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Jour J 3. Septembre rouge

13/09/2010 9321 visiteurs 5.7/10 (3 notes)

L ’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand et de son épouse le 28 juin 1914 à Sarajevo et la mise en œuvre du plan Schlieffen qui prévoyait d’envahir la France en six semaines, voilà pour l’Histoire avec un grand « H ». Dans le troisième tome de Jour J, le plan de l’État-major allemand fonctionne parfaitement, la bataille de la Marne se solde par un échec pour les troupes alliées et, le 24 décembre 1914, Guillaume II parade, triomphal, sur les Champs Elysées. Après la capitulation de la France début 1915, Clémenceau refuse la défaite et fonde un cabinet de résistance nationale à Alger. La Russie, quant à elle, continue son combat contre l’ennemi jusqu’en 1917, date à laquelle Nicolas II s’apprête à négocier avec le Kaiser. Pour le Tigre, cette annonce sonne la fin des espoirs de contre-attaque à partir de l’Afrique. Afin de conserver une infime chance de succès, une seule solution : faire assassiner le tsar.

Pas de guerre des tranchées, mais l'entrée en résistance d’un homme charismatique qui lance un appel de l’autre côté de la mer, voilà qui ressemble fort au déroulement de la seconde guerre mondiale. Dans Septembre rouge, c’est pourtant de la première dont il s’agit et le concept de l’album vaut surtout pour l’ambiguïté du personnage central, Georges Clémenceau. Ardent défenseur du patriotisme, combattant acharné de l’antimilitarisme, il se résigne pourtant à faire sortir de prison Jules Bonnot, anarchiste convaincu, arrêté en 1912 pour vols et meurtres. Pour le président du Conseil, l’ancien braqueur est l’homme de la situation. Surveillé étroitement par le commissaire Blondin, il est alors envoyé en Suisse, première étape avant le but ultime de sa mission, en Russie.

Le scénario concocté par Fred Duval et Jean-Pierre Pécau a de quoi dérouter. Là où l’on s’attendait à faire face à une France occupée par l’armée allemande et une résistance souterraine organisée, c’est finalement une véritable bataille idéologique qui est proposée, concernant plus particulièrement le mouvement anarchique du début du XXe siècle. Et quoi de plus symbolique que le face-à-face entre un flic et le leader de la « bande à Bonnot » pour représenter l’affrontement de ces deux pensées antinomiques, quitte à forcer parfois un peu le trait des protagonistes. L’entorse faite à l’Histoire a produit des effets que les auteurs ont choisi, du moins dans la première partie de ce diptyque, de ne pas montrer, excepté peut-être l’exil de Clémenceau de l’autre côté de la Méditerranée. L’album reste plaisant même si l’intérêt de l’uchronie n’est, pour l’instant, pas flagrant, bien que l’ultime case laisse espérer une suite autrement plus alléchante.

Amené par un dessin globalement réussi, restituant parfaitement l’ambiance de l’époque, Septembre rouge peine à trouver ses marques, en attendant, peut-être, une suite d’un tout autre calibre.

Par L. Gianati
Moyenne des chroniqueurs
5.7

Informations sur l'album

Jour J
3. Septembre rouge

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L'avis des visiteurs

    BIBI37 Le 03/10/2010 à 23:35:35

    Il manque décidemment quelque chose à cette série.
    Ici la modification de l'histoire ne joue qu'un role modeste et tout l'album est fondé sur le face à face en un ex-commissaire des brigades du tigre et un assassin anarchiste. L'histoire fonctionne au ralenti comme le rythme de l'histoire; on est même pes surpris de lire "à suivre".
    Les dessins sont très esthétiques notamment la balade en avion de nos 2 héros.
    Pas sur que cela suffise à me passionner pour la suite.
    Impression mitigé.
    6/10.

    madlosa Le 03/10/2010 à 15:37:08

    3ème volet de la série Jour J, Septembre Rouge est le tome le plus convaincant de la série et le premier d'un diptyque dont le prochain volume à paraître est Octobre noir. L'uchronie s'est installée dans un Paris envahi par le Kaiser le 24/12/1914. Elle met en scène le premier flic de France aux ordres de Clémenceau chargé d'utiliser les compétences de tueur de l'anarchiste Bonnot pour inverser le cours de l'histoire... Mais voilà les choses ne sont jamais aussi simples dans l'action et un étrange lien va se nouer entre les deux hommes. Le récit est alerte et se lit avec plaisir grâce à des planches efficacement agencées et à des dessins mis en valeur par des couleurs réussies. J'ai hâte de lire la suite !!!

    DixSept Le 23/09/2010 à 21:29:14

    En appliquant à la lettre le plan Schlieffen, l'Allemagne remporte la bataille de la Marne et la guerre de 1914. Dès lors, la résistance s’organise, à Alger, autour de Clémenceau…
    Le Trio Pécau/Duval/Blanchard signe ici une uchronie qui revisite avec intelligence le 1er conflit mondial et …la Révolution russe. Toutefois, le scénario de ce premier album privilégie peut-être trop le rythme au détriment de l’intrigue voire de la psychologie des personnages (quelque peu caricaturaux). Pour ce qui est du dessin, même s’il apparaît encore un peu rigide, le graphisme de Florent Calvez s’inscrit pleinement dans l’histoire et devrait rapidement évoluer vers plus de fluidité et de naturel.
    En attendant « Octobre noir », « Septembre rouge » constitue le 1er album crédible de la série « Jour J ».