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Toute la bande dessinée

L'assassin qu'elle mérite 1. Art Nouveau

23/09/2010 10990 visiteurs 7.0/10 (3 notes)

À Vienne, en 1900, alors qu'artistes et mécènes se congratulent mutuellement, Alec, godelureau aussi richissime et oisif que provocateur, parie avec son meilleur ami qu'il parviendra à secouer ce microcosme imbu de lui-même, en lui offrant le chef-d'œuvre ultime. Il entend prendre sous son aile un garçon pauvre avant de le transformer en ennemi de le société. Son dévolu se porte sur Victor, un apprenti en fugue après une énième querelle musclée avec son paternel. Sans se douter de rien, le jeune homme goûte sans frein aux délices rendus accessibles par Alec, dans les meilleurs restaurants et les maisons de plaisirs. Mais sa relation avec un bourgeois est bientôt découverte par son père et ses camarades ouvriers qui chuchotent dans son dos, tandis que son bienfaiteur s'apprête à lui couper les vivres...

En choisissant comme postulat de départ un pari concernant la nature humaine - ici, plus spécifiquement, sa perversion -, Wilfrid Lupano (Alim le tanneur, Célestin Gobe-la-lune, L'Honneur des Tzarom, L'Ivresse des fantômes) reprend un thème déjà abordé en littérature ou au cinéma. Cependant, il en offre une exploitation en profondeur qui, ancrée dans un contexte bien précis, ne manque pas d'interpeler. La démarche de son caricatural fils de bonne famille adonné aux pires excès se révèle à la fois artistique et sociale. Ce pygmalion aux intentions plus que douteuses agit autant par désœuvrement et goût de la provocation que par lassitude et blasement d'un milieu fait d'hypocrisie et de nombrilisme, qui non seulement le nourrit mais dont il profite également sans ménagement. Sa figure s'avère donc aussi intéressante que celle de Victor qui, au seuil de l'âge adulte, se situe lui-même à un moment crucial de son existence et dont les confrontations avec un géniteur peu enclin à la mansuétude le pousse à se rebeller d'une façon ou d'une autre.

Le terrain et les personnages principaux sont donc idéaux pour un tel récit et le scénariste les met en scène avec justesse, rendant son récit d'autant plus accrocheur que le lecteur s'interroge sur la tournure que prendront les évènements. Après une présentation séparée de l'aspirant créateur et de sa future création, le pont qui les relie est placé et l'histoire prend son essor, passant fréquemment des taudis ouvriers aux ors des salons huppés que découvre la victime désignée d'Alec pour mieux en souligner le contraste. Dans les dernières pages de ce premier volet, les évènements s'accélèrent et basculent dans une fuite en avant assez intense dont la chute laisse présager une suite encourageante. Portant cette intrigue, le dessin de Yannick Corboz (Célestin Gobe-la-lune, Projet Bermuda) rend au mieux l'ambiance ambivalente de Vienne au début du XXe siècle, soulignant la pauvreté des quartiers prolétaires et l'exubérance du milieu chic. Il croque également les protagonistes avec talent, leur conférant le profil de l'emploi - Alec possède la morgue et l'allure attendue, Victor a un profil des plus banals - et propose quelques accortes et séduisantes figures féminines. En revanche, son trait pèche par manque de finesse, ce qui confère une certaine grossièreté aux visages, par ailleurs expressifs.

Art nouveau ouvre une série au contenu intéressant et prometteur, malgré un graphisme qui pourrait être affiné.

Par M. Natali
Moyenne des chroniqueurs
7.0

Informations sur l'album

L'assassin qu'elle mérite
1. Art Nouveau

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L'avis des visiteurs

    ALICECOOPER Le 24/08/2021 à 19:19:53

    Il faut avouer que malgré le dessin assez plaisant il manque de beaucoup de précision. Il y a des zones trop crayonnées, des visages parfois trop caricaturaux. J'ai toujours pensé, avant la lecture de l'album qu'il s'agissait d'un meurtre passionnel alors que le scénario est totalement inattendu. C'est réellement une fausse piste comme le dit si bien "Erik67".

