:46

    Cette oeuvre fait beaucoup réfléchir su son concept, sa mise en oeuvre. Beaucoup de questions ressortent pendant et à la fin de l'histoire et c'est tout ce qui fait son charme. Une journée pour toute une existence et à la fin, pour moi, un perpétuel recommencement : le cycle de la vie....
    Chef d'oeuvre ?

    guyomar Le 26/11/2010 à 13:51:46

    Peeters au dessin, déjà je suis conquis d'avance. Levy à l'écriture, je ne connaissais pas, donc pas d''idées reçues à ce niveau là...
    Du N&B dans une jolie édition de la collection Bile Blanche ça ne se refuse pas surtout quand on a adoré Lupus (Peeters seul au manette dans ce cas là) comme moi ! Et au final aucune déception, loin de là. Côté dessin, j'adore et Peeters se tire admirablement bien de la difficulté inhérente au récit [attention spoiling] faire vieillir ses personnages d'une page à l'autre sans que l'on s'y perde au bout de 20 pages[attention spoiling] . Le huit clos est parfaitement maîtrisé et on retrouve les éléments du théâtre classique : unité de temps, de lieu et d'action ce qui appelle forcément à une fin tragique a laquelle on n’échappe pas. Ajoutez à ça que le dénouement ne répond en aucun cas aux nombreuses questions que soulèvent l'histoire et vous avez un BD d'une profondeur rare qui est loin d'être fini après la lecture de la dernière planche (terrifiante cette dernière planche d'ailleurs !). Cette histoire qui n’aurait pas dépareillé avec un épisode de la 4ème dimension, trouve bien des résonances avec notre manière de vivre en société et notre rapport à la mort. La tragédie que vit la petite troupe présente sur la plage est tout de même empreinte d'optimisme et contrairement à ce que disait un certain Sartre dans "Huit-clos" l'enfer ce n'est pas forcément les autres (ou peut-être que si !!!). Passionnant donc :)

    mrpitoff Le 31/10/2010 à 12:03:01

    Peeters est de plus en plus incroyable : il ne choisit pas la facilité avec le scénario proposé par Oscar Levy sur le thème du temps qui passe. J'ai eu l'impression de retrouver Sartre dans ce contexte étouffant de la vieillesse accélérée. Inéluctable au cours des pages que j'avoue, avoir tournées un peu trop rapidement.

    Par moment, le graphisme me fait penser à Pellos (qui fut aussi un très bon illustrateur de livres pour enfants), in fine, Peeters mérite de figurer parmi les plus grands de sa génération. Les noirs de chez Atrabiles sont toujours aussi profonds et la qualité d'exécution est à la hauteur (je parle de la qualité de fabrication de l'ouvrage). Rigolo : soit les folios ont été oubliés, soit c'est le choix de l'éditeur d'avoir laissé les numéros de planches...

    En conclusion, un album à lire et relire, une bonne surprise.

    herve26 Le 24/10/2010 à 00:01:29

    Après un album plus que déroutant mais au demeurant superbe "Pachydermes", Peeters se lance de nouveau dans le monde de l'étrange, bien qu'il soit seulement responsable du dessin, Pierre Oscar Levy assurant le scénario.
    L'ambiance opressante régnant sur ces familles prisonnières sur cette plage est très bien rendue par le dessin en noir et blanc de Fréderic Peeters.
    J'ai tourné les pages avec une grande rapidité pour connaitre les tenants et aboutissants de cette intrigue, voulant à tout prix connaitre une explication rationnelle à ces mystères de vieillissement prématuré.

    Si je n'ai pas eu toutes les réponses à mes questions, (d'ailleurs était-ce vraiment la volonté de l'auteur?), j'ai été assez mal à l'aise voire dérangé ou encore touché par l'attitude des enfants vis à vis de leurs parents déclinants et inversement.
    Cette bande dessinée nous renvoit vers notre peur de la mort, et de l'inconnu et fait dans un certain sens, l'apologie du carpe diem.
    L'auteur se livre à une véritable étude du comportement humain en mettant en scène ses personnages dans un vase clos. Ce n'est pas big-brother mais presque: tout y passe, sexualité, racisme,la mort, la vieilesse.

    La conclusion de l'histoire me laisse encore dubitatif mais une seconde lecture m'éclairera sans doute.

    Un album original, fort bien construit et qui fait réfléchir.