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Notre Mère la Guerre 2. Deuxième complainte

13/09/2010 12389 visiteurs 8.0/10 (4 notes)

« Son corps ? Il était éparpillé sur mon visage, mon Lieutenant… ». Janvier 1915, l’armée compte ses morts. Les noms des soldats disparus résonnent dans les plaines encore marquées par les combats incessants. Pour les rescapés de l’escouade du caporal Peyrac, il s’agit avant tout de ne pas sombrer dans la folie face à la mort, omniprésente. Julien Dussart, dit Jolicœur, blessé et coincé au milieu du champ de bataille, et c’est toute la troupe qui se mobilise là où la moindre source de vie est synonyme d’espoir. Le Lieutenant Vialatte, lui, a été envoyé au front pour tenter de retrouver le meurtrier d’un tout autre genre de victimes, féminines, dont le nombre ne cesse d’augmenter. Entre deux salves ennemies, l’enquête avance.

Le premier tome de Notre Mère la Guerre avait marqué les esprits, tant par l’approche originale du sujet que par le dessin, remarquablement maîtrisé. Les atrocités de la guerre ont été introduites, presque en douceur, par l’intermédiaire d’un « planqué » balancé au cœur du conflit. L’ouverture de la deuxième complainte est beaucoup plus brutale, plus directe aussi. À l’instar de Vialatte, désormais toléré à défaut d’être complètement accepté, l’histoire imaginée par Kris a apprivoisé le lecteur, prêt cette fois à affronter la réalité, sans artifice. Les corps criblés de balles qui tombent les uns après les autres, les chairs qui se déchirent et laissent pisser le sang, les têtes qui éclatent, frappées de plein fouet par l’impact des balles… Le ballet de l’horreur peut commencer.

Quand, quelques pages plus loin, le calme revient, c’est pour mieux appréhender l’un des moments clés de l’album. Jolicœur, bloqué entre deux fronts, dans l’attente d’une improbable libération, maintenu en vie par les voix de ses camarades qui poussent la chansonnette, est une scène magistralement appréhendée. Cette fois, c’est l’enquête de Vialatte qui est reléguée au second plan, comme si le trop plein d’émotions suscitées par les monstruosités de la guerre prenait le pas sur le reste, y compris sur les exactions commises par un meurtrier. Dans le même temps, l’importance de la Femme, ou plutôt les dramatiques conséquences de son absence, prennent une toute autre dimension. De Jolicœur hurlant désespérément le nom de sa mère, au capitaine Janvier pleurant la disparition d’une fille de joie, la preuve est faite que l'art militaire n’est pas seulement une affaire d’hommes. Rien dans le scénario de Kris n’est laissé au hasard. Les symboles sont forts, les textes remarquablement bien écrits là où, trop souvent, les effets de style se transforment en prose pathologique.

Formidablement illustré, transpirant de réalisme à chaque page, Notre Mère la Guerre est en passe de devenir, avant même la sortie de l’ultime tome du triptyque, une œuvre majeure. Face à des prédécesseurs aussi prestigieux que Tardi qui demeure, pour beaucoup, la référence en matière de première guerre mondiale, Kris n’a pas à rougir de son travail. Mieux, il soutient volontiers la comparaison, preuve, si besoin était, de l’étendue de son talent.

Lire la chronique du Tome 1

Par L. Gianati
Moyenne des chroniqueurs
8.0

Informations sur l'album

Notre Mère la Guerre
2. Deuxième complainte

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Note: 4.4/5 (131 votes)

  • Maël
  • Maël
  • 09/2010
  • Futuropolis
  • 978-2-7548-0320-5
  • 62

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L'avis des visiteurs

    zeul Le 17/07/2012 à 10:52:11

    vaut pour les 2 1ers tomes :
    à conseiller fortement pour ceux qui cherchent une atmosphère réaliste autour de la 1ère guerre mondiale. Les dessins et le scénario sont très sombres. L'enquête qui a lieu dans ce contexte de combats permet de satisfaire aussi bien ceux qui recherchent une BD autour de la guerre que les autres.

    herve26 Le 01/10/2010 à 22:17:44

    "Notre mère la guerre" est en passe de devenir, à mes yeux, une bd incontournable sur le conflit de 14, au même titre que les ouvrages de Tardi. Autant "la première complainte" tournait autour de l'enquête du lieutenant Vialatte, autant cet opus nous plonge dans les horreurs de la guerre avec dès les premières pages le récit d'un assaut sanglant. Le talent de Maël éclate dans ces pages, que ce soit dans les scènes de combat, ou celles plus intimistes avec le capitaine Janvier, ou encore avec les tirailleurs sénégalais sous la neige. Kris signe encore une fois un scénario impeccable, une histoire bien documentée. Décidemment, après le très remarqué "un long destin de sang" de Bollée et Bedouel (éditions 12 bis), la guerre de 14 est à l'honneur.

    madlosa Le 01/10/2010 à 14:54:25

    Cette deuxième complainte nous prend de la première à la dernière page. Il faut reconnaitre que l'association MAËL et KRIS porteuse de promesse a donné naissance à une œuvre rare. Le graphisme et les couleurs reconnaissables de MAËL (cf. L'encre du passé et le rêve de Milton) traduisent parfaitement le quotidien sans espoir des soldats au front. Pas d'actes glorieux mais le voisinage de la mort accompagné par le bruit? la violence soudaine et l'odeur de la peur. Le scénario puissant de KRIS (cf. Le monde de Lucie) tisse parfaitement sa toile morbide dans un découpage des planches qui laisse malgré tout la place à une certaine poésie. Au fur et à mesure du récit, on s'attache aux protagonistes et l'on se prend a être autant perturbé par le meurtre de femmes isolées que par le massacres de milliers d'hommes ! Cette recherche de la vérité dans une ambiance policière permet de démontrer l'absurdité de la guerre. Bravo !!!

    macluvboat Le 26/09/2010 à 19:31:51

    Oh oui, indispensable ces deux tomes (et certainement le suivant). Futuropolis a encore créé grâce à Kris et Maël un pur chef d'oeuvre. Retracé l'enfer de cette guerre des tranchées, tout en y mélant une intrigue policiére, un pur bonheur. Les dessins, le scénario, l'ambiance, rien à redire. Si une chose....qui ne l'a pas encore dans sa bédéthéque ?