    C'est l'histoire d'un gamin misérable happé par le jeu de la naïveté dans un paradis superficiel en peau de chagrin et dont le terme aboutit à un désastre et une misère plus grande encore et cela au grand plaisir d'un richard malintentionné. Le scénario est un peu cousu de fil blanc, mais il est intéressant de présenter en bande dessinées, les maisons closes avec des accoutrements ou oripeaux des années folles (Ce sont les décors tels que je les adore et c'est vraiment magnifique) et le pouvoir de l'argent de certains queutards, c'est là tout l'attrait et tout l'intérêt de cette bande dessinée. Les couleurs sont belles. Le lieu est très bien choisi et les décors superbes. Le héros est fade, ses habits sont trop bâclés, il est naïf mais également trop bête et trop linéaire, à mon goût. Il n'a aucun caractère sauf lorsqu'il est en confrontation avec son daron ou lorsque sa prostituée n'est plus à portée de sa main (fin de l'album). Je m'attendais à bien mieux. Les femmes présentées ne sont pas belles et ça c'est dommage et je rajouterais encore que l'histoire manque d'une touche de pornographie, toujours selon mon opinion.

    Je sais que la critique est facile, mais ce n'est qu'un constat de lecteur. Les auteurs sont intéressés par nos critiques. Un dessin plus affiné, les textes du richard plus intelligents dans l'objet de sa démarche, une touche de pornographie, des femmes plus belles et j'aurais mis 5 étoiles, et je pense que je l'aurais classé dans les plus beaux albums de ma collection. Mais non. Je ne dis pas que l'album n'est pas bon, bien au contraire. Il est sympa, il se lit trop vite et j'ai passé un très beau moment de lecture. J'espère que le prochain sera mieux.

    On pourra mettre en corrélation grands nombres de jeunes, bien entendu sans la méchanceté du père, dans cet album, qui désobéissent à leurs parents, qui chantent des futurs merveilleux, qui croient connaître le bonheur, qui pensent mieux savoir que leurs parents parce que leurs hormones les pilotent et qui tombent méchamment sur la "gueule" et doivent se rendre à l'évidence : c'est la case départ et la déception d'un rêve. Parce que les rêves c'est bien tant qu'on y croit pas trop fort. Je dis toujours à mon fils : les gens ne te veulent pas du bien, ils n'en veulent qu'à ton argent. Alors les promesses de beaux lendemains, ça n'existe pas. Cher lecteur, lorsque quelqu'un te parle en utilisant le futur de l'indicatif, un conditionnel ou encore en te parlant de demain, surtout ne le crois pas, même si tout le monde n'est pas un menteur.

    Erik67 Le 30/08/2020 à 19:56:53

    Avec un titre pareil et une telle couverture, on croit que c’est un personnage féminin qui mérite d’être tuée et on se pose des questions sur ce qu’elle a pu bien faire. Cependant, ce titre intrigant est une vraie fausse piste. De toute façon, les dés seront vite jetés dès le début par une théorie qui sera mise en pratique. Il est vrai que la série « Quintett » avait déjà exploité ce filon intéressant. Bref, on connaîtra très vite la signification du titre.

    La série est agréable à lire. On est vite happé par ce récit qui se déroule à Vienne en 1900. On sent presque l’empreinte de Sigmund Freud. Cependant, je regrette que le personnage principal, jeune et naïf à la fois, bascule aussi vite du côté obscur puisque c’est de cela dont il s’agit. On aurait aimé voir une progression dans le changement de comportement. Cela apparaît trop artificiel pour être crédible.

    Néanmoins, comme dit, il s’agit du genre d’histoire un peu sordide que j’aime bien lire même avec ce côté un peu hollywoodien. On suivra celle-ci avec plaisir en espérant que cela gagne en intensité maintenant qu’on a fait connaissance avec les différents protagonistes. Mention spéciale pour Alec, ce riche perverti par le cynisme. On évolue dans une société injuste car dominé par le pouvoir de l'argent.

    Le second tome semble être celui de la transition. On avait déjà compris dans le tome précédent que c'était bien la fin de l'innocence. La descente aux enfers se poursuit pour Victor. Je n'arrive pas à comprendre qui s'en prend à son ami et à sa famille ainsi que les raisons. Il y a comme un flou quant à l'apparition de cette nouvelle menace. Il est question également de racisme avec la haine du juif. Bref, on sombre totalement dans une Vienne, capitale d'un empire en pleine effervescence. Pourtant, il semble y avoir les prémices d'une future rédemption concernant Victor.

    Lupano est au sommet de son art. Corboz se débrouille très bien au dessin. Bref, c'est une très bonne série. Je maintiens le 4 étoiles et j'attends la suite avec impatience. Le final aura lieu dans le 4ème tome qui sera bien entendu à la hauteur de nos espérances. C'est un beau drame romantique dans une époque trouble où l'anarchie se dispute avec le capitalisme le plus outrancier. L'auteur a réussi à bien entendu réussi son pari dans l'art de la manipulation. La direction prise sera d'ailleurs très surprenante. Il faudra certes passer sur une petite touche d'amoralité. La mode est pourtant au retour des valeurs traditionnelles...

    clemlal5 Le 28/12/2012 à 21:04:22

    Oui, vraiment une bande dessinée captivante, enivrante et envoûtante. On vous plonge dans cet atmosphère XIXème siècle avec une facilité déconcertante. Les bordels sont mis à l'honneur avec des frou-frous, des boudoirs et des créatures enchanteresses. Le deuxième tome est graphiquement moins intéressant mais le scénario emporte tout. Croyez-vous qu'il est possible de corrompre un esprit simple ? Certains éléments de réponse vous seront jetés en pâture.

    dorsetshire Le 29/07/2012 à 08:38:34

    Excellente série commencée sur un mode mineur pour planter le décor dans le tome 1. On découvre une Vienne en pleine effervescence artistique, c'est le point de départ de la Bd puisque le bouleversement dans le domaine des arts avec l'émergence de l'art de nouveau est le prétexte de cette Bd : Alec souhaite créer un être violent d'un humain à priori sans défaut particulier, plutôt candide; c'est histoire d'une oeuvre d'art vivante. Mais tout ne tournera pas sans soucis. Suspense assez haletant et dessins parfaits.

    DixSept Le 15/10/2010 à 20:38:19

    Vienne 1900, Alec, dandy cynique et autodestructeur, veut faire de Victor - jeune homme qu’il a choisi au hasard - un assassin !
    En gratifiant Alec d’une pseudo motivation artistique, Wilfrid Lupano renoue avec l’origine du mythe de Pygmalion ! Mais au-delà des écueils de cette légende mainte fois (re)visitée, il importe désormais de voir comment les personnages sauront évoluer…
    Coté graphisme, dans un style qui lui est propre, Yannick Corboz sait pleinement mettre ses personnages en valeur. Tout juste doit-on regretter le coté « Walt Disney » ou « Comics » de certains visages ou de certaines attitudes.
    Une mention toute spéciale à Catherine Moreau dont la couleur donne toute sa force à de nombreuses planches notamment celles du bordel de Lady Mikhaïlovna !
    A suivre… pour voir !

    Hugui Le 10/10/2010 à 13:39:36

    Une bonne bd mais il manque quelque chose pour que je sois totalement conquis. Est-ce l'histoire qu'il me semble avoir déjà vu quelque part, et qui me semble trop caricatural pour que j'y crois vraiment, ou le dessin attirant au départ mais qui dans le détail donne l'impression que certaines vignettes ne sont pas totalement finis ?
    A suivre pour voir ce que ça donne mais j'aurais préféré un bon one-shot bien noir, le sujet s'y prêtait.

    BIBI37 Le 26/09/2010 à 14:48:42

    Une vraie réussite.
    On savait Wilfrid Lupano excellent conteur d'histoire fantastique (cf Alim le tanneur) mais on le connaissait moins excellent scénariste de polar.
    L'histoire est simple et effrayante : à la suite d'un pari entre 2 dandies un jeune des quartier pauvre se voit livré à lui-même et va entrer dans la déliquance.
    C'est à la fois beau et redoutablement efficace.
    Vivement la suite.
    8/10